Quousque tandem abutere, Catilina ?

Cicero_2

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Pour ceux qui ne savent pas le latin, c’est le célèbre exorde du premier discours de Cicéron contre Catilina. Qui signifie : « Jusqu’à quand, Catilina, continueras-tu d’abuser de notre patience ? ». Remplacez Catilina par [“politiques] ou [“bande de politiciens”] et vous aurez exactement ce que je pense de la classe politique française depuis des mois et des mois ! J’ai vraiment honte pour eux. Et pour mon pays surtout.

Vous les avez vus avec l’affaire Leonarda ? Tout à coup tous les politiques se réveillent, montent au créneau, s’emportent, piquent des colères, s’invectivent, menacent, ont un avis, jugent, tranchent, brandissent des slogans, ont des solutions etc… Même le Président s’en mêle.

Mais où diable étaient-ils tous quand il y avait de graves problèmes à régler ?

Est ce que vous les avez entendus s’enflammer ? s’indigner ? s’offusquer, se scandaliser ?

• quand les plans sociaux se multipliaient ? non !
• quand le chômage passait la barre des 4 millions de chômeurs ? non !
• quand la dette atteignait plus de 2000 milliards ? non !
• quand le système de protection sociale s’écroulait ? non !
• quand vos retraites étaient menacées et amputées ? non !
• quand la fiscalité devenait confiscatoire ? non !
• quand votre pouvoir d’achat s’affaissait ? non !
• quand Pôle emploi trahissait sa mission ? non !
• quand la formation professionnelle s’écroulait ? non !
• etc… [je limite la liste pour ne pas vous fatiguer, mais vous pouvez l’allonger vous-même : politique de la ville, politique de l’immigration, politique de la famille, politique de l’éducation…]

Est ce que sur tous ces sujets pourtant cruciaux ces hommes politiques — ces soit-disant “dirigeants” — étaient au front, à la manœuvre ou aux fourneaux ? Non. Ils étaient aux sièges de leur Partis, occupés à discutailler politique ou à se livrer de sordides et dérisoires petite batailles de chefs. Ils n’étaient pas non plus sur les marchés — où ils ne se risquent à aller serrer les mains du bon peuple que le week-end précédant une élection, sinon on ne les voit jamais ! Non, ils étaient entre eux, planqués à l’arrière, sans doute à la buvette de l’Assemblée (que je propose de fermer définitivement), ou occupés dans l’hémicycle à pondre des piles de lois ou à entasser de la paperasse bureaucratique ou accroître inlassablement l’épaisseur des Codes… En tout cas, ce que je sais, c’est qu’ils n’étaient pas au front en train de régler les vrais problèmes qu’affrontent les Français dans leur vie quotidienne.

Comme je considère qu’avec leur bilan de faillite on a atteint un point de non retour et qu’il s’agit maintenant d’aller très vite si on veut enrayer la montée évidente de ce qu’ils appellent le “populisme”, je préconise deux solutions très simples :

(1) renouveler sans tarder la quasi totalité du personnel politique !

Oui, je sais, ça parait ridicule dit comme ça brusquement. Et surtout ça fait hurler de rire les crocodiles qui se tordent la machoire en disant : “Oh, mais tu fais le jeu des populistes !”. Eh bien non, c’est exactement l’inverse : qu’ils essayent de refourguer leurs vieux plats et ils vont voir vers qui se tourneront les électeurs qui veulent le changement. Je n’ai rien contre les vieux crocodiles, mais je pense qu’il n’y a pas d’alternative : on les connait, on les a vus depuis trente ans, ils ont essayé et ça n’a pas marché. Ils n’étaient pas bons — ou leurs solutions étaient inefficaces — peu importe, je ne chichouille pas, mais leur marigot est devenu trop boueux et les gens veulent de l’eau claire. Donc il faut qu’ils laissent la place à d’autres. Je ne suis pas méchant et ne vais pas citer de noms, mais il y en a que je vois depuis des décennies : leurs recettes (dépenser toujours plus, endetter toujours plus, grossir sans fin un Etat-Providence en faillite etc), ne marchent pas et ne marcheront jamais. Et pourtant ils sont toujours là, invités par les mêmes journalistes, à nous dire au Journal de 20h ce qu’il faut que nous fassions ! Le gag.

Un nouveau vivier s’il vous plait ! La France est sûrement pleine de personnes qui – contrairement à nos ministres – ont réussi ce qu’elles ont entrepris, ont du sang neuf ou des idées utiles qui — contrairement à celles de nos énarques — ont été expérimentées dans la vraie vie, en se cognant au monde réel ; Finalement oui, je préfère un inconnu qui a des idées performantes, plutôt qu’un politicien connu mais qui veut imposer sa vieille idéologie inefficace. Il doit aussi, forcément, y avoir un vivier de gens très bien dans les universités ou parmis les chefs d’entreprises de ce pays non ? D’ailleurs ce n’est pas mon problème : ils n’ont qu’à chercher des noms nouveaux dans leurs “forces vives”, faire des listes, trouver des gens éligibles, des personnes qui ne soient pas seulement attirées par les honneurs (au pluriel) mais par l’honneur de servir dignement et honnêtement leur pays. Mais, surtout, qu’ils nous enlèvent tous ceux qui, en trente ans, nous ont mis dans le mur. Je ne veux plus de ces médecins qui prétendent soigner la France avec des recettes idéologiques. La situation est maintenant trop préocupante pour qu’on reste dans une comédie de Molière : il faut fermer ce théâtre politique.

