“Virgile, faudrait m’étoffer ça”… !

virgile_casque2
.
Je m’émerveille tous les jours — en me balladant au Luco — devant la beauté de ce que je vois : les ciels, les fleurs, les arbres, les nuances de verts, les orages, les oiseaux, les saisons … bref la beauté de la Nature qui m’apparait vraiment sans fin… Comme la pluie ce soir qui sentait bon le tilleul et le chèvrefeuille…

Si Virgile arrivait aujourd’hui et apportait son manuscrit des Bucoliques à un éditeur contemprain : “C’est gentil votre petite affaire, dirait celui-ci, mais il faudrait m’étoffer ça”…. “

(Je crois que j’avais lu ça à l’époque dans le Journal de Gilbert Cesbron)

A propos d’esprit bucolique, j’en profite pour dire que je commence à en avoir marre des écologistes et des verts (qui font de la politique et ne s’ooccupent pas de la nature) et des politiciens (qui font de la politique et se contretapent de la nature). En fait, j’aimerais qu’on donne le droit de vote aux vaches, aux porcs, aux poulets et aux abeilles et qu’on crée un “Tribunal pénal animal international” pour juger et condamner les parlementaires qui n’ont jamais eu le courage de prendre des lois interdisant l’indigne maltraitance animale. Je considère que les abattoirs sont une honte pour notre société. J’ai entendu la ministre de la culture parler récemment d’exception française : qu’elle commence par ce qui est important : l’exception animale ! Et qu’elle dise à son collègue de l’agriculture qu’on devrait le pendre par les pieds avec une chaine dans un abattoir (qu’il puisse voir ce que c’est); et à sa collègue de la justice que les prisons sont une honte également. Au lieu de pondre des textes inutiles ou de faire des grandes “conférences sociales” à la noix, ils feraient mieux de s’occuper des animaux. Y a du boulot ! Le changement, comme disait l’autre, ça devrait être maintenant ! Et voilà, j’étais paisblement avec Virgile et ces politiques m’ont encore fait sortir de mes gonds !

L’urgence de devenir végétarien…
Exiger pour les vaches un acte de repentance de la société !

virgile, nature, écologie, bucoliques, animaux

Bon maintenant les politiques et la pluie ça suffit !

pluie_fnac
.
A la mi-juin, quand il fait beau, je n’emporte évidemment pas mon parapluie. Mais avec ce temps pourri depuis des semaines, ça peut se déglinguer à tout moment. Ce soir par exemple, je picniquais tranquillement au Luco, et sur le coup de 21h, bam, l’orage. Heureusement j’ai toujours dans la poche un sac que j’ai découpé en kit de survie pour les jours où je sors sans avoir écouté la météo marine.

Le problème ce n’est pas la pluie, c’est que, lorsque je rentre par la rue de Varenne, les gendarmes devant l’hôtel de Matignon m’arrêtent, me font enlever mon “chapeau”, me demandent mes papiers et m’expliquent en long et en large (ils s’embêtent à mort et ont du temps à perdre) que c’est interdit, que je ne dois pas porter de cagoule et patati et patata… Pour les contrarier, je pousse quelques grognements de sanglier mal léché et je me tire. Mais maintenant j’en ai marre de perdre du temps : donc je rentre par la rue de Grenelle où il n’y a pas de Premier ministre qui m’emmerde.

Ce pays est grave de chez grave : ces abrutis de gendarmes feraient mieux de s’occuper d’Al Qaeda, de la violence dans les banlieues ou se s’occuper carrément de leurs oignons et de nous laisser vivre en paix. Marre de ces politiques qui m’empêchent de rentrer chez moi les jours de pluie. Avec le chapeau que je veux. On est un pays libre non ? [le pire c’est que je crois que la réponse est non]

Je sens qu’ils sont déjà prêts pour l’inflation !

timbre_inflation-A

.
Ce matin, je reçois cette lettre et, curieusement, c’est la première fois que ça me frappe : il y a 3 zéros avant la virgule : 000, 54 !

Quand je faisais ScPo, on me racontait l’histoire de l’inflation sous la République de Weimar, qui avait provoqué la crise de 29, puis l’arrivée d’Hitler… Eh bien ça a commencé exactement comme ça : avec plusieurs zéros avant la virgule !

