Des héros et des magiciens, des princesses et les clochards déguisés en simples gens de qualité…

Doisenau
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J’aime beaucoup la façon dont Claude Roy parle de Robert Doisneau :

” (…) Les Grands de la Terre, il les découvre, infailliblement, chez les princesses et les clochards, chez les flâneurs et les concierges, chez les manœuvres et les soiffards, chez les bouchers, les camionneurs, les maraîchers, les cantonniers. Ils peuvent prendre l’aspect trompeur des “gens de peu”, des “gens du commun”, des “gens de condition modeste”, des “gens simples”, des “gens ordinaires”, d’un petit monde comme tout le monde, Doisneau ne s’y trompe pas : radiographe des sentiments, il donne à voir et à aimer le cœur des Gens de Qualité.

Il sait que le petit garçon qui ramène le pain baguette tout en vérifiant sa monnaie est un chevalier en mission au Service de la Reine. Il sait que le pêcheur à la ligne au bord du canal Saint-Martin es un explorateur au long cours, un conquérant au grand large. Il sait que la concierge du coin assise sur sa chaise devant sa loge est la gardienne d’un palais, la mémoire de sept étages et l’historienne d’un empire. Il sait que le cracheur de feu qui fait son numéro là-bas est un pacifique dragon, le sorcier des jours quotidiens. Il sait que la chatte de Madame Anna est une fée déguisée en chatte et mérite la fierté de sa maîtresse et confidente.

Il sait que le monde, de New-York à Saint-Petersbourg et de Montrouge à Gentilly, est rempli de héros et de magiciens, qu’il suffit d’ouvrir l’œil et le cœur pour découvrir à chaque pas, mine de peu, mine de rien, le sel des jours et de la terre, les simples gens de qualité. Et notamment un photographe qui, nous faisant voir ce qu’il voit, nous fait aussi voir qui il est, un jeune homme de qualité, âgé de quatre fois vingt ans”.

Claude Roy, 24 avril 1992

— Quelques textes de Claude Roy :
Quand on marche le soir à la lisière du temps…
Quand le vent interrompt un poème…
Ode de Claude Roy au gentil coquelicot
Après la fin du monde j’aimerais…
Le miel aura un goût d’été…
Ombre
Nathalie Sarraute
“Les affaires de ce monde ne sont pas différentes”

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