Revaloriser les bas salaires… et hop, magique, ça crée des emplois par milliers !

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La nouvelle idée d’Obama — pour “créer des centaines de milliers d’emplois”,— c’est tout simplement de demander au Congrès de voter une augmentation du salaire minimum… Aussi simple que ça ! “Aucune personne travaillant à plein temps aux Etats-Unis ne devrait vivre dans la pauvreté” – comment ne pas être d’accord – et il ajoute : “augmenter le salaire minimum est bon pour les travailleurs et bon pour l’économie”. Yay, that easy ! Et en plus il a une solution magique…

La solution magique c’est que le Congrès décide … une augmentation du salaire minimum ; et pof ça enraîne une augmentation du PIB et, pouf, ça crée des milliers de jobs ! Carrément magique l’idéologie d’Obama. Et, sur Twitter, il nous gratifie même une petite infographie toute mignonne pour nous montrer comment ça marche.

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Ce qui est grave évidemment avec cette économie simpliste issue de la nouvelle idéologie socialisante qui semble avoir pris le contrôle des esprit des dirigeants de nos économies occidentales, c’est qu’elle détruit progressivement l’économie de marché (qui marchait) et qu’elle ouvre grand les vannes de l’interventionnisme d’État (qui lui ne marche pas).

Un nouveau “pré-requis” mental : l’interventionnisme Étatique

Le Pape lui même n’échappe pas au nouveau conformisme anti-capitaliste. Sa dernière exhortation aspostolique révêle une ignorance très préoccupante des mécanismes les plus basiques de l’économie de marché. Ignorance telle qu’on a d’ailleurs l’impression que, pour conseiller sa Sainteté, il vaut mieux aujourd’hui être marxiste que spécialiste de droit Canon. (voir la superbe lettre au Pape de Charles Gaves)

Pareil pour conseiller les Présidents des grandes économies occidentales : il faut montrer patte blanche Etatique et relayer les slogans interventionnistes. Comme ceux que multiplie l’économiste-prix Nobel Paul Krugman dans ses prêches dans les colonnes du New York Times. Ou être keynesien patenté, et appeler à multiplier les plans de relance – toujours plus massifs et ruineux et désespérément inefficaces ; Ou être gouverneur de la Federal Reserve — comme Ben Bernanke ou Janet Yellen — et engager des politiques massives de “facilités monétaires” qui promettent, toujours pour demain, le retour à une économie solide…

Une fuite en avant monétaire qui ruine les économies

Outre-Atlantique, ils appellent ces facilités monétaires “quantitative easing” — les fameux “QE” — dont le qualitificatif d’“easing” leur donne un petit côté burette d’huile ou de vaseline qui passe évidemment mieux dans l’opinion publique. Même baptisés “assouplissement quantitatif”, les QE sont une solution de facilité monétaire qui conduira les économies occidentales à la ruine en gonflant des bulles spéculatives qui finiront forcément par nous exploser à la figure.

Outre qu’elles retardent le règlement des vrais problèmes, ces politiques de “QE” s’avèrent surtout inefficaces sur l’économie réelle qui survit ainsi uniquement à coup de perfusions et d’injections monétaires. Si vous arrêtez d’injecter, le malade meurt. Ce qui est d’ailleurs la raison pour laquelle les États continuent d’intervenir. En France, ils ont ainsi augmenté massivement les dépenses — soi-disant pour “relancer l’économie” — et ça n’a pas marché : on n’a toujours pas eu le retour de la croissance mais, en revanche, on a 6 millions de chômeurs ! Si tous les gigantesques plans de relance marchaient, ça se saurait : la croissance repartirait et l’emploi avec. Mais non. Et c’est pour ça qu’aux USA, il y a eu le QE1, puis le QE2, puis le QE3… Et bientôt le QE4 …. Tous temporaires mais qui durent et s’éternisent. Tous justifiés par la nécessité de “relancer” (un peu comme si vous tiriez le starter de votre voiture) mais qui ne relancent finalement pas et qu’il faut donc renouveler inlassablement (ce qui noit le moteur).

Ces politiques ne marchent pas parce que ces interventions étatiques dissimulent et diffèrent ce qui devrait être radicalement réformé — à Washington comme à Paris : tailler dans les dépenses publiques des États mammouths et reconfigurer le périmètre de leurs grosses machines bureaucratiques. C’est la raison pour laquelle ils ne peuvent pas arrêter les QE et les plans de “relance”. Comme le dit souvent Peter Schiff : “une économie qui vit du QE, meurt du QE”. Comme un drogué vivant grâce à sa drogue meurt si on lui retire sa drogue… C’est comme ça, quand la perfusion s’arrête, que les Etats-providence s’effondrent.

