La bonne odeur de la pierre taillée et de l’avenir qui renaît


J’aime bien les chantiers et l’odeur humide de la pierre taillée. Et la beauté radieuse des lieux du XIIIe siècle qui remontent à la lumière après des siècles de bétise noire et d’indifférence crasse. Pendant plus de quatre siècles, sur les flancs de la Montagne Sainte-Geneviève, le Collège des Bernardins avait contribué au rayonnement intellectuel du Quartier Latin et de l’Université du moyen-âge. À la Révolution Française, les révolutionnaires en ont fait une prison (c’est d’ailleurs une vraie manie des révolutionnaires que de transformer toutes les merveilles de la Chrétienté en prisons : Fontevraut prison, Mont-Saint Michel prison, Clairvaux prison, Bernardins prison etc la liste est sans fin). Jusqu’à une date récente, le Collège avait été occupé par une caserne de pompiers (pathétique mais au moins le lieu fut-il entretenu ou presque puisqu’au moment de son acquisition par le diocèse de Paris, il menaçait ruine).

J’ai longé la rue de Poissy il y a deux jours avec Muriel (voir Jussieu et son défloquage de l’amiante) et j’ai vu qu’ils étaient presque au bout de sa restauration. C’est encore un chantier, mais l’ouverture au public est prévue pour l’automne 2008. Le collège des Bernardins renouera ainsi avec sa vocation initiale en redevenant un magnifique lieu de dialogue intellectuel et de rayonnement spirituel. Il sera également un lieu d’activités artistiques (expositions, salle de cinéma, auditorium) et de formation (il accueillera l’École Cathédrale et l’Institut de Théologie du diocèse de Paris). C’est l’architecte Jean-Michel Wilmotte qui a conçu l’aménagement de l’édifice et la création des nouveaux espaces avec un parti pris esthétique respectant, par le choix de formes simples et de matériaux nobles, la radieuse sobriété cistercienne.

Bref un peu d’air et de beauté dans ce monde de voitures et de pollution du boulevard Saint-Germain. Et un peu d’intelligence aussi dans un Quartier Latin qui n’existe désormais tout simplement plus : la vie intellectuelle y ayant été remplacée par les marchands de fringues minables du boulevard Saint-Michel et les boutiques innombrables – que dis-je, exponentielles – du vieux campeur de la rue des Ecoles… Un peu de spiritualité fera du bien car on manque d’air.

Nostalgie de la vieille Chrétienté du Moyen-âge…
Site du Collège des Bernardins
Sur googleMap

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