(2) appliquer la Constitution et redonner la parole au Peuple !

Je rappelle que, dans son article 2, la Constitution dit expressément que le principe de la République est “le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple”. Et dans son article 3 que “la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum”. J’exige donc qu’on demande l’avis du Peuple souverain, en faisant deux choses très simples :

• la première, c’est d’appliquer l’article 3 de la Constitution et donc de faire trancher tous les grands problèmes de société par référendum. Au moins ce sera clair, net et rapide. Pas de tergiversations politiques, pas de grands débats citoyens, pas de combines, pas de jeux politiciens dans les couloirs du Parlement : en un dimanche d’élection, le Peuple est appelé aux urnes et bam : il dit ce qu’il veut. Terminé. Et on fait ça sur la dizaine de grands sujets qui bloquent la France depuis trop d’années. S’ils arrivent à le faire en Suisse, on n’a qu’à le faire aussi. Et qu’on ne me dise pas que c’est impossible dans un grand pays comme la France qui veut donner des leçons de démocratie au monde entier, sinon je sors ma fourche ! [j’explique dans le post “Marianne excédée” mentionné plus haut qu’il faut évidemment que ce soit les citoyens qui décident des référendums, et pas les parlementaires].

• la deuxième, c’est que sur ces dix grands sujets — s’il y a conflit manifeste entre ce que prétendaient les élites des Partis politiques parisiens et ce que dit le Peuple — ce soit aux citoyens que revienne le dernier mot : et donc qu’on provoque une dissolution de l’Assemblée. Oui, je sais, c’est un gros mot, ils n’aiment pas ça parce que ça les oblige à repartir en campagne, et à se soumettre au vote des électeurs ! Mais c’est pourtant exactement ce qu’il faut faire quand ça coince grave : qu’on leur refasse passer leur permis de conduire la France. L’heure est trop grave et je veux des conduteurs qui ne soient pas en état d’ébriété idéologique. Et en qui je puisse avoir confiance — surtout s’ils financent leurs dépenses avec mon argent.

Donc ils repassent tous leur examen : et pas entre-eux, lors de primaires à l’intérieur de leurs petits partis, mais devant le Peuple souverain lui même. Bref de vraies élections législatives nationales : le test en grandeur réelle, et pas ceux fabriqués par des instituts de sondages qui bidouillent l’opinion avec leurs pondérations et leurs coefficients multiplicateurs. Sinon les gens descendront dans la rue pour faire eploser leur mécontentenment. Plutôt que la pagaille incessante dans les rues, je préfère voyez vous, que ça se fasse un dimanche dans les urnes ! Et — ne serait-ce que pour expliquer comment ils vont rembourser leur dette de 2000 milliards — ils ont intérêt à revenir avec de bonnes solutions cette fois — des solutions qui marchent — pas seulement des promesses, parce que sinon c’est la porte. Ou la Révolution, j’hésite encore.

Voilà mon programme, ou plutôt non, juste ce que je considère comme les préalables à l’application d’un autre programme. Vous voyez, ce n’est pas méchant. C’est consitutionnel, populaire et surtout très démocratique puisque c’est le Peuple qui tranche. Ils ne peuvent pas me refuser ça, si ?

*

Pour la petite histoire, le discours de Cicéron dont je vous parlais au début, se poursuit ainsi : « quamdiu etiam furor iste tuus nos eludet? quem ad finem sese effrenata iactabit audacia? » ce qui veut dire, en gros : «Combien de temps ta folie nous défiera-t-elle ? Jusqu’où ton audace effrontée se déchaînera-t-elle ?». C’est aussi très exactement la question que je leur pose car la patience de la pauvre Marianne est, je pense, à bout. Le temps presse et eux qui me connaissent savent que j’aime bien ce que Bob Dylan dit sur ce sujet. Times they’re-a-changin’…

*

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9 responses to “Quousque tandem abutere, Catilina ?

  1. JL

    Alors là, je vote pour Switchie !
    Sans hésiter.

  2. Barbababar

    Pourriez-vous faire un article sur pourquoi vous n’essayez pas de concrétiser ces idées ?
    Je veux dire, toutes ces idées sont excellentes et je suis certain que si que vous étiez à la présidentielle (imaginons) il y aurait de nombreuses personnes pour supporter ces idées.

    Après je comprend très bien que faire de la politique n’est pas quelque chose d’attirant et en plus vous citez The Times They’re A Changin’ pour dire que les choses changeront quand ce se sera effondré. Mais n’y a-t-il pas de l’espoir pour que tout cela change ? :/

    Ce que vous dites sur votre blog est admirable et criant de vérité. J’espère sincèrement que quelqu’un réussira à faire changer les choses en mettant en pratique ces solutions..

