La solution à la crise ? Entre Napoléon et le Monopoly !

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L’ampleur de la crise, vous la connaissez : fin mars 2013, la dette de la France a atteint le montant stupéfiant de 1870 milliards d’euros (91,7% du PIB). L’irresponsabilité des politiques laisse pantois. Ils devraient se cacher et se taire, mais non, ils continuent à jacasser dans les médias… Pour payer leurs ardoises, il faut en tout cas trouver de l’argent. Beaucoup disent : il n’y a qu’à faire payer les riches. Mais l’impôt sur la fortune ne rapporte, à la louche, qu’environ 4,5 milliards d’euros et on est donc très loin du compte. Et comme le Gouvernement promet une pause fiscale (à laquelle personne ne croit), il faut absolument trouver quelque chose d’autre. J’ai trouvé la solution, elle est simplissime et se situe entre Napoléon et le Monopoly. Je vous explique.

La Révolution française a aboli les titres de noblesse de l’Ancien Régime. Mais Napoléon instaura à nouveau des titres d’Empire : prince, duc, comte, baron, chevalier. Il créa aussi la Légion d’Honneur pour récompenser et distinguer les plus méritants.

Mais là où le truc ne marche pas, c’est que tous ces titres n’ont qu’un caractère purement symbolique et qu’ils ne donnant lieu à aucun avantage pour l’État. Tout est dirtribué gratuitement alors que la République a besoin d’argent. Et donc ? Et donc je pense qu’il faut faire payer les gens pour qu’ils “achètent” les titres. Et surtout que la République en créé de nouveaux . Napoléon avait ses ducs et ses barons d’Empire ; François Hollande — qui porte déjà le titre de coprince d’Andorre — créerait toute une nouvelle hiérarchie du genre : “Citoyen” (le niveau le plus bas, pas cher), Citoyen-distingué, Citoyen-émérite, Citoyen-éminent, grand dignitaire-Citoyen”… etc. Vous voyez, toute une gradation. Chaque titre serait mis en vente à un tarif publié au Journal Officiel et, pour honorer le bénéficiaire, figurerait sur la carte d’identité. Ils n’attribuerait aucun droit particulier mais vous donnerait tout de même une certaine allure : “Citoyen-Émérite Dupond, veuillez vous présenter au guichet 3…”

Et qu’on ne me dise pas que les moins aisés seraient exclus du système : quand vous voyez les Français les plus modestes faire la queue dans les bureaux de tabac pour se ruiner en billets de Loto, vous comprenez qu’ils sont prêts à remplir bénévolement les caisses de l’État. Malgré la crise, quelques 28 millions Français ont ainsi sorti de leurs poches plus de 10 milliards d’euros de mises pour les offrir à la Française des Jeux, gratuitement et sans contrainte.

On est évidemment loin du remboursement de la dette française mais bon, c’est un début… Un début parce que, outre ces distinctions citoyennes, on vendrait également d’autres titres.

On commencerait par vendre les titres régionaux :; Royal pourrait ainsi officiellement acheter le titre de “Ségolène de Poitou-Charentes”, tout comme le ministre des affaires-étrangères pourrait se payer le titre de “Fabius de la Seine-Maritime”, je ne développe pas, vous avez compris l’idée. On aurait à nouveau des comtes ou des ducs de Valois, des ducs d’Orléans, d’Anjou, de Bourgogne, de Berry, des comtes de Provence ou d’Artois… Bref que du bonheur pour les nostalgiques de l’Ancien-régime et surtout ding ding dans le tiroir caisse de l’État !

On mettrait également aux enchères — c’est le côté Monopoly — les noms de rues et des avenues : c’est là d’ailleurs qu’il y aurait la cagnotte la plus prometteuse pour l’État. Imaginez un peu : les Champs-Élysées seraient mis en vente au plus offrant et s’appelleraient “Avenue Bernard Tapie”, ou “Avenue Liliane Bettencourt”, ou encore “Avenue Serge Dassaut” ou Avenue Maurice Lévy”… A moins que les Champs ne soient vendus au plus offrant et s’appellent “Avenue Bill Gates” ou “Al Walid Ben Talal” ou “Champs du Qatar” – car les enchères seraient évidemment mondialisées. Faut ce qu’il faut, les gars, si on veut rembourser notre dette !

