L’impatience de Stefan Zweig …

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1941
Le 15 août, Stefan Zweig s’embarque pour le Brésil et s’établit à Pétropolis où il espère encore trouver la paix de l’esprit
Il achève de rédiger son autobiographie, Le Monde d’hier, portrait de l’Europe d’avant 1914, qu’il dessine avec nostalgie

1942
Le 22 février, Stefan Zweig désespère de l’avenir du monde et rédige le message d’adieu suivant :

” Avant de quitter la vie de ma propre volonté et avec ma lucidité, j’éprouve le besoin de remplir un dernier devoir : adresser de profonds remerciements au Brésil, ce merveilleux pays qui m’a procuré, ainsi qu’à mon travail, un repos si amical et si hospitalier. De jour en jour, j’ai appris à l’aimer davantage et nulle part ailleurs je n’aurais préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a disparu pour moi et que ma patrie spirituelle, l’Europe, s’est détruite elle-même.
Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble. Et les miennes sont épuisées par les longues années d’errance. Aussi, je pense qu’il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde.
Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l’aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux. “

Le lendemain, Stefan Zweig et son épouse s’empoisonnent ensemble : pour se soustraire à la vie sans brutalité …

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