Une démocratie Française pour le XXIe siècle ? Vite ! Et digitale s’il vous plait !

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Notre démocratie est aujourd’hui totalement rouillée, décrépie, vétuste, en ruine … Pour sortir de la désespérance où s’enfonce le pays, j’entends de plus en plus parler d’une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale… Dans l’état (de délabrement) actuel de la vie politique Française, cela ne semble pas forcément la solution idéale, pas pour le moment en tout cas. Pourquoi ? Parce que nous sommes encore empêtrés dans le détestable “système des partis” qui a ruiné la France. Donc (en attendant une relève qui arrive et sur laquelle je reviendrai plus bas) une “alternance” qui ne serait pas une vraie “alternative” ne servirait à rien : ce serait juste une alternance de plus, avec les mêmes jeux entre vieux partis usés (de Gauche comme de Droite) qui continueront les mêmes erreurs. On ne ferait que remplacer dans le même marigot quelques crocodiles incapables par d’autres. Ça ferait vendre les journaux mais ça ne changerait pas grand chose. Et donc, au bout du compte — car le Peuple souverain ne se laissera pas abuser éternellement — ça ne ferait qu’accélérer l’exaspération et l’explosion populaire finale. Alors ?

Ce problème n’est pas simple car il y a plusieurs notions : d’abord la démocratie représentative, ensuite la démocratie directe, et enfin la démocratie tout court… Pas facile de tout dire en même temps : je vais donc les prendre les unes après les autres. Très rapidement pour ne pas trop vous plomber la tête.

Mettre fin au système des partis qui a torpillé la démocratie représentative

Pendant longtemps, j’ai été pour la démocratie représentative : en gros le système de la représentation parlementaire tel qu’on le connait actuellement où on vote pour des hommes ou des femmes appartenant à des Partis… Ils devaient nous “représenter” et ils ne l’ont pas fait, choisissant de représenter plutôt les intérêts de leurs partis respectifs, pas les nôtres et encore moins ceux de la France. Ces Partis ont si lamentablement échoué dans leur gestion du pays que je pense désormais comme de Gaulle et milite pour la fin de ce régime nuisible des partis et pour un recours plus fréquent aux référendums.

Alors que la Constitution dans son article 3, leur avait assigné le rôle de concourir à “l’expression du suffrage”, les Partis se sont installés dans le fromage de l’État et n’auront fait que ruiner le pays (déficits, dette, réformes de fond toujours repoussées). On ne peut donc plus leur faire confiance — et on n’a d’ailleurs plus vraiment besoin d’eux : car le Peuple du XXIe siècle n’est plus une bande de gueux hébétés mangeant des racines : il s’informe, il a internet et il n’a plus besoin que des Désir, des Fillon ou des Copé lui disent ce qu’il doit penser sur quoi que ce soit : il a la réponse et est prêt à la donner !

Ce système des Partis est à bout de souffle : il n’a plus d’air, plus d’oxygène, il n’arrive plus à se renouveler, mais il bouge encore, avec – à Gauche comme à Droite – les mêmes têtes depuis des décennies, les mêmes momies qui continuent de jouer, sur un théâtre déserté, une pièce politicienne qui n’intéresse même plus le Peuple qui – sondage après sondage – confirme sa défiance. Et pourtant ils se prétendent encore indispensables : mais ce n’est pas parce qu’on a été un mauvais Premier ministre qu’on doit nécessairement devenir Président. Et ce n’est pas parce qu’on a déjà été Président, sans rien résoudre, qu’on doit nécessairement revenir pour le redevenir !

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Je vois donc — présintement comme disent les canadiens — deux façons d’en sortir : changer en profondeur la représentation parlementaire elle-même (en envoyant des gens nouveaux au Parlement) ; et contourner les futurs blocages par un usage plus fréquent du référendum (comme en Suisse, où ils décident les choses à grands coups de démocratie directe).

Renouveler en profondeur la représentation parlementaire du Peuple souverain<

J’ai déjà expliqué, dans un post sur le “big bang copernicien” en quoi cela consisterait : en finir avec le vieux scrutin majoritaire, pour dynamiter le régime des Partis et passer enfin de la désespérante alternance (des Partis) à une vraie alternative (pour la France).

• En finir avec le régime des Partis. Ce système a sans doute eu sa justification historique. Mais il est responsable de la sclérose de notre vie politique. Il a délimité des frontières politiques qui sont aussi ineptes que les frontières africaines laissées par la colonisation : tirées au cordeau, étanches, absurdes. Le système dit de l’alternance (un coup c’est toi, un coup c’est nous) nous a condamnés au choc des blocs et aux affrontement stériles : avec une “Majorité” gagnant tout le pouvoir et approuvant tout les yeux fermés ; et une “Opposition” attendant son tour et s’opposant donc à tout en bloc également. Ce système a plombé la France car il a entretenu la main mise des Partis sur la vie politique et confisqué la démocratie.