    • Merci pour votre gentil commentaire. Mais vous êtes beaucoup trop bienveillant et ça vous perdra ;-) Je suis trop vieux pour faire de la politique (il y a trop longtemps que je pratique les hommes politiques – de très près – et sais donc qu’on ne les changera pas : ce sont des crocodiles à la peau très dure). Et surtout, ce qui est plus grave : je ne crois plus en aucune possibilité de redressement : car il faudrait, pour cela, éliminer environ 600 personnes (ministres et journalistes des médias qui bloquent littéralement le système mental des gens et interdisent donc toute prise de conscience des vrais problèmes et tout sursaut) salutaire qui sauverait le pays avant la ruine (comme la Grèce a été ruinée). Lorsque j’étais petit, on m’a appris – dans la Bible – que tuer n’était pas bien : donc je ne peux pas le faire :-) Il faudrait également dissoudre l’Etat et dissoudre aussi le Peuple ! Vous vous rendez compte du projet ! Vaste programme aurait dit le Général. Les écuries d’Augias sont en très, très mauvais état, mais je ne suis pas Hercule et donc je pense que d’autres, plus jeunes, le feront. Mais je doute pourtant de leur force et surtout (consatant l’effondrement du système éducatif confié à des idéologues) de leur force d’âme. et de leur force de caractère. Car il s’agit de “faire” vraiment les choses, sans chercher à “plaire” comme le font les politiciens qui promettent de la barbe-à-papa rose bonbon et bien sucrée… Vous voyez, les écuries d’Augias et les Bisounours, ça ne va pas vraiment ensemble :-) Et donc non — en dépit de la “pression amicale de mes amis et chers lecteurs” — je ne suis pas candidat à la Présidence de la République !

  3. Aya

    “Ils ne peuvent pas me refuser çà ” ? Euhhhh, well, nice try !
    En attendant, merci pour vos articles, excellents et pleins de bon sens
    Moi aussi, je voterais pour vous sans hésitation :-))

  4. Des personnes intelligentes, pleines de bon sens et intègres, il y en a beaucoup en France, malheureusement ce ne sont que très rarement celles que l’on a placé au pouvoir. Pour arriver si haut, il faut être mis à la place par ceux qui tirent les ficelles, être pistonné et propulsé je suppose, mais aussi avoir un égo démesuré. Comme vous et les commentateurs de ce blog, je me dis toujours qu’un intellectuel, connu ou inconnu, intelligent mais sachant rester simple donc près du peuple, compétent et incorruptible, va émerger mais jamais ce plaisir ne nous est accordé…

    • Si, ça viendra ! Mais il faut d’abord que le système explose. Car ils sont incapables de comprendre qu’ils faut changer AVANT l’explosion. Donc ça arrivera APRES l’explosion ! Mais ils n’y échapperont pas : l’économie se venge toujours de la politique (cf la Grèce !)
      Switchie5

      • Barbababar

        Merci de m’avoir répondu :)
        Toutefois il serait intéressant d’approfondir le sujet… Et puis ça laisse poser tellement de questions. Parce qu’après l’explosion il pourrait autant y avoir un mouvement anti-capitaliste important qui plongerait les pays dans le communisme ou ce serait idéal, une prise de conscience libertarienne.

        Mais quand on regarde l’histoire on voit que le communisme est arrivé avec l’effondrement de l’empire des tsars et remplacé par une république faible. Il proposait justement au peuple “de la barbe à papa rose bonbon bien sucrée” et il s’est imposé…
        De même pour le nazisme qui est arrivé par les élections. Et il proposait “du pain et du travail”. Le pire dans cet exemple c’est que pour cette simple raison, la population a accepté à coeur ouvert qu’on tue leurs voisins juifs.

        Donc quand on regarde l’histoire ça fait un peu peur. Car si tout s’effondre (alors qu’en plus tout le monde croit qu’on est dans un système capitaliste), les gens vont essayer d’attraper la jolie barbapapa que leur tendra forcément un Che ou un Mao plutôt que de raisonner sur le long terme et avec un esprit raisonnable. Enfin, je pense quand même que si le monde s’éffondrerait il y aurait tout de même une chance pour que les gens écoutent quelqu’un qui pointe du doigt les politiques précédentes et qui tenterait d’installer un capitalisme saint. Mais la probabilité de voir arriver un Lénine bis est aussi très forte…

        C’est pourquoi si on pourrait faire en sorte que ce système n’explose pas ce serait sûrement une bonne chose. Si on arriverait à installer des idées aussi saines que les vôtres dans notre société avant un tel désastre tout le monde y gagnerait… Personnellement je réfléchis à un moyen de faire changer les choses.

  5. Virer les hommes politiques ? Avez-vous déjà essayer de toucher à la gamelle d’un pit-bull sous amphétamines ?
    Et puis le bon peuple de France saurait vous en empêcher. Plus accroché aux mamelles de l’Etat qu’une bernique sur son rocher breton, il a fini par développer un genre de syndrome de Stockholm politique. Panem et circenses, on connait déjà la fin de l’histoire.

  6. Pingback: Une opposition tragique et dérisoire ! | Contrepoints

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