Puisque les États centraux tombent en ruine, si on en profitait pour revenir carrément au Moyen-Age ?

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J’écoutais récemment E. Orsenna envisager, sur France-Culture, la situation d’un État central exsangue et épuisé, non pas comme au Moyen-Age par les guerres entre les principautés, mais par les violences urbaines ou les révoltes sociales liées à la pauvreté… Ce qu’on constate en tout cas, c’est que nos vieux systèmes étatiques centralisés sont à bout de souffle, qu’ils ne fonctionnent plus et que, désormais, ils relèvent carrément des soins palliatifs. En gros, on a intérêt à se tirer avant qu’ils ne s’écroulent !

Retour au Moyen-Age où le Pouvoir central exténué ne contrôlait déjà plus rien…

Face à ces États-“Providence” moribonds, ruinés et criblés de dettes, on voit apparaître de nouveaux acteurs et de nouvelles dynamique se former au niveau des grandes villles ou des grandes métropoles. On revient donc pratiquement au Moyen-Age, où le Pouvoir central était également exténué et ne contrôlait presque plus rien, encerclé de Duchés régionaux puissants et faisant l’aumone au Pouvoir… Aujourd’hui ce sont des métropoles régionales de plus en plus rayonnantes et dynamiques, animées par une volonté collective et une vision d’avenir…

Par ces temps d’orages, le problème n’est donc plus de chercher refuge ou d’espérer une protection introuvable sous le grand chêne d’un État central désormais ruiné et impuissant — mais de considérer les grandes métropoles – et même les réseaux des grandes métropoles inter-régionales : Lyon et Grenoble avec Genève ; Lille-Roubaix-Tourcoing avec Bruxelles et Anvers ; Strasbourg avec l’axe Rhénan jusqu’à Amsterdam ou encore Toulouse-Montepellier-Perpignan avec Barcelone…

… ou cap sur le futur, avec des métropoles inter-régionales rayonnantes et actives

C’est peut-être ainsi qu’il faut aborder désormais la question des anciens États-Nation ruinés. En régime d’incertitude généralisée, ces métropoles majeures offriront sans doute une meilleure assurance-flexibilité qu’un État central impuissant. Car qui peut croire encore aujourd’hui que notre avenir sera réglé dans des lieux aussi dérisoires que l’Hôtel de Matignon ou le Palais de l’Elysée : le maire d’une grande métropole (Bordeaux, Toulouse ou Marseille) a désormais plus de pouvoirs qu’un Premier ministre ou un Président de la République !

Il y a quelques décennies, seule Lyon apparaissait comme pouvant concurrencer Paris. Désormais, on a des métropoles puissantes : Marseille, Toulouse, Lille, Strasbourg, Bordeaux, Nantes…. On a donc bien avancé.

En finir en tout cas avec la centralisation et le jacobinisme !

On a évidemment pris un retard fou et surtout on paye le prix fort d’un jacobinisme tragique : ce détestable centralisme français qui a bloqué pendant trop d’années le nombre de villes pouvant prétendre aux premières places des grandes métropoles européenne. Il suffit, pour s’en convaincre, de jeter un oeil à la carte SNCF qui est dans tous les trains : cette horrible toile centralisée avec toutes les lignes qui convergent désespérément sur Paris, toile au centre de laquelle se trouve la grosse araignée qui étouffe tout le reste.

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Heureusement, internet fera sauter tout ça et il y a donc de bonnes raisons d’espérer dans la mort définitive des jacobins : les connexions sont désormais numériques et se moquent donc complètement des Pyrénées ou du Rhin ou de la Manche !

Le web désenclavera mieux que tous les TGV ruineux !

L’Etat centralisé va s’effondrer et c’est donc une nouvelle chance qui va nous être donnée de faire sans lui, mieux que lui, et surtout au plus proche des gens. A condition évidement que la détestable habitude de l’endettement de nos élites ne passe pas de l’État aux collectivités ! La Cour des comptes a déjà sévèrement condamné la mauvaise gestion des dépenses par les collectivités locales dont la dette s’élevait fin 2012 à de 173 milliards, pour atteindre 9,5 % de l’ensemble de la dette publique, en augmentation de 4,2%… Alors évidemment, si on a un État central en faillite et criblé de dettes et si les collectivités locales suivent la même trajectoire, on est super mal !

Ce sont en tout cas les questions déterminantes pour les prochaines années :

La question de la démocratie directe, et l’urgence de considérer le recours au référendum comme substitut à une démocratie représentative ayant échoué et trahi la confiance que les citoyens avaient mise en elle !
Appliquer la Constitution et redonner la parole au Peuple !
Réintroduire du référendum à haute dose dans la société française !
Ne pas pousser la patience de Marianne à bout !

La question aussi d’une République une et indivisible qui bloque les libertés régionales et les expérimentations sociétales.
Marre de l’uniformité et du jacobinisme. Laissons donc les gens voter avec leurs pieds !

La question enfin de l’État-“Providence” qui va s’effondrer, miné par l’idéologie et ruiné par les dépenses et la dette.
L’État-“Providence” détruit par les illusions idéologiques.
Quand la perfusion de l’État-providence s’arrêtera !
La France en soins palliatifs ?
Du capitalisme performant à la déroute de l’État-Providence

One response to “Puisque les États centraux tombent en ruine, si on en profitait pour revenir carrément au Moyen-Age ?

  1. Je suis parfaitement d’accord avec vous. L’échelle de la vie humaine évolue en permanence dans l’histoire. Il est donc logique qu’il en aille ainsi également des structures dont nous nous dotons, à commencer par les états.

    La durée des transports, mais aussi la vitesse de l’information sont déterminants pour trouver le bon “réglage”. J’entends réglage, au sens ou sur un bateau, on adapte l’orientation et la tension des voiles à la force du vent pour le maintenir en équilibre dynamique. De même, dans une société, pour préserver l’équilibre, on devrait sans cesse (à l’échelle historique, c’est-à-dire pas non plus toutes les semaines) adapter les institutions à l’évolution de la vie réelle, au lieu de croire qu’elles sont parfaites et éternelles.

    Si la durée de transport entre Lille et Marseille ou Brest et Strasbourg n’a pas fondamentalement changé dans les trente dernières années (cette révolution a eu lieu après guerre), c’est bien la vitesse de traitement et de circulation de l’information qui a explosé dans les deux dernières décennies. Or le travail de toute administration consiste essentiellement à produire, analyser, et gérer de l’information. Il est donc parfaitement logique que les institutions imaginées avant l’apparition d’internet finissent pas subir les conséquences de cette belle révolution.

    Et contrairement à ce pourraient penser certains idéologues, la conséquence n’est pas un mouvement vers plus de centralisation. Non, au contraire. C’est un mouvement vers plus de proximité, plus de localité, plus de responsabilité directe. Vivement l’explosion de la France en grandes régions autonomes !

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