La négation idéologique de l’économie de marché et de la libre entreprise 

Le problème, avec cette idéologie socialisante (qui veut que l’État intervienne, réglemente, injecte, redistribue, répartisse…), c’est qu’elle ne tient absolument pas compte des bases même du fonctionnement d’une économie de marché. La libre entreprise ne peut évidemment plus fonctionner dans un système où les décisions économiques se prennent ailleurs – au niveau central – et selon des critères idéologiques et non plus strictement économiques. Le jeu du marché est faussé par les théoriciens de l’« État-providence », par les réglementations centralisées, les manipulations sur la monnaie, les taux d’intéret, les régulations de toutes sortes…

Après avoir installé, avec l’Obamacare, une distortion nationale dans le libre choix de la couverture sociale, voilà que l’administration Obama va décider de la fixation des bas salaires. Soit-disant, encore, pour “créer des milliers d’emplois” !

Depuis le temps que les “autrichiens” nous l’expliquent !

Depuis des décennies, à la suite de Ludwig von Mises et de sa critique théorique du socialisme, des économistes autrichiens ont inlassablement expliqué pourquoi les économies socialistes ne fonctionnaient pas, vouées à l’échec en raison de l’absence des mécanisme de fixation des prix par le marché. On a connu, dans le bloc de l’Est, des économies avec prix administrés de façon centralisée. Prix ou salaires administrés, peu importe, cela n’a jamais marché.

Contrairement à ce que prétendent nos nouveaux économistes, un système de fixation centralisé des bas salaires ne sera jamais aussi efficace que les mécanismes du libre-marché, où l’ajustement des prix et des salaires est fixé — non par les politiques — mais par les acteurs économiques qui décident eux-mêmes du choix des produits et de leurs prix. En fonction d’arbitrages économiques et pas idéologiques. S’il n’y a pas une structure de libre marché pour la fixation des prix, on a l’interventionnisme l’Étatique ou le socialisme – appelez ça comme vous voulez : des choix centralistés, pris dans les bureaux de l’administration.

Grâce à son intervention et à sa redistribution — en se mèlant de tout, en réglementant tout et et financant tout grâce à une pression fiscale massive devenue insoutenable — “L’État Providence” devait apporter à tous le bonheur sur terre… Si ce système interventionniste marchait, on s’en serait rendu compte tout de même ! avec une fiscalité à plus de 50% du PIB – ce système providentiel aurait au moins du nous procurer croissance et emplois. Or on a eu l’inverse : une quasi récession économique, un effondrement du système social, une dette monumentale, et 6 millions de chômeurs et de pauvres gens qui font la queue à Pôle emploi. Magnifique succès de l’interventionnisme d’État ! Le mur de Berlin s’est écroulé pour moins que ça.

Plutôt commencer avec un emploi mal payé que pas d’emploi du tout

L’entreprise est tenue par un calcul simple, portant sur le coût du capital, le coût salarial, le prix de vente du produit… Si le coût du travail s’acroît, l’entreprise est contrainte d’ajuster les prix à la hausse. Mais comme il y a la compétition commerciale, si le produit est devenu trop cher, il ne se vend plus et l’usine dépose son bilan et envoie ses salariés à Pôle emploi.

Une augmentation légale et généralisée des salaires du bas de l’échelle peut soit dissuader l’embauche de personnes peu qualifiées, soit conduire à la remplacer carrément par une machine : une caissière par des scanners électroniques par exemple…

Le plus grave dans cette affaire, c’est que le vrai problème de nos économies en crise c’est de remettre le pied à l’étrier à des millions de chômeurs pour leur permettre de montrer la première marche du retour à l’emploi. Commencer bas, mais être embauché pour monter ensuite semble plus urgent qu’exiger que la personne qualifiée soit immédiatement embauchée au niveau de rémunération de la troisième marche de l’escalier… Déjà en France, on a la démonstration que le niveau de salaire minimum est très souvent une barrière à l’entrée sur le marché du travail des jeunes et des travailleurs peu qualifiés.

Ce n’est pas aux Gouvernements de fixer les salaires

Si les Gouvenrements pouvaient, d’un claquement de doigt, fixer un minimum par la loi, ils devraient alors carrément le fixer, pourquoi pas, à 100 euros de l’heure: cela résoudrait tous les problèmes puisque cela crérait, selon leurs théories, des millions d’emploi !