• Injecter une dose massive de scrutin proportionnel. C’est le seul moyen de casser enfin le système majoritaire et l’emprise des Partis , en ouvrant la voie du Parlement à de nouveaux responsables, issus d’autres milieux, venant d’autres horizons et qui arracheront la France à la camisole idéologique des vieux Partis. On en parle depuis des décennies mais rien ne se fait jamais car les “nouveaux” sont flingués par les “vieux” qui ont évidemment trop intérêt à défendre leur fromage… Alors ? Alors — jusqu’à ce que les nouveaux représentants du Peuple culbutent le système — il faut encore faire avec ce foutu scrutin majoritaire à deux tours qui bloque tout et empêche toute injection significative de proportionnelle. Et donc c’est bloqué par la loi pour l’instant. …

• C’est bloqué … sauf si le Peuple envoit au Parlement de nouveaux candidats issus de nouveaux mouvements politiques non-partisans, mobilisant suffisamment de Français pour réformer le pays. Comme, par exemple, le nouveau mouvement “Nous Citoyens” présidé par Denis Payre dont je vous mets, à titre d’exemple, une courte vidéo ici . Avec un nombre suffisant d’élus de ce genre, le vieux système bloqué exploserait sous l’effet d’un “big bang copernicien” salvateur qui est seul à même de dynamiter une classe politique ayant tout bloqué à son profit et qui continuera de tout bloquer si on ne la chasse pas.

Le référendum comme outil banalisé de démocratie directe

Comme les vieux Partis traditionnels ne veulent rien lâcher de leur pouvoir — et feront tout pour faire échouer toute réforme qui les expulserait de leur fromage — il faudra forcément sortir l’arme du changement qui les fera plier en débloquant le système : le référendum.

Il n’y a que comme cela — en interrogeant le Peuple souverain — qu’on fera sauter les verrous partisans qui s’opposent aux vraies réformes que les politiciens n’ont jamais eu le courage de faire. Je suis convaincu que, contrairement à eux, le Peuple souverain aura ce courage, et il faut donc le consulter, lui redonner la parole, lui demander de trancher — le plus fréquemment possible et sur le plus de sujets possibles. Ce sera beaucoup plus simple que toutes les contorsions et hypocrisies parlementaires. Pour savoir ce que veut le Peuple, le plus simple est de lui demander : au moins ce sera clair et net. Et la loi sera enfin celle voulue par le Peuple et non pas par un petit groupe d’idéologues d’un Parti cherchant uniquement à se faire réélire au lieu de défendre l’intérêt du Pays.

Il faudra évidemment utiliser le référendum fréquemment : pour faire valider par le Peuple toutes les réformes qui ont sans cesse été repoussées par manque de courage et peur de déplaire à des clientèles morcellées ! Ce sera difficile mais le Peuple “un et indivisible” n’est pas aussi bête que les politiciens le pensent et il saura dire ce qui est bon pour le Pays. Ils le savent d’ailleurs d’après ce que je lis dans les sondages d’opinion.

Mais, là aussi, les Partis ont soigneusement vérouillé l’usage du référendum. Contrairement aux Suisses — qui sont de vrais démocrates et votent à tout bout de champ sur tous les sujets — nous en France c’est l’exception et, à chaque fois, c’est une vraie catastrophe nationale : ou bien les questions sont mal posées, ou ça tourne au plébiscite, ou au défouloir. Ou pire encore: si le Peuple vote “non” (comme à l’occasion de la constitution européenne) les Partis repassent derrière au Parlement pour transformer le “non” du Peuple en “oui” parlementaire ! Et ils appellent ça la démocratie ?

Le dispositif qui permettra de demander un vote par référendum ne devra donc pas, comme ils le prévoient, être à l’initiative d’un cinquième des parlementaires ! Ce sont évidemment les électeurs (et pas 1/5 des parlementaires) qui doivent en avoir l’initiative ! Et ça nous renvoit donc au point (1) ci-dessus : l’urgence d’envoyer au Parlement de nouveaux représentants non partisans qui modifieront enfin la loi relative au référendum pour en généraliser l’usage. Et ainsi ce verrou aussi sautera et les réformes, bloquées par les Partis, pourront tout de même se faire. 


Inventer enfin une “démocratie Française pour le XXIe siècle”

Comment en est-on arrivé là ? Comment a-t-on pu, au fil des années, laisser la “démocratie” se recouvrir d’une telle rouille et d’une crasse aussi épaisse ? Le mot lui même n’intéresse plus personne. C’était un élan puissant, une dynamique (presque une dynamite) et on en a fait un truc gras, manipulé par des parlementaires bedonnants, assoupis dans un hémicycle dérisoire… Quelle tristesse de voir que la démocratie, qui était une bombe partie de la Grèce antique, soit devenue une pauvre routine parlementaire couverte de lustrine.

