Finalement c’est Ernst Jünger et Bob Dyan qui avaient raison !

BobDylan_Changin
.
Dans son Journal, Ernst Jünger notait cette phrase qui m’a frappée le week-end dernier : “J’ai songé aux paroles de mon père : “Rien ne changera avant que ne survienne un grand malheur”… Il notait ça le 10 juillet 1944, avant que tout s’écroule précisément. Bob Dylan, en janvier 1964, disait la même chose aux sénateurs et aux députés dans The Times They Are a-Changin” : “l’eau monte et bientôt vous serez trempés jusqu’aux os. Alors vous feriez mieux de vous mettre à nager ou vous coulerez comme une pierre!”…

C’est exactement notre problème dans la France de 2013 ! Nos politiciens (qui savent qu’ils doivent plaire pour se faire réélire) ont toujours une bonne raison pour nier la réalité, maquiller la gravité des chiffres, reporter les vraies réformes, ne pas s’attaquer en profondeur au mille-feuille des statuts et aux avantages acquis, à telle catégorie, à tel régime particulier etc. On entend ça depuis des décennies. Et c’est pour ça qu’on rame et que personne ne voit jamais la lumière au bout du tunnel !

Ça fait trente ans qu’ils nous disent qu’ils vont règler les retraites, et la sécu, et l’emploi (trente ans que c’est “la priorité des priorités”!), et les problèmes de la ville, et la sécurité, et la dépendance etc… Et trente ans que c’est de pire en pire : on va toujours de mini réformettes en poussière sous le tapis et roule ma poule, on verra après les élections suivantes ! Et pendant ce temps la France tombe doucement en poussière et plus personne ne croit plus en rien.

Le vrai problème – et ça rejoint la phrase de Ernst Jünger —

“Rien ne changera avant que ne survienne un grand malheur”

c’est que lorsqu’il y a une guerre, tout est par terre et, pour le coup, tout est à reconstruire. C’est comme ça qu’à la Libération ils ont tout réinventé : tout était à plat et donc il a fallu tout rebâtir, avec de nouvelles équipes, de nouveaux projets, de nouvelles idées et surtout un nouvel enthousiasme ! Il faudrait faire pareil aujourd’hui mais voilà, comme il n’y a pas eu la guerre précisément – et heureusement – on ne fait rien : personne ne bouge, chacun reste dans ses petits chaussons fourrés et vogue la galère ! On va de petites mesures en petites mesures qui ne règlent rien mais épuisent la patience du Peuple.

Il faudrait donc créer ce tremblement de terre mental, provoquer une secousse tellurique dans les esprits de nos petits politiciens. Leur faire comprendre que leur petit manège a assez duré.

En fait, il faudrait faire comme dans les superbes paroles de The times they are a-changin’ de Bob Dylan que j’écoutais à l’époque et leur dire : “Sénateurs, députés, il y a une bataille dehors qui fait rage. Elle fera bientôt trembler vos fenêtres et ébranlera vos murs. Car les temps sont en train de changer. Votre vieille route prend rapidement de l’âge. Si vous ne pouvez pas aider à construire la nouvelle route, alors dégagez ! parce que les temps sont en train de changer” !

Mais les politiciens français ne connaissent pas ces paroles. Il faudra donc peut-être bientôt sortir nos fourches :-)

LES PAROLES (en anglais et en français)

THE TIMES THEY ARE A-CHANGIN’

Come gather ’round people
Wherever you roam
And admit that the waters
Around you have grown
And accept it that soon
You’ll be drenched to the bone
If your time to you
Is worth savin’
Then you better start swimmin’
Or you’ll sink like a stone
For the times they are a-changin’.

Come writers and critics
Who prophesize with your pen
And keep your eyes wide
The chance won’t come again
And don’t speak too soon
For the wheel’s still in spin
And there’s no tellin’ who
That it’s namin’
For the loser now
Will be later to win
For the times they are a-changin’.

