Obama avec le plafond de la dette, c’est comme Daladier au retour de Munich !

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Ces derniers jours, vous l’avez vu, Obama et les grands médias américains ont entretenu le grand psychodrame du shutdown sur le thème : s’il n’est pas mis un terme immédiat au shutdown imposé par les méchants Républicains, ce sera la catastrophe ! Et si le plafond de la dette n’est pas relevé, l’Amérique “fera défaut”, c’est à dire qu’elle ne sera plus en mesure de payer ses factures : bref, le cataclysme et l’apocalypse. Et les médias d’entretenir la panique pour plonger l’opinion publique dans un doute effrayant : le Congrès va-t-il – ou non – relever le plafond de la dette comme le demande Obama ?

Mais bien sûr qu’il va le relever, ça ne fait pas le moindre doute : les Républicains vont évidemment plier, et le Congrès votera aussi le relèvement du plafond de la dette ! Et il y aura partout un grand ouf de soulagement ! Mais c’est ce “ouf de soulagement” qui devrait être considéré comme effrayant ! Car il rappelle celui de Daladier après Munich. Rappelez-vous :

En 1938, après avoir signé les accords de Munich, Daladier atterrissait au Bourget : à sa sortie de l’avion, il est à sa grande surprise acclamé comme le sauveur de la paix. Selon Alexis Leger, il se serait exclamé, : « Ah les cons ! S’ils savaient ! » Dans ses Mémoires, il dira : « Je m’attendais à recevoir des tomates et j’ai reçu des fleurs ».

C’est exactement ce qui va se passer aux États-Unis : le shutdown va s’arrêter et le plafond de la dette sera relevé. Et les opinions publiques pousseront un immense “ouf de soulagement”. Ouf : le Congrès va autoriser davantage de dette ! Ouf : Obama va pouvoir continuer à augmenter les dépenses ! (en gros les deux trucs qu’il ne faudrait absolument pas faire si on disait la vérité aux citoyens au lieu de leur mentir et de les bercer d’illusions sur l’avenir !)

— Première leçon du shutdown. Ce qui est dévastateur dans le shutdown, ce n’est pas que l’État fédéral ne soit plus en état de fonctionner (à la limite, comme en France, on se passerait volontiers d’une grande part de sa bureaucratie). Ce qui est dévastateur, c’est la place que l’État a pris dans nos vies et dans l’économie ! Et que, lorsqu’il n’est plus là avec ses tampons et ses formulaires, tout puisse s’arrêter et se bloquer du jour au lendemain ! Par exemple, une marque de bière ne peut pas sortir son nouveau produit car le shutdown empêche les bureaux de délivrer la paperasse des autorisations de mise sur le marché ! Et tout le monde s’écrie : “vite, vite, il faut que le Gouvernement rouvre” sinon c’est le bloquage. Alors que c’est exactement l’inverse qu’il faudrait souhaiter : que l’État arrête de se mèler de tout et arrête de tout bloquer en contrôlant tout dans la vie privée et collective (les entrées dans les zoos ou les parcs, les visite de la statue de la liberté, les entrées dans les musées etc… Il s’occupe de beaucoup trop de choses n’importe comment.

— Deuxième leçon du relèvement du plafond de la dette : on va continuer à emprunter et à dépenser en vivant à crédit sur le dos de nos créanciers, au lieu de limiter notre train de vie à ce que nous pouvons nous payer. C’est ça le problème du plafond : en le relevant sans cesse pour emprunter toujours davantage, on repousse perpétuellement la limite mise au crédit et surtout le moment où l’État réduira ses dépenses ! Plus on attend et plus ce sera difficile.

Ce qui aura deux conséquences pour l’Amérique, mais aussi pour la France qui a une dette abyssale.

• La première sera évidemment d’achever de détruire la confiance des créditeurs ! Car les gens qui nous prêtent ne sont pas des abrutis incultes. Ils savent compter et voient bien non seulement que les États occidentaux débiteurs ne sont pas prêts à faire des efforts (qu’ils appellent de “l’austérité”) mais surtout que jamais ils ne rembourseront leurs dettes colossales. Donc nos créditeurs vont progresivement se débarrasser des dollars qui ne vaudront plus rien, et créer peu à peu de puissantes devises qui deviendront rapidement les prochaines monnaies de réserves de la fin du siècle. Et on sera mal !

• La deuxième sera l’inflation, qui achèvera de détruire le pouvoir d’achat des gens, notamment les plus pauvres. Car le meilleur moyen pour les États endettés de passer l’éponge sur de leurs dettes abyssales, c’est de rembourser en monnaie de singe. Et donc de faire monter l’inflation (rappelez-vous la République de Weimar…)

Pour l’instant, de la même manière qu’il ment sur le nombre des chômeurs, le Gouvernement ment sur les chiffres de l’inflation : il prétend qu’elle est maîtrisée alors que, de toute évidence, tout le monde voit bien que ce n’est pas vrai. Mais les gens sont d’une crédulité stupéfiante et avalent tout ce qu’on leur dit, jusqu’au jour où, bien sûr, ça explosera…

*

Pour moi, les questions que les hommes politiques devraient se poser sont celles-ci : les États peuvent-ils continuer à s’endetter pour financer leurs “États-Providence” ruineux ? Réponse non ! Peuvent-ils continuer à emprunter au lieu de reconnaître qu’ils sont en état de faillite ? Réponse non ! Et donc le temps est venu de prendre le taureau par les cornes pour limiter les dépenses inutiles et la gabegie financière — qui fait annuellement l’objet des rapports officiels de la Cour des Comptes et me fait dire que Didier Migaud est un homme courageux.

Quand elle n’a plus d’argent, une famille opère courageusement les changements nécessaires dans ses habitudes de consommation, pour dépenser moins et réduire les postes les moins essentiels. Renoncer à une nouvelle voiture pour payer les études des enfants ou le bloc Alzheimer de la vieille mère… Ce n’est pas facile à faire, mais les ménages le font, parce que c’est pour eux indispensable. Pourquoi nos hommes politiques ne le font-ils pas ? Vous connaissez la réponse : ils n’ont pas de courage et trahissent leurs peuples. Ce sont des lâches, comme Daladier au retour de Munich ! Voilà, c’est dit.

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2 responses to “Obama avec le plafond de la dette, c’est comme Daladier au retour de Munich !

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