Vers une démocratie digitale. Les médias s’émerveillent quand ils montrent un député consulter un iPad dans l’hémicycle, ce qui est franchement pathétique alors qu’avec les nouvelles technologies, on pourrait, à tout instant, saisir Peuple souverain sur tous les sujets, et comptabiliser précisément l’expression de sa volonté

À la limite, on n’aurait même plus besoin de “référendums” au sens ancien du terme. On demanderait régulièrement au Peuple ce qu’il veut, comme les Suisses avec leurs “votations populaires”. Et les citoyens cocherait des cases numériques. Aussi simple que ça. Et qu’on ne me dise pas que c’est difficile. Les ordres boursiers sont sécurisés depuis belle lurette et on m’expliquerait que les serveurs du Ministère de l’Intérieur ne pourraient pas être sécurisés ? Allons donc, mais de qui se moque t-on ?

Nous sommes dans le XXIe siècle depuis déjà 14 années ! On en est aux nanotechnologies, à la regéneration cellulaire, la NASA envoie des fusées au-delà du système solaire, la NSA peut écouter des milliards de communicatons ciblées et gérer dans ses serveurs des milliards de métadonnées, la sonde Hubble cartographie les étoiles et nous envoie des images à très haute résolution des amas galactiques, les données du Big Data sont comptées en pétaoctets, on est à l’époque des robots, des drones, de Google Maps, des GPS, …. et notre vie politique fonctionne encore sur mode du XIXe siècle !

Même à la Maison-Blanche fonctionne un site de pétitions intitulé “We the People”. C’est déjà un début, car il est évidemment nécessaire de pouvoir lancer des pétititons populaires qui, ensuite, déboucheront sur un référendum si un nombre suffisant de demandes sont réunies. Mais ni Hollande ni Valls ni les autres de la Droite-la-plus-bête-du-monde n’imaginent évidemment cela possible en France tant ils ont peur du Peuple et de ce qu’il pourrait dire, demander ou exiger. J’ai honte pour mon pays qu’ils ne soient pas capables de propulser la démocratie Française plus haut. Commémorer inlassablement la prise de la Bastille en 1789 c’est une chose. Inventer une démocratie Française pour le XXIe siècle serait tout de même plus important que de s’occuper de taxer le tabac, les prostituées ou de modifier pour la 70e fois les rythmes scolaires. Allez j’arrête, ils me font honte. Vivement que des géants reviennent et que nains disparaissent…
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Quelques liens en vrac pour continuer à se piocher …

L’homme providentiel vous trouvez que c’est plus démocratique ?
– Pourquoi je m’obstine à réclamer des référendums
Suisse : au moins ils consultent le Peuple souverain eux !
Le Gouvernement du Peuple par le peuple
Ils devraient peut-être arrêter d’exaspérer Marianne
Quousque tandem abutere, Catilina ?
Provoquer un “big bang copernicien” de la vie politique
Avec une dizaine de référendums, tout serait remis en ordre.
Pendant la crise, l’irresponsabilité continue !
La crédulité de ce Peuple est sans limite
C’est peut-être la honte qui mettra le feu aux poudres !
Je ne veux plus d’hommes providentiels
Marre de vivre en kakistocratie !
Mettre la fiscalité à plat ? Non ! exiger la démocratie fiscale !
de Gaulle et la fin du régime des partis…
Mais qui entend les oies du Capitole aujourd’hui ?
Ils se prétendent démocrates et ont peur du Peuple !
Il faut évidemment manier la démocratie avec des pincettes

One response to “Une démocratie Française pour le XXIe siècle ? Vite ! Et digitale s’il vous plait !

  1. Nous faisons vous et moi le même rêve (étrange et pénétrant, évidemment), d’un pays inconnu, et que j’aime, et qui m’aime… et qui ne vote pas que pour des abrutis. Même pas du tout, d’ailleurs, ce serait le top.

    Personnellement je préfèrerais l’usage du bon vieux mot de République à celui si galvaudé de démocratie. Bien qu’un fervent admirateur de la démocratie athénienne et de Jacqueline de Romilly au passage, je pense qu’à l’échelle d’un pays, il ne faut pas se tromper de mot. En l’occurrence, s’il doit subsister une organisation à la taille du pays….

    (ce qui n’est même pas sûr, après tout ; puisque des changements technologiques majeurs, comme vous le soulignez, ont transformé les sociétés en profondeur et ont rendu possibles des choses qui n’étaient même pas envisageables il y a vingt ans, pourquoi ne pas tout remettre en question ? Et notamment l’existence d’un état national, entre l’entité européenne et les régions ?)

    ….à mon avis c’est plutôt une espèce de république fédéral.

    La démocratie, dont le concept clé est le peuple, n’est-ce pas, ne peut fonctionner qu’avec un peuple défini et de taille limité, qui ait conscience de son unité, et au sein duquel chacun se sente un minimum solidaire et responsable. A mon avis, ça ne peut pas dépasser l’échelle d’une grosse région, faute de quoi nous sommes trop dilués pour se sentir responsables. Pourquoi pas des démocraties régionales donc, sortes de cités modernes autonomes, qui remplaceraient bien évidemment toutes les strates actuelles (et non s’ajouteraient à elle), et qui utiliseraient massivement internet.

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