En 1923, les prix de détail allemands étaient passés de l’indice 1 en 1913 à … 750.000.000.000 en novembre 1923. Les prix des repas servis au restaurant variaient entre l’heure de la commande et l’heure à laquelle l’addition était présentée : les restaurateurs devaient faire payer à leurs clients l’addition en début de repas ! Il fallait aller faire ses courses avec des brouettes remplies de marks qui se dévaluaient le temps d’aller au marché. Et les timbres passaient de quelques dizaines de marks à plusieurs milliards !

Quand je vois la manière dont ils gèrent l’Europe aujourd’hui et ce qui arrive à la Grèce, je me dis que ça ne sent pas très bon et surtout je ne fais absolument plus confiance à nos dirigeants pour nous sauver du désastre car quand il n’y a plus d’argent dans les caisses, le seul moyen, pour eux, de s’en sortir c’est de laisser filer l’inflation (pour rembourser la dette en monnaie de singe). Là, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais ils ont déjà annoncé qu’ils déconnectaient les retraites de l’inflation. Au cas où justement… Comme quoi ils ne sont pas aussi fous qu’ils en ont l’air.

Donc quand je vois ce timbre avec trois zéros avant la virgule, j’ai comme un pressentiment… Bon, oui, je sais, c’est un détail, et j’ai une proprension marginale à imaginer le pire supérieure à la moyenne, mais tout de même, ça ne me plait pas trop :-)

Le prix des timbres sous la république de Weimar … :

Continue reading

Le surgissement et le bondissement de la vie…

lapinA
.
Dans ma vie désormais, j’ai de plus en plus de peine à faire la synthèse des choses… Tout est éclaté dans ma tête en mille petits morceaux épars, disséminés dans des cases séparées de ma mémoire … Et je n’arrive plus, comme le Paradis de Novalis dispersé sur toute la terre, à les rassembler en une image unique…

Un peu comme dans ce travail de Ekaterina Panikanova qui me frappe tellement il dit précisément ce que je ressens : j’ai bien les pattes du lièvre quelque part dans ma mémoire, la tête et les oreilles aussi qui sont ailleurs, je le sais bien mais je n’arrive plus à les rassembler, à les réunifier et surtout à les faire bondir !… C’est surtout ça qui me manque : ce bondissement de la vie… Terrible de s’en rendre compte, mais bon, j’ai bien connu cette maladie, pas la peine de s’étendre …

Ekaterina Panikanova, Books .

– Me fait penser au beau renard de Gustave Roud
et aussi au magnifique lièvre de Dürer
Le Paradis dispesé de Novalis

Books de Ekaterina Panikanova en entier… :
Continue reading

La (seconde) plus grande rencontre que j’aurai faite ici-bas…

bach_cioran2
.
Je le savais depuis longtemps, mais j’y repense ce soir en relisant les Cahiers de Cioran — et c’est lui qui a évidemment raison :

“J-S Bach demeure quand même la plus grande rencontre que j’aurai faite ici-bas”.

“Il plane dans sa musique un souffle de l’au-delà” et il faut que le Paradis soit – ou du moins ait existé – autrement à quoi rimerait tant de sublime” ?

Musique :
Continue reading

Le changement d’adresse du tuyau de gaz…

gaz
.
Parfois, dans la vie, j’ai essayé de retrouver des ami(e)s d’enfance : mais elles s’étaient mariées et figuraient désormais dans l’annuaire sous un nom introuvable. Ou alors ils étaient partis dans un autre pays…

Enfin bref, tout ça pour dire que je trouve que ce tuyau de gaz est sympa d’indiquer son changement d’adresse. Des fois qu’une petite amie de passage à Paris le recherche. C’est une attention délicate je trouve…

Nikolai Gogol, you’re under arrest !

