Tristan lance les petits copeaux de bois qui, légers comme l’écume, partent vers Iseult qui épie leur arrivée…

tristan-Iseult
.

Et donc, bizarrement, tous les ans vers juillet, je rouvre le Roman de Tristan & Iseut dans la traduction de Joseph Bédier. Je ne sais pas pourquoi — c’est une sorte de rituel involontaire — peut-être simplement parce que ça me fait des vacances dans le temps et dans ma tête… Je monte sur mon cheval et pars en Cornouailles au XIIe siècle… Et comme un enfant à qui on raconte une histoire qu’il fait semblant de ne pas connaitre, je redécouvre que, chaque soir, près d’une source vive, claire et calme, Tristan vient sous le pin, taille avec art des morceaux d’écorce et de menus branchages, jette les petits copeaux de bois dans la fontaine qui, légers comme l’écume, sont emportés jusque dans la chambre d’Iseult qui épie leur arrivée…
GUILLEMETS_red

Cette nuit la lune brillait, claire et belle. Tristan vint sous l’arbre et jeta dans l’eau les copeaux et les branchages. … Mais comme il s’était penché sur la fontaine en les jetant, il vit, réfléchie dans l’eau, l’image du roi. Ah ! s’il pouvait arrêter les copeaux qui fuient ! Mais non, ils courent rapides, par le verger. Là bas, dans les chambres des femmes, Iseut épie leur venue ; déjà, sans doute, elles les voit, elle accourt. Que Dieu protège les amants !

Elle vient. Assis immobile, Tristan la regarde mais, dans l’arbre, il entend le crissement de la flèche qui s’encoche dans la corde de l’arc. Iseult vient, agile et prudente pourtant, comme elle avait coutume. “Qu’est ce donc? pense-t-elle, Pourquoi Tristan n’accourt-il pas ce soir à ma rencontre? Aurait-il vu quelque ennemi ?

Elle s’arrête, fouille du regard les fourrés noirs ; soudain, à la clarté de la lune, elle aperçoit à son tour l’ombre du roi dans la fontaine. Elle ne lève pas les yeux vers les branches de l’arbre et dit tout bas : “Seigneur Dieu ! accordez-moi seulement que je puisse parler la première”

Elle s’approche encore. Ecoutez comme elle devance et prévient son ami :

“Sire Tristan, qu’avez-vous osé ? M’attirer en tel lieu, à telle heure !

“…

… Bon, je vous laisse car il faut vite que je réponde à Iseult. Mais vous pouvez lire la suite ici. Ça change évidemment de Fifty shades of grey (car j’entends dire que c’est ce genre de trucs que les gens lisent à notre époque).

CONTES…
Je suis complètement idiot de faire confiance !
Je t’attends ce soir à Samarcande…
Youpi tout va mal

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: