A force de penser petit, on va devenir des nains !

gulliver.jpg Bon, je ne sais pas si vous pensez comme moi mais parfois je trouve qu’en France, surtout dans l’administration, on pense petit, on pense étroit ; c’est étriqué et minimal. Dès qu’on propose quelque chose qui modifie un peu les structures, ou le train-train ou la routine, on passe pour un inadapté, un déséquilibré mental ou un malade dangereux. Faut donc surtout pas changer, ou alors faut y aller très doucement, très progressivement, ou même ne pas y aller du tout, ce qui serait encore mieux. Ils veulent d’abord s’assurer que ce n’est pas risqué de vouloir tout de suite aller aussi vite – et aussi loin. Peut-être qu’on pourrait faire des étapes ?… oui, c’est ça, ça permettra de ne pas avancer trop vite. Donc, une première étape (mais pas trop loin hein) et puis on s’arrêterait et on ferait le point. Ou plutôt l’inverse : on ferait le point et puis on s’arrêterait ! C’est ça : on s’arrêterait, parce qu’on ne peut pas changer tout le temps tout de même. Et il faut surtout d’abord s’assurer que ce n’est pas inutile de vouloir changer les choses. Parce que déjà l’idée de changement il faut qu’on s’y habitue, alors le changement lui-même, vous pensez ! ça ferait une tel changement justement… D’ailleurs, finalement, est-ce que ce n’est pas aussi bien tel que c’est ? C’est vrai ça, puisque c’est bien, pourquoi diable est ce qu’Eric s’obstine à dire que ce serait mieux si on restructurerait les choses ? On a toujours fait comme ça, après tout ; on est habitués, alors pourquoi changer ? Quelle idée de vouloir secouer la lustrine ! Et pourquoi aller plus vite surtout : ça va encore soulever plein de poussière… Et si on ne faisait rien plutôt ? Ou alors plus tard ? Tiens, oui, c’est ça : on est tout à fait d’accord pour changer mais plus tard ! Vous voyez qu’on est plein de bonne volonté et qu’on est tout à fait favorables au changement. Mais plus tard ! Etc etc etc…[discussion de bureau] Restons des nains !

Caricature par James Gillray (1756-1815) – [Wikipedia]

3 responses to “A force de penser petit, on va devenir des nains !

  1. Il y a aussi l’argument imparable : “moi je veux bien changer, mais les autres… ils ne s’y feront jamais”
    Par contre je ne crois pas que ce soit spécifique à la france, ni à l’administration. C’est le reflet des individus qui les composent : combien de personnes mangent, lisent, écoutent toujours les mêmes choses ? La majorité se contente d’un train-train quotidien, rassurant.
    Mais heureusement que l’inventivité et l’originalité ne sont jamais loin… ;-)

  2. Eudes

    Quel poème ! Accumulations de questions, rythme vif : un texte qui mérite la scène, car il appelle une chute, sans cesse retardée par un argument, et elle arrive enfin : tragique !

  3. Slanys

    Je suis tellemet d’accord avec toi. Moi aussi je veux tout changer, enfin presque tout, sauf mes habitudes.

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