Gogol
.
J’ai fait un rêve bizarre. J’étais à New-York sous la neige et, tout à coup, deux types du FBI et de la police des frontières me mettent un pistolet sur la tempe en me criant :
– “Mr Gogol, you’re under arrest!”
– Moi : mais je ne suis pas Gogol !
– Eux : vos papiers…
– Moi, (sortant de mon manteau une épave de passeport) … tenez !
– Eux : Ah Ha ! vous voyez, vous êtes bien Nikolai Gogol !
– Moi : Bon c’est sa photo mais ce n’est pas moi : je ne sais même pas le russe !
– Eux (après le temps pour la traductrice) vous n’êtes pas Gogol et vous nous répondez en Russe ?
– Moi : vous ne pouvez pas m’arrêter : je suis mort il y a plus de 160 ans !
[Perplexité de la traductrice pendant qu’ils appellent la Maison-Blanche]
– Le flic : Yes Mr President, we’ve got hold of Nikolai Gogol !

Bon, faut pas trop chercher à comprendre je pense…

Mon cerveau a fait un bruit bizarre …

quantique
.
Hier soir, conférence au Collège des Bernardins sur “Lumière, théorie quantique et cosmologie” avec Serge Haroche, prix Nobel de physique en 2012 et Gabriele Veneziano, physicien, professeur du département de physique théorique du CERN…

Ma pauvre tête a fait très exactement comme les marrons grillés en hiver : paf !

La vidéo de la conférence est ici :
Continue reading

Luco : les ballons se balladent…

ballons_roses-Luco-1
.
Un peu plus loin :
Continue reading

Luco : les jardiniers jardinent…

jardiniers_1
.
J’aime bien, le matin, quand il n’y presque personne au Luco. Juste les jardiniers qui jardinent…

Autres jardiniers :
Continue reading

Luco : les peintres peignent…

peintre_luco
.
Quand il pleut au Luco, il n’y a plus personne dans le jardin. Sauf quelques habitués et les passionnés qui terminent leur travail :-) Je lui ai demandé si la petite pluie fine qui tombait n’était pas gênante pour peindre… “Mais non m’a t-elle répondu en riant, c’est de la peinture à l’huile.” Et je me suis senti idiot :-)

Le peintre et le vieux catalpa

Quand il pleut, les oiseaux du Luco sont heureux. Moi aussi !

Oiseaux_Luco_SoundCloud

Quand il pleut au Luco, les oiseaux sont heureux et moi je suis aux anges. La terre sent bon, les tilleuls embaument, les verts sont profonds, il n’y a pratiquement personne et surtout – surtout – les oiseaux donnent des concerts absolument magnifiques. J’en ai mis une minute ici (désolé pour l’iPhone et la compression web).


Autres oiseaux :
Continue reading

Il pleut, oui et alors ?

orange1
.
Quand j’étais petit et qu’il pleuvait, ma Mère disait en souriant : “c’est bien, c’est bon pour les escargots !” Quand il y avait de l’orage et que le ciel ressemblait à un Giorgione, mon Grand-père demandait à ma Grand-mère de bien débrancher le fer à repasser – oui le monde était primitif à cette époque – pour ne pas risquer d’attirer la foudre ou de faire sauter le plombs !

Aujourd’hui, quand il pleut, l’État nous met en “alerte orange” et nous assure, par médias interposés et en agitant ses petits bras ministériels dérisoires, qu’il est “vigilant”. Dans quelques semaines, s’il fait vraiment chaud, ils vont nous déclencher le “plan canicule”, assorti d’une éventuelle taxe anti-sécheresse pour les agriculteurs assoifés de primes et nous balancer évidemment des spots radio pour nous dire qu’il faut … “boire de l’eau” ! Et cet hiver, quand tomberont les premiers flocons, on aura droit au “plan neige” et au blocage total des autoroutes et des aéroports.

Vivement que le mamouth étatique disparaisse et retire ses grosses pattes de nos vies : ça nous laissera un peu d’argent de poche et on recommencera enfin à respirer, comme dans un pays peuplé d’individus responsables.

L’Etat se mèle de tout.
L’Etat fait des “journées” pour tout
Repousser le despotisme marshmallow de l’Etat

Et tout à coup un ressort a sauté comme un diable …

agrafeuse_Paulhan

.
J’aime beaucoup cette lettre de Jean Dubuffet à Jean Paulhan que je viens de relire — et surtout cette expérience que j’ai très bien connue des petits ressorts et roulements à bille qui sautent dans tous les sens !

