Quelques “Minimes” de Claude Roy qui me touchent…

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guillemets_noirs-TNR

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“Il peut y avoir des fins de vies éclairées de cette lumière-là”…

Par temps clair, hiver pur, été sec, la plus belle lumière est celle de la fin du jour, rasante, intense, dorée, sœur vive des ombres longues et promesse du repos de la vie. Rembrandt suggère qu’il peut y avoir des fins de vies éclairées de cette lumière-là, vies de vieux hommes “rassasiés de jours”, et que douleur, joie et sagesse ont passées au tamis.

guillemets_noirs-TNRLes oiseaux du matin qui tiennent à m’informer qu’il fait jour, quand je tiens à dormir encore. Combat inégal.

guillemets_noirs-TNRLa petite fille qui n’est pas assez grande pour atteindre la sonnette et dont j’entends la voix de l’autre côté de la porte : “Toc, toc, toc, c’est moi.”

guillemets_noirs-TNRLa tourterellle turque se souvient toujours du Bosphore

guillemets_noirs-TNRLes pseudo-révolutionnaires, partis pour “guérir” la société. On s’aperçoit à la fin qu’ils n’avaient besoin que de guérir leurs névroses.

guillemets_noirs-TNRIl y a au moins soixante-dix ans que ce coq est mort, mais je l’entends encore chanter dans la cour de la ferme d’enfance.

guillemets_noirs-TNRLes amis que j’aimerais avoir mérités : Dürer, Couperin, Stendhal, Tchekhov, le loup de Gubbio et les hirondelles.

guillemets_noirs-TNRLa révolution des imbéciles rend réactionnaire. Le conservatisme des veaux rend révolutionnaire

guillemets_noirs-TNRQuand les lendemains déchantent, on demande seulement des lendemains qui parlent, même sans élever la voix; et juste

guillemets_noirs-TNRProjet de titre pour un livre métaphysique : “Sans issue”,.

guillemets_noirs-TNRCe matin, le matin a des joues de pomme d’api.

guillemets_noirs-TNRIls étaient si proches que lorqu’ils se séparèrent, son ombre refusa de se détacher d’elle et l’accompagna tout le reste de sa vie.

guillemets_noirs-TNREssayez au moins d’établir des relations sur un pied d’égalité avec la luciole et l’étoile filante.

guillemets_noirs-TNRJe dis à la limace sortie après la pluie qu’elle est belle, pas seulement pour la consoler de tout le mal qu’on dit des limaces, mais parce que c’est vrai. Belle comme un Brancusi.

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“Minimes” tirées de Chemins croisés, L’étonnement du voyageur, Les rencontres des jours, Permis de séjour, Carnet

— Quelques autres petits bouts de Claude Roy :
La grande délicatesse de la jeune fille qui a été danser…
Quand on marche le soir à la lisière du temps…
Quand le vent interrompt un poème…
Ode au gentil coquelicot
Après la fin du monde j’aimerais…
Le miel aura un goût d’été…
Robert Doisneau
Ombre
Nathalie Sarraute
“Les affaires de ce monde ne sont pas différentes”

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