De bien belles qualités et une bien belle façon de les décrire…

sarraute

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“Oreille fine, sans doute l’une des plus fine de la littérature, Nathalie entend l’inaudible, ce qui la conduit à tenter de dire l’indicible, et d’y parvenir. Dans une conversatin banale, elle entend passer les arrières-pensées, qui pourtant marchent pieds nus. Elle entend le muet fracas d’un ange qui passe. Elle perçoit ce minuscule chant de semble-grillon que fait un silence réprobateur (à distinguer du tout petit bruit semble-guêpe que fait un silence approbateur). Quand j’ouvre un livre de Nathalie, il me semble qu’une main bienveillante approche de mon oreille le coquillage magique dans lequel on distingue, en y collant l’oreille, le chuchotement lointain de la mer d’Oman, les battements de cœur d’un petit enfant des Antipodes, le crépitement étouffé de mauvaise humeur de ce monsieur qui passe sur le trottoir d’en face, ou ce très faible et doux glissement de soie sur la brume du soir que fait en rougissant le visage d’une jeune fille dans l’obscurité, si une pensée trop tendre la traverse.”

Description de Nathalie Sarraute par Claude Roy en 1994 dans Chemins croisés.

— Quelques textes de Claude Roy :
Quand on marche le soir à la lisière du temps…
Quand le vent interrompt un poème…
Ode de Claude Roy au gentil coquelicot
Après la fin du monde j’aimerais…
Le miel aura un goût d’été…
Robert Doisneau
Ombre
“Les affaires de ce monde ne sont pas différentes”

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