Cher Jean. J’ai toujours oublié de te donner des nouvelles de ta petite machine à agrafer que tu m’avais prêtée. Elle avait un tic de toujours se coincer; j’ai voulu arranger un peu cela.

J’ai démonté avec grand soin les petites vis en les posant à mesure sur une feuille de papier blanc avec des numéros pour les remonter avec facilité quand, tout à coup un ressort a sauté comme un diable et, est tombée par terre une pluie d’objets bizarres : petites billes de métal, fils de fer curieusement tordus, petites goupilles…

J’ai passé toute une soirée, à partir de ces éléments, à réinventer le principe de cette machine mais j’ai dû abandonner sans trouver l’ombre d’une voie. Tu t’imagines dans quelle confusion j’étais. Le spécialiste marchand d’agrafeuses avait mauvaise opinion de l’affaire vu que c’est une machine allemande (ça m’étonnait que tu emploies des agrafeuses allemandes vu tes opinions patriotiques mais maintenant que je te sais cosmopolite ça ne m’étonne plus), il a dit qu’il entreprendrait des démarches. Elles viennent d’aboutir : l’agrafeuse est remise sur pied en parfaite forme. Elle vient de revenir à la maison. Je ne te la porte pas ce soir. Je ne veux pas te déranger pour cela. J’ai remarqué que tu as une autre agrafeuse. Je te la donnerai à mon retour de Suisse. Je t’embrasse.

Samedi 11 décembre [1948].

Il y a des textes qui me mettent de belle humeur…

ErriDeLuca

.
Parfois, en prenant un vieux livre au hasard dans ma bibliothèque, je tombe sur une page merveilleuse, cochée à l’époque, et qui — plus de dix ans après — me met encore d’une humeur joyeuse :

“Je bêche sous les lauriers. De leurs feuilles épaisses toujours vertes, ils protègent les moineaux qui, le soir, se disputent la place la plus chaude, près du tronc. Ils se disputent pour vivre. Puis ils ont un murmure de mise en ordre, je pense qu’ils prient.
Ce n’est qu’au printemps que je taille les lauriers quand ils ne servent plus d’abri aux moineaux.
J’aime brûler les restes de leur feuillage. Ils font une fûmée qui étourdit et fait revenir en mémoire les disparus. C’est dans cette fumée que je m’assieds à midi avec des olives noires.
Ces jours-là, je vois clair dans la géométrie. Les vivants ne sont pas à la perpendiculaire des mort étendus, ils leur sont parallèles. La faux n’a pas la courbe de la lune, mais celle de l’œuf. Le pain gonfle en prenant la forme de la paume du boulanger. Le porter à sa bouche, c’est comme serrer la main de qui l’a pétri.
A force de rester silencieux pendant que le corps travaille, des pensées de nage et d’envol vont et viennent à la débandade. D’un mois d’avril, déjà bien lointain, je revois le ciel de Jéricho couvert du blanc des cigognes migrant d’afrique vers les toits d’Europe”.

Erri de Luca, Trois Chevaux

“La poésie est le plus parfait format de la résistance !”
“Considero valore…”

Regardez bien ces gens : ils avaient un QI à faire pâlir nos intellectuels !

Solvay
.
Au début du XXe siècle, les “Congrès Solvay” ont réuni les plus grands scientifiques de l’époque. Le plus connu fut le cinquième qui se tint en 1927 au cours duquel eurent lieu les célèbres échanges sur la mécanique quantique entre les représentants de l’« école de Copenhague » (Bohr, Heisenberg….) et d’autres physiciens (Einstein, Schrödinger, de Broglie…), partisans d’une physique quantique à caractère déterministe…

Ce cinquième congrès se déroula à Bruxelles à deux pas de notre actuel Parlement européen. Aujourd’hui — au même endroit donc — nous avons les élus et les bureaucrates les plus nuls du continent.

Pour que les gens reprennent confiance dans l’avenir, je pense qu’il est urgent que les parlementaires et commissaires européens (à commencer par les Manuel Barroso et consorts) abdiquent collectivement pour incompétence notoire : à titre de comparaison, 17 des 29 personnalités présentes au 5e congrès Solvay (soit plus de la moitié) étaient ou allaient devenir des prix Nobel ! rien que ça !

