Le jour où Maxime Gorki a épargné son sosie…

gorki

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Je lis cette très curieuse histoire dans le Figaro :

Gorki voyageait en Amérique. Il se trouvait à Georgetown, lorsque, passant devant le théâtre et voyant l’affiche qui annonçait une de ses pièces, il s’approcha et lut au-dessous du tableau de distribution: «À la fin de la représentation, l’auteur viendra saluer le public». Intrigué, Gorki se rendit le soir à la représentation, et à la fin du spectacle il vit, en effet, un individu qui, acclamé, vint saluer l’auditoire enthousiaste.

Flatté, mais d’autant plus étonné que le personnage lui ressemblait étrangement, Gorki demanda à être présenté à son sosie, qu’il désirait, dit-il, féliciter personnellement, et il fut mis en présence d’un pauvre diable qui lui expliqua immédiatement son cas.

– Je vous en supplie, dit-il, ne me démasquez pas. J’ai été engagé dans la troupe pour jouer les auteurs. Je me grime en conséquence et je suis tour à tour Sudermann, Rostand ou Maurice Donnay. De grâce, ne faites pas d’esclandre. Je suis père de famille et mon emploi est mon seul gagne-pain.
Gorki ne dit rien, et «l’auteur» continua à faire son métier à la grande satisfaction des spectateurs émerveillés de la prodigalité de l’imprésario qui ne reculait devant aucune dépense pour engager les auteurs les plus célèbres, à seule fin de saluer le public après les représentations de leurs œuvres.

Article paru dans le Figaro du 27 août 1913.

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