Le vrai problème est que les économies ne marchent pas comme ça. Même si on considère que les minima sociaux sont trop bas, si le coût final du produit se renchérit, il ne se vend plus. Fin de l’histoire. Ce ne sont pas les Parlements qui vendent les produits sur les marchés compétitifs mais les entreprises. Les prix et les salaires ne s’ajustent pas selon les desiderata des politiciens. Les produits sont compétitifs et leurs prix passent la douane ou non : ça passe ou ça casse ; Les produits passent aux caisses enregistreuses ou l’entreprise dépose son bilan. Aussi simple que ça.

Et, pour le travailleur non qualifié, peut-être vaut-il mieux au final avoir un emploi plutôt mal rémunéré pendant un temps, que pas d’emploi du tout. Mais la pensée socialisante actuelle considère qu’ils savent mieux gérer les entreprises que les chefs d’entreprises. On voit qu’ils n’ont pas mis leur nez dans un compte d’exploitation ! Vivant de leurs droits acquis sous le régime protecteur du statut de la Fonction publique, ils ne comprennent pas la concurrence. Il suffit d’avoir vendu un produit un jour dans sa vie — fût-ce que sur eBay — pour comprendre que si votre produit est trop cher sur le marché, vous pouvez vous le garder !

Finalement pourquoi est ce que je vous raconte tout ça ?

En France, après tout, on a déjà un système de SMIC. Et c’est d’ailleurs peut-être parce qu’on est la lumière du monde que Barak Obama souhaite aller dans la même direction et instaurer également aux USA un système de minimum légal. Ils essayent aussi de l’imposer à l’Allemagne qui, jusqu’à preuve du contraire, s’en sort plutôt beaucoup mieux que nous. Angela Merkel a eu a affronter récemment ce débat sur le salaire minimum légal généralisé. Elle n’est évidemment pas favorable à l’intervention du législateur et préférerait des négociations par branches. Pas folle Angela.

Mais que voulez-vous, la pensée socialisante ambiante se répand comme la peste et ce que vous ne comprenez pas, mes chers amis, c’est que — même si le système de fixation des prix dans une économie concurrentielle, ou des notions simples comme l’utilité marginale, ne sont pas dans leur logiciel idéologique — c’est évidemment Obama qui aura raison ! Car son truc à lui c’est la popularité. Et donc il dit sur Twitter ce que tout le monde veut entendre pour montrer qu’ils ont bon cœur : “Aucune personne travaillant à plein temps aux États-Unis ne devrait vivre dans la pauvreté” — Evidemment une formule comme ça ne peut que faire fureur, car comment ne pas être d’accord ! Mais le problème est que son système ne va pas créer des emplois mais les détruire. Et d’ailleurs — puisque son idée est tellement géniale — on se demande pourquoi Obama n’a pas demandé aux constructeurs automobiles d’Détroit augmenter les minimas sociaux puisque ça aurait permis de créer des milliers d’emplois à Detroit ? Alors que vous savez que la plus grande ville américaine a été déclarée en faillite avec 18 milliards de dollars de dettes accumulées. Trop bête n’est ce pas !

Obama risque de donner une idée à Hollande

Comme la croissance est en berne et comme il n’arrive pas à inverser les courbes du chômage, Hollande risque de se dire : “Mais le truc d’Obama c’est génial. On augmente le SMIC, on augmente les minima sociaux et hop ça créé des emplois par milliers” ! Avec ses conseillers, il est d’ailleurs peut-être en train de regarder la petite inforgraphie simplissime (que je vous remets sous les yeux) :

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et il va leur dire : “Trop cool ce truc. Vous savez quoi ? Comme on doit revaloriser le SMIC le 1er janvier 2014, on va carrément lui donner un bon petit coup de pouce : les syndicats seront contents, le Front de Gauche se calmera, les pauvres vont se réjouir, et toute la Gauche va applaudir… Et en plus on dira que c’est pour “plus de justice sociale” et la Droite ne pourra pas s’y opposer. Et en plus, d’après l’infographie, je vois que ça va relancer le PIB et la croissance ? Mais c’est que ça va me rapporter des voix ce truc … Wow ! Allez, les gars, faut absolument le faire”.

Voilà ce que je crains le plus quand je vois les petites infographies d’Obama diffusées avec la puissance de la grosse machine de propagande de l’administration américaine sur Twitter et les réseaux sociaux !

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Je m’étais promis de me désabonner du compte d’Obama
Lettre au Pape de Charles Gaves
Le Pape prêcheur marxiste
c’est votre avenir, vous choisissez : capitalisme ou Étatisme ?
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Oui, oui, je sais, vous en avez besoin si vous avez lu jusqu’ici !
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DOLIPRANE

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