Urgent aussi que les parlementaires Français démissionnent et arrêtent leurs conneries législatives et bureaucratiques. Urgent enfin de fermer tous les ministères (pendant au moins cinq ans) pour les remplacer – à Paris pourquoi pas – par de grandes réunions du type “Congrès Solvay” où (contrairement à l’ENA ou aux ministères) ne pourraient venir que des gens dont on aurait vérifié scrupuleusement le coefficient intellectuel (avoir la carte du parti ne suffira plus). Bref des gens qui inventeront le futur au lieu de l’entraver en le plongeant dans la lustrine et les discours ineptes.

Et — au bout de quelques années de ce régime de retour à l’intelligence — on aura peut-être une petite chance de voir l’Europe et la France renaître de leur cendres. Je deviens fou quand je pense au génie qui soufflait au début du siècle et la nullité crasse de ceux qui nous dirigent actuellement. Vite, vite, du balai : qu’on recommence enfin à respirer et à inventer ! Il y a le feu !

Sur la photo j’ai légendé les plus connus : Erwin Schrödinger, Wolfgang Pauli, Werner Heisenberg, Paul Dirac, Louis de Broglie, Max Born, Niels Bohr, Max Planck, Marie Curie, Albert Einstein, Paul Langevin…
(vous imaginez, en comparaison, les politiciens français qui jacassent dans les médias ?).

Les congrès Solvay (Wikipedia)

La panique dans la question d’Isaac…

Abraham_Isaac
.
C’est curieux mais je réécoutais sur France-Culture (dans une vieille émission “des Racines du ciel”) la lecture de ce célèbre passage de la Bible où Abraham emmène son fils Isaac pour le sacrifier dans la montagne…

Ils cheminent de bon matin avec l’âne, la journée est belle et tout à coup, cette question tout simplement terrifiante d’Isaac à son Père :

“Mon Père…
– Oui mon fils ?
– Eh bien, voilà le feu et le bois mais où est l’agneau pour l’holocauste ? …

Imaginer la panique dans le regard d’Isaac qui ne doit pas être idiot et doit bien se douter qu’il manque l’agneau pour le sacrifice…

Moi, que voulez-vous ça me glace littéralement d’effroi …

Je l’ai mis ici, sur Soundcloud. Le passage effrayant est à 0:51.

—-
Autres petits bouts sonores :
Il est cinq heures paris s’éveille
Fermeture du Luco et cloches de Saint-Sulpice
Quand il pleut, les oiseaux du Luco sont heureux. Moi aussi
Le merle de la cour

Plus les jours passent et plus je pense que les médias sont une vraie plaie

breakingNews

.
En relisant la Règle de Saint Benoît (pour vérifier les horaires du petit merle de la cour) j’ai compris pourquoi je ne supportais plus les médias. Au chapitre 67 — (chapitre évidemment mineur mais qui a fait ding dans ma tête) — il est écrit, à propos des “Frères qu’on envoie en voyage” :

5 — “Que personne ne se permette de redire à un autre frère ce qu’il a vu ou entendu en dehors du monastère…” Continue reading

Le temps qu’il fait ? Presque vers à soie !

BAROMETRE
.
En rentrant du Luco je passe tous les jours devant ce baromètre qui est chez l’horloger de la rue Madame. Comme il faisait plutôt beau et qu’il indiquait “chambre de malade”, je suis entré et lui ai demandé si son baromètre fonctionnait correctement : “mais bien sûr, monsieur, mais il est dans la vitrine donc c’est une température d’intérieur”… Voilà vous savez tout sur ce qui me préoccupe dans la vie. Je me ballade entre “Serres” et “Vers à soie”…

Peut-être c’est mieux qu’en 2004 ?… [même pas sûr]

Les canards sont rassurés donc je suis rassuré…

canards_1

.
Ce que j’aime bien au Luco c’est que les canards y sont en paix et ça me rassure… Les poneys sont de bonne humeur et ça me calme. Les merles aussi sont en paix… Quand ils tondent les pelouses et détruisent les pâquerettes ça m’énerve un peu mais bon j’ai mon petit arsenal de secours…

Cet après-midi ils faisaient carrément la sieste à mes pieds :
Continue reading

Oui, je suis pour que Mme Trierweiler défende la noble cause des vers de terre !

ver-de-terre_2
.