Chacun donc pourrait acheter son avenue ou son boulevard : le boulevard Raspail serait acheté par une grosse fortune et deviendrait “Boulevard Bernard Arnault”, ou “Boulevard François Pinault”… La Tour Maine-Montparnasse pourrait s’appeler “Tour Vincent Bolloré”, ou “Tour Jean-Claude Decaux”… La liste des plus grandes fortunes étant connue, on pourrait même vendre tout ça discrètement à guichets fermés. Et, en lisant la plaque un matin, on découvrirait, que la station de métro “Franklin D Roosevelt” a été rebaptisée “Warren Buffett” ou la gare de l’Est est devenue “Gare Jeff Bezos”… Why not ?

Bref on vendrait tout. mais on ne vendrait le nom que pour cinq ans, histoire de ne pas nous lier trop et — si la dette est remboursée — de pouvoir revenir aux anciens noms. Ou, s’il faut encore faire entrer de l’argent dans les caisses, demander un nouveau versement ! Pas folle la République :-)

Certains diront : “oh mais c’est totalement archaïque et surtout ce n’est pas démocratique”. Quoi, quoi ? Pas démocratique mon truc ? au contraire ! Vous croyez qu’aujourd’hui je peux m’acheter le nom de ma rue ? Non. Eh bien désormais, moi, citoyen lambda, je pourrai habiter dans une rue à mon propre nom. Et en plus je renfloue les caisses de l’Etat et j’éponge la dette. Vous voyez bien : cool et démocratique !

4 responses to “La solution à la crise ? Entre Napoléon et le Monopoly !

  1. Jean-Louis

    En 1925, Victor Lustig a mis en vente la tour Eiffel.
    Un certain monsieur Poisson l’a achetée.
    Il a mordu à l’hameçon…

  2. Kwilleran

    Je vais déposer mon premier commentaire sur votre blog que je suis depuis quelques mois pour indiquer que, pour une fois, je ne peux pas être d’accord avec vous.
    Et je m’explique : d’abord cette pratique a été celle de l’Ancien Régime, qui, comme tout le monde le sait, connaissait sur sa fin exactement les mêmes problèmes de trou financier abyssal (et sa fin est arrivée justement pour cette raison). Très exactement, il s’agissait de vénalité des charges, à savoir que l’on vendait une charge (une fonction publique), qui permettait à plus ou moins longue échéance, un anoblissement. Les plus connues étaient les charges de “parlementaires” (cad des juges, lesquels ont bloqué toute réforme et largement contribué à l’explosion finale), qui pouvaient être directement anoblissantes. D’autres prenaient plusieurs générations, mais c’était toujours ça de pris. Sauf qu’à force, il n’y avait plus de fonctions à fournir…alors on en a imaginées d’autres, parce qu’il fallait bien remplir les caisses. D’où des charges de “Grand beurrier” ou autres sotises, au point qu’il fut dit qu’à chaque fois que le roi créait une charge, Dieu créait un imbécile pour l’acheter. Tous ces expédients n’ont point empêcher que la machine casse, avec toutes les conséquences dramatiques que l’on sait.
    En d’autres termes : donnez leur le Sahara, dans deux ans nos énarques importeront du sable. Si l’on met en place un tel système, ils se diront “cagnotte!” et dépenseront encore plus, sans jamais se remettre en cause ni réformer le fonctionnement de l’État. Le répit sera de courte durée.
    Et pour les rues…vous vous voyez changer d’adresse tous les trois mois ?

    Bien cordialement,

    K.

    • Bon évidemment vous avez raison ! Il faut s’attaquer aux CAUSES en premier (mon professeur de latin écrivait tous les matins au tableau noir : “Felix qui potuit rerum causas cognoscere”… Et il avait raison. Mais le problème, pour l’instant, est que les abrutis qui nous gouvernent trouvent de l’argetnt pour payer LEURS ardoises sans me piquer MON argent. Et donc qu’ils débaptisent la Tour Montparnasse pour l’appeler “Tour Dior” ou “Tour Chanel” ou “Tour Mickey Mouse” m’est totalement indifferent ! Mais ils faudrait évidemment qu’ils arrêtent leurs conneries en premier ! Mais ils ne le feront pas. Pas avant d’avoir pris des fourches dans les fesses. Ce qui n’arrivera même pas avec un peuple totalement anesthésié par les médias. Donc, mon idée est qu’ils se payent autrement qu’en me prenant MON argent.
      Et puis, je ne sais pas si vous l’aviez remarqué, mais ce post était supposé être humoristique :-)))
      Switchie5

      • Kwilleran

        Bon , certes, on pouvait y voir un trait d’humour. Mais comme certains y avaient effectivement pensé dans l’Histoire, ça aurait pu n’en pas être !
        Et puis en plus, évitez donc de leur donner des idées, des fois qu’un pignouf gouvernemental traine par ici….; )

        k.

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