Come senators, congressmen
Please heed the call
Don’t stand in the doorway
Don’t block up the hall
For he that gets hurt
Will be he who has stalled
There’s a battle outside
And it is ragin’
It’ll soon shake your windows
And rattle your walls
For the times they are a-changin’.

Come mothers and fathers
Throughout the land
And don’t criticize
What you can’t understand
Your sons and your daughters
Are beyond your command
Your old road is
Rapidly agin’
Please get out of the new one
If you can’t lend your hand
For the times they are a-changin’.

The line it is drawn
The curse it is cast
The slow one now
Will later be fast
As the present now
Will later be past
The order is
Rapidly fadin’
And the first one now
Will later be last
For the times they are a-changin’.

———————————-

LES TEMPS SONT EN TRAIN DE CHANGER

Venez rassemblez-vous tous braves gens
D’où que vous veniez
Et admettez que les eaux
Autour de vous ont monté
Et acceptez que bientôt
Vous serez trempés jusqu’aux os
Si votre temps(1) pour vous
Vaut la peine d’être sauvé
Alors vous feriez mieux de vous mettre à nager
Ou vous coulerez comme une pierre
Car les temps sont en train de changer.

Venez écrivains et critiques
Qui prophétisez avec votre stylo
Et gardez les yeux grands ouverts
L’occasion ne se représentera pas
Et ne parlez pas trop tôt
Car la roue n’a pas encore fini de tourner
Et il n’y a aucun moyen de dire qui
Elle va nommer.
Car le perdant d’aujourd’hui
Sera le gagnant de demain
Car les temps sont en train de changer.

Venez sénateurs, députés
S’il vous plait prêtez attention à l’appel
Ne restez pas debout devant l’entrée
Ne bloquez pas le hall
Car celui qu’on blesse
Sera celui qu’on retiendra
Il y a une bataille dehors
Et elle fait rage
Elle fera bientôt trembler vos fenêtres
Et ébranlera vos murs
Car les temps sont en train de changer.

Venez pères et mères
De tous les coins du pays
Et arrêtez de critiquer
Ce que vous êtes incapables de comprendre
Vos fils et vos filles
échappent à votre autorité
Votre vieille route prend
Rapidement de l’âge
S’il vous plait sortez de la nouvelle
Si vous êtes incapables de donner un coup de main
Car les temps sont en train de changer.

Le ligne est tracée
Le sort en est jeté
Le lent aujourd’hui
Sera demain rapide
Et le présent d’aujourd’hui
Sera demain le passé
L’ordre (actuel)
Est en train de disparaître rapidement
Et le premier d’aujourd’hui
Sera demain le dernier
Car les temps sont en train de changer.

C’est peut-être la honte qui mettra le feu aux poudres !
Va falloir retrouver nos fourches !
La patience du Peuple.
Finalement la crédulité de ce Peuple est sans limite
Méfiez-vous des promesses !.
Vivement qu’on décide tout par référendum !

beige

2 responses to “Finalement c’est Ernst Jünger et Bob Dyan qui avaient raison !

  1. J’aimerais voir un jour un homme dire aux dinosaures de la 5eme de dégager et s’affairer à construire une politique ancrée dans le réel.

    Je ne connaissais pas vraiment Bob Dylan mais je vais rattraper mon retard aujourd’hui… en musique :-)

  2. J’aimais beaucoup écouter Dylan, mais mon anglais qui est un peu léger ne m’a pas permis de tout comprendre, mon frère possédait un livre recueil de tous ses textes, que je feuilletais parfois. Espérons que les temps changent comme il le prédisait, en meilleur peut-être, dommage qu’il faille toujours un malheur pour éveiller les peuples, les consciences… Bravo pour l’article sur les restos du cœur et les subventions à l’Huma que j’ai puisé pour mon blog. Merci d’être là pour pointer tout ça et l’écrire si bien.

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