A midi, j’écoutais Hubert Reeves défendre la biodiversité et les espèces qui disparaissent sur notre planète. Et il disait (en gros, car je surveillais la cuisson de mes oeufs à la coque) que sauver la diversité ce n’était pas seulement défendre les tigres du bengale et les rinocéros. Ça voulait dire : défendre la nature chez nous, c’est à dire par exemple les insectes ou les vers de terre qui disparaissent alors qu’ils assurent – en oxygénant la terre – la fertilité et la conservation des sols et donc la possibilité de nous nourrir.

J’imagine que ce n’est pas demain qu’on verra une femme de président de la république ou même un ministre prendre la tête d’une grande croisade pour la sauvegarde des vers de terre !

Un grande et belle cause qu’ils défendraient lors de soirées de gala mondaines, ça oui, ils veulent bien, mais des vers de terre, vous rêvez mon bon Monsieur, ce n’est pas assez distingué pour eux, pas assez “bobo” pour ces gens-là ! Vous imaginez la soirée glauque à la télévision le soir du lancement du téléthon des vers de terre ! Et la chute d’audience quand ils inviteraient les Français à apporter généreusement leurs dons ? Je payerais une redevance pour voir de telles émissions :-))

Du coup je vous suggère d’aller voir ce vieux post de 2007 où je parlais de Claude Bourguigon et d’une courte vidéo de 4 minutes 18 secondes intitulée Alerte à Babylone. Très instructive :-)

Et si on ajustait la profondeur de champ de la civilisation

flou_profondeur
.
Quand on a une mauvaise vue, on est sensible à des tas de choses que les gens ne remarque pas tellement. Notamment la profondeur de champ

Si le premier plan est net, c’est ce qui est dans le fond qui est flou. Et vice versa. Mais il y a aussi l’arbre qui est devant et qui cache la forêt…

C’est comme dans les médias qui mettent au premier plan des ânes (tous les abrutis que les gens regardent à la télé et qui rigolent et applaudissent tout le temps…) et tout le reste est anéanti (disons, en gros, pour aller vite, les gens du Collège de France, les physiciens du CERN, les chercheurs à la Bibliothèque de France, les lecteurs de Dante ou de Montaigne, l’astronomie, les quatuor à cordes, – je mets n’importe quoi pour les opposer aux rigolards vulgaires de la télé des talk-shows etc…). Continue reading

Le sfumato de la vie…

leonardo_
.
J’écoutais, ce matin, Alain Finkielkraut parler d’Alzheimer et de “la fin de vie” avec Didier Sicard et Corine Pelluchon… Et je me rends compte que, même plusieurs années après, la détresse des âmes peut être d’une profondeur telle qu’il est impossible d’en parler et même d’y penser

Cette marge d’inexprimable qui entoure nos pensées vient de la profondeur terrible et ineffable de ce qu’on n’arrive pas à oublier (alors qu’on a curieusement oublié tout le reste)… Peut-être il faut l’accepter comme un brouillard nécessaire qui enveloppe nos vies, comme ce sfumato que Léonard de Vinci mettait à la place des contours et qui était, disait-il, son dernier et difficile travail…

Ce monde de fumée, sans lignes ni contours précis, ce sfumato mental au-delà du plan focal, c’est celui dans lequel je vis. Pour Léonard, cet effet vaporeux était obtenu par la superposition de plusieurs couches de peinture extrêmement délicates donnant aux sujets des contours imprécis. Pour moi c’est un champ de vision déglingué qui rend également tout imprécis. Comme ma vie…

La vierge, l’enfant, St Anne c. 1510 – 168 x 130 cm – Louvre

Champ de vision …
Bouts d’Alzheimer

Ils ne tonderont pas ce que j’ai dans la tête !

paquerettes_enlum

.
Hier, au Luco, ils avaient passé leurs tondeuses à gazon : plus une pâquerette sur les pelouses. Heureusement j’ai mes fleurs de poche que je peux appeler à l’aide mentalement. Sorte de petit kit de survie quand ils viennent tondre mon jardin-Paradis !

