Papier

Les bourreaux détestent le papier. Ils y voient toujours un danger. Le premier geste d’Otto Abetz et des troupes d’occupation nazies, en 1940, lorsqu’ils sont arrivés à Paris, a été de mettre sous séquestre tout le papier encore disponible dont on pouvait faire des tracts, des affiches ou des journaux. Le papier abondant c’est la matière première de la liberté, la substance vivante de la démocratie. Sans les trois cent mille exemplaires du “J’accuse” de Zola dans l’Aurore, il n’y aurait jamais eu d’affaire Dreyfus.
(lu chez Robert dans le livre sur Ernest Pignon-Ernest)

Comments are closed.

%d bloggers like this: