Mais quel rapport y a t-il entre la guerre au Mali et la maladie d’Alzheimer ?

vieux
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Ce n’est pas parce qu’elle ne fait plus la une des journaux que la guerre au Mali est terminée. Pour entrer en guerre, une décision Présidentielle suffit. C’était l’opération Serval, lançée le 11 janvier, qui a permis à François Hollande d’être accueilli en héros à Tombouctou le 2 février 2013. Mais pour prolonger l’intervention au-delà de 4 mois, il faut faire voter le Parlement (ce qui a été fait le 22 avril dernier : pas un parlementaire ne s’y est opposé). Très bien : on lance la guerre, on la prolonge mais on ne nous dit pas quand on l’arrête vraiment. Mais, naturellement, il faut la payer (alors qu’on n’a plus de sous et que la loi de programmation militaire va, dans les jours qui viennent, mettre les armées au régime sec).

Combien cette guerre coûte-t-elle à la France ?

Je pose naïvement la question parce qu’un ami dont la mère est malade me disait récemment que le coût du maintien à domicile d’un malade Alzheimer avoisinait les 1000 euros par mois, et donc il voulait avoir des éléments de comparaison. Les voilà :

Il y a six mois, en avril 2013, le porte-parole adjoint de la Défense, le général Martin Klotz, indiquait que la guerre du Mali avait déjà coûté plus de 200 millions d’euros depuis son lancement (et là on est en octobre donc il faut majorer un maximum mais on ne sait pas de combien car les médias ne s’y intéressent pas). Si pour le ministère de la Défense “on ne peut pas comparer des conflits de durée et de nature différents”, il reste qu’on estime que la France a déboursé au Mali : 2,7 millions d’euros par jour, soit une facture sensiblement plus élevée que l’opération Harmattan en Libye : 1,7 millions d’euros par jour (368,5 millions d’euros en 2011) ou en Afghanistan : 1,4 millions d’euros par jour (493 millions d’euros en 2012).

Donc si je résume : Mali : 2,7 millions par jour. Libye : 1,7 millions par jour. Afghanistan : 1,4 millions d’euros par jour. Voilà, mon ami a ses ordres de grandeur : lui, sa mère, c’est 1000 euros par mois !. Heureusement ça n’intéresse personne et surtout pas les journalistes qui se moquent comme de l’an quarante de savoir si la France est encore en guerre ou pas, ni combien coûtent ces guerres…

Mais alors me direz-vous : quel rapport avec la guerre au Mali ? Réponse : il n’y a pas d’uranium dans les blocs Alzheimer !

(1) – Selon les chiffres INSERM, la maladie d’Alzheimer est une guerre qui frappe 860 000 personnes . C’est donc du lourd. Mais les financements s’évaporent dans les sables des promesses non tenues par des politiciens qui se bornent à fixer des “objectifs” sans jamais se sentir tenus par des résultats concrets. [ne perdez pas le fil et continuez à lire mais je développe ce point ici].

(2) – En une décennie, il y a eu 3 plans Alzheimer (2001-2005, puis 2004-2007 puis 2008-2012). Si vous pensez que tous ces plans qui se sont succédés pendant 13 ans ont été correctement financés et ont règlé le problème, parfait. C’est bien d’être crédule.

(3) – L’intervention Serval n’a pas été étalée sur 13 ans : entre son lancement et l’arrivée de Hollande à Tombouctou, tout a été emballé en 22 jours. Comme quoi quand ils veulent aller vite, ils peuvent aller très vite :-) 22 jours c’est mieux que 12 ans !

(4) – La guerre du Mali a coûté plus de 200 millions d’euros (2,7 millions d’euros par jour). Comme quoi quand il faut de l’argent, ils le trouvent (l’heure de vol d’un Rafale coûte 27 000 euros, mais l’heure de vol d’une aide soignante dans un bloc Alzheimer vous savez combien elle coûte ? Non, parce que ça n’intéresse pas les journalistes qui préfèrent tartiner sur les “petites phrases” des politiques. Les 860 000 malades Alzheimer pour eux c’est peanuts : ça ne fait pas d’audience !

(5) – Vous pensez peut-être que la France est partie en guerre au quart de tour pour une subite mission d’urgence “démocratique” ? Non : simplement pour sécuriser l’approvisionnement (notamment en uranium) des centrales nucléaires françaises (uranium extrait par Areva dans les mines du nord du Niger, seulement séparée du Mali par une petite ligne en zone désertique sur les cartes géographiques).

Et voilà pourquoi il faut 22 jours pour débloquer la situation à Tombouctou et pourquoi les plans Alzheimer (et les autres) merdent sur une décennie.

Je dis “et les autres”, parce que vous pouvez évidemment remplacer le mot “Alzheimer” par des tas d’autres choses : “aménagements pour handicapés”, “places de crèches”, “rénovation des prisons” (qui sont indignes d’un pays comme la France), “draps” … (dans certains hôpitaux ils n’ont même plus d’argent pour changer les draps !). Allez, j’arrête ça m’énerve trop.

La morale de l’histoire, c’est que les journalistes ne font pas leur travail !

Les journalistes ne sont pas juste des gens qui ont leur carte de presse (avantages) et dont les titres sont subventionnés par l’Etat (ding-ding dans les caisses, même plus besoin d’être payés par les lecteurs, c’est le contribuable qui paye – voir tableau ici) ! Ils devraient au contraire avoir la dignité et l’honneur de se sentir investis par une mission “démocratique” : informer les citoyens, décortiquer les sujets, traquer les choses dissimulées, dire la vérité etc. Mais non, le Mali ça ne les intéresse pas et Alzheimer pas non plus. La propreté des prisons encore moins. Ce qui les intéresse c’est uniquement “la petite phrase” d’un ministre contre un autre collègue ministre ou ce qui peut se dire de croustillant dans des talk-shows télévisés : de très grands défenseurs de la démocratie en quelque sorte ! Des planqués subventionnés en réalité.

Et la Cour des comptes dans tout ça ?

Eh bien la Cour des Comptes ne devrait pas se contenter, tous les ans, de faire son rapport comme d’autres sortent leur Beaujolais nouveau. Il faut qu’elle compile ses archives, qu’elle aligne les chiffres des gabegies, qu’elle dresse le bilan des erreurs accumulée, qu’elle fasse son boulot de “commissaire aux comptes” de l’Etat. Les citoyens-contribuables verraient ainsi où passe leur argent, comment il est dépensé, à quelles “priorité” il est affecté. Ça ce serait une vraie démocratie. On en est loin car les Parlementaire, eux aussi, ont oublié qu’ils étaient des représentants du Peuple. Vivement la démocratie fiscale qu’on reprennent tout en main. Mais j’arrête car il faudrait tout changer :-)

Et n’importe comment, “Rien ne changera avant que ne survienne un grand malheur”. C’est finalement Ernst Jünger qui avait raison

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