Petites fleurs de trèfle

Orléans – BM – ms. 0186, p. 032 – Isidorus, Sententiae – fin 15e s. © IRHT

Echelle des salaires : ce monde est carrément devenu fou !

echelle4
.
J’ai reçu ce matin un mail qui disait ça :

Gardien de la Paix : 1.600 euros pour risquer sa vie
Pompier professionnel : 1.800 euros pour sauver une vie
Instituteur : 1.600 euros pour préparer à la vie
Médecin : 5.000 euros pour nous maintenir en vie
Sénateur : 19.000 euros pour profiter de la vie
Ministre : 30.000 euros pour nous pourrir la vie …

Je ne sais pas si les chiffres sont exacts mais le pire c’est que ça ne m’étonnerait pas qu’ils soient vrais. Et s’ils étaient vrais, ce serait — et c’est donc — scandaleux.

Les saucisses de cocktails des élus
Et en plus ils s’attaquent aux retraités !

Difficile de dormir avec un contre-ténor qui chante dès 4h du matin !

merle_14_6_2013

.
Le petit merle “en résidence” dans la cour chante magnifiquement. Mais dormir quand il se positionne précisément sur la branche du tilleul qui est pile à la hauteur de mes fenêtres, est une autre affaire. Cette nuit – comme tous les soirs d’ailleurs – il était en pleine forme. Et donc — tant qu’à ne pas fermer l’oeil — je l’ai enregistré avec mon iPhone (donc un son qui ne lui rend pas vraiment justice, mais bon, faut pas qu’il fasse le difficile…). Ce matin j’ai du mettre des petites allumettes sous les paupières pour tenir mes yeux ouverts mais lui est en pleine forme : il est 13:37 et il chante encore :-) Délire ce merle !

Le court extrait enregistré est ici

Le merle de la cour doit être un Frère Bénédictain

Un smiley du Moyen-Age :-)

emoticon_conches
.
Remarquant que je faisais un usage immodéré des émoticons dans mes mails (pas les horribles pastilles jaunes qui clignotent mais plutôt des choses dans ce genre :-))), une amie me propose gentiment un truc un peu plus classe pour ponctuer mes émotions : le smiley médévial qu’elle a repéré au musée de Conches.

Oui, oui, je sais Marie-Christine que je mets beaucoup trop de parenthèses et de points d’exclamation dans mes mails, mais c’est ma façon — sans doute désespérée — de réinjecter un peu d’enthousiasme dans une vie qui me semble malheureusement de plus en plus terne et fade…

Je vois d’ailleurs que je rajoute, dans mes mails, la même quantité excessive de points d’exclamation que de piment, curry, espelette et poivre dans tout ce que je mange.

Trouver les bons smileys pour ses états d’âme

Musée de Conches – ms. 0007, f. 061. Summa theologiae. Tête, Thomas Aquinas. 13e s. (seconde moitié ?)

J’ai souvent la même réaction que Malraux…

malraux_bamMoment

.
Quand j’écoute les nouvelles — et que je vois le monde tel qu’il va (ou ne va pas justement) — je fais souvent mentalement ce geste (où l’on se frappe le front en signe d’épuisement et de consternation – le “coupez le son” avec les doigts étant facultatif), geste que Sabrina qualifie de “Bam Moments” et que les américains appellent “Facepalm”

Photo Gallica.

Les espaces c’est comme l’écho des choses…

baudelaire_espace-A

.
L’amie-destructrice-de-ponctuation (et donc de civilisation :-) du post précédent me dit qu’elle reconnait parfaitement l’importance de la ponctuation et qu’elle comprend qu’une virgule flottante et mal plaçée puisse changer les choses aussi radicalement que le battement d’aile d’un papillon mais… (car elle a le toupet d’ajouter un mais) elle me dit que je chipote sur les espaces ! Continue reading

education_Yeats
.
Ce qui me fait penser à ce vieux post de 2007 et au génial Ken Robinson

%d bloggers like this: