Emploi et charges : la logique économique à rebours de l’ENArque François Hollande

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Dans ses vœux aux Français, François Hollande a enchaîné plusieurs phrases sur lesquelles j’aimerais revenir un instant. Car elles montrent qu’il n’a toujours pas bien compris les mécanismes économiques de base du fonctionnement d’une entreprise ou les lois de la concurrence sur les marchés. Découvrant manifestement sa pensée sur un téléprompteur

il a dit successivement :

“Les impôts sont devenus lourds, trop lourds, à force de s’accumuler depuis de nombreuses années”.

“En 2013, le chômage est resté à un niveau encore élevé”.

avant d’ajouter :

“C’est pourquoi je propose un pacte de responsabilité aux entreprises…” (moins de charges sur le travail, moins de contraintes et, “en contrepartie”, plus d’embauches).

*

C’est toujours la même pensée chez une personne formée à l’ENA qui n’a jamais mis les pieds dans une entreprise : son idéologie anticapitaliste lui fait bien sentir qu’il y a quelque chose qui cloche (“on assome les entreprises de charges et – tiens, comme c’est bizarre – ça crée du chômage”)…

Mais alors que vous et moi nous dirions immédiatement : “alors baissons les charges et les contraintes”, un ENArque se contortionne le cerveau, invente un “dispositif” ingénieux et pense : “continuons à assomer les entreprises MAIS mettons en place une usine à gaz liant la baisse des charges au volume d’embauches. “En contrepartie” de quoi ces foutues entreprises vont finir par embaucher !”

La pensée du “en contrepartie”…

Ce que François Hollande n’a toujours pas vraiment compris, c’est que les entreprises n’embauchent pas parce qu’elles attendent que l’État leur donne un petit su-sucre d’aide. Les entreprises embauchent quand elles ont des produits qui se vendent à des coûts compétitifs sur des marchés très concurrentiels. Quand elles ont une visibilité à moyen terme sur la fiscalité qui leur tombera dessus. Elles n’embauchent pas pour faire plaisir à un Président qui veut infléchir les courbes du chômage ou remonter dans les sondages. Les entreprises embauchent quand elles voient qu’un marché s’ouvre, qu’il y a des perspetctives de croissance, et que ça va leur permettre de se développer, de vendre davantage et de distribuer plus de richesse à ses salariés…

Aucune entreprise n’embauche “en contrepartie” de quelque chose, que ce soit une réduction de la paperasse ou une baisse des cotisations ou que augmentation des “aides” (il existe déjà plus de 7000 aides différentes aux entreprises !)

*

On l’avait d’ailleurs déjà vérifié avec le CICE (le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) qui équivalait, lui aussi, à une baisse de cotisations sociales “en contrepartie” d’embauches. Tous ces trucs ne sont d’ailleurs pas gratuits : le CICE était financé — nous affirmait l’État — “pour moitié par des économies en dépenses qui devaient résulter de la modernisation de l’action publique” (réductions qui ne seront évidemment jamais faites) “et pour moitié par des recettes nouvelles” ! Ah tiens, des “recettes nouvelles” ! Donc encore des dispositifs usines à gaz couteuses qui ne créent pas d’emploi.

Qu’ils laissent donc les entrepreneurs entreprendre !

Il faudrait juste que l’État arrête enfin de vouloir tout piloter ! Je vous ai fait un petit dessin qu’ils auraient du mettre sur le téléprompteur :

DANS UN SYSTEME DE LIBRE ENTREPRISE, les chefs d’entreprise doivent calculer précisément le prix de vente de leurs produits et services, pour pouvoir les mettre sur le marché à des prix compétitifs, dégager un excédent commercial, augmenter la richesse nationale, embaucher des salariés … Quand elles ne croulent pas sous les charges, les entreprises Françaises peuvent se battre à armes égales avec leurs concurrentes étrangères et affronter la concurrence qui fait rage sur les marchés intrernationaux… Pendant des décennies, ce système a marché, produit de la richesse et permis de créer des emplois…

Capit_Hollande_B

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DANS UN SYSTEME INTERVENTIONNISTE, l’État sait tout mieux que tout le monde. Du haut de leurs bureaux parisiens, des ministres multiplient les impôts et prétendent dire aux entreprises ce qu’elles doivent faire, produire, vendre, quand et comment elles doivent embaucher, le montant des salaires ou du SMIC, la durée du travail, le montant de leur rémunération etc… Les chefs d’entreprise — qui n’ont pas fait l’ENA — ne savent évidemment pas ce que savent les Montebourg, les Ségolène Royal, les Fleur Pellerin… Ils essayent juste d’épargner Pôle emploi à leurs salariés, et à survivre à l’accroissement permanent des charges et des taxes, aux changements incessants des règles fiscales, à la multiplication des formalités, à la complexité cauchemardesque du Code du Travail ou à l’inflation des types de contrats de travail imaginés dans les bureaux ministériels… Le résultat est simple : plus de plus de 5,8 millions de chômeurs. Relisez ici les deux phrases que F. Hollande découvrait sur son téléprompteur. Et essayez de comprendre ce que lui n’a toujours pas compris !

“Les impôts sont devenus lourds, trop lourds, à force de s’accumuler depuis de nombreuses années. En 2013, le chômage est resté à un niveau encore élevé”.

Capit_Hollande_C
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Comment se décomposent les chiffres officiels de nov. 2013 :
3 293 000 chômeurs de catégorie A. Chiffre auxquel il faut ajouter les 1 583 100 chômeurs de catég B et C : soit un nouveau total de 4 876 100 chômeurs (catég A, B et C métropole). Chiffre auquel il faut encore ajouter les DOM), soit un nouveau total de 5 174 300 chômeurs de catégories A, B, C — chiffre auquel il faut encore ajouter 659 900 chômeurs de catégorie D et E pour la seule France métropolitaine (ils ne donnent pas les chiffres avec les DOM)… ce qui nous fait un total de plus de 5,8 millions de chômeurs. (chiffre officiel de novembre dont le Gouvernement ne parle jamais, se contentant de nous parler des seuls chômeurs de la “catégorie A”).

La courbe des prochaines émeutes urbaine

L’anticapitalisme
Ces ministres qui n’ont jamais dirigé une entreprise !
La poule capitaliste et le mécanisme de la création de richesse
Du capitalisme performant à la faillite de l’État-Providence en 3 images
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La culture anticapitaliste de ce pays est tout simplement terrifiante !
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Le problème avec l’État-providence c’est quand la perfusion s’arrête !
La mort du sale rat de capitaliste racontée aux petits enfants

7 responses to “Emploi et charges : la logique économique à rebours de l’ENArque François Hollande

  1. Thierry Mitchell

    Les salaires que paye une entreprise sont “complets” c’est à dire qu’ils incluent en plus du salaire net, toutes les charges (salariale et patronales).
    Si la contrepartie d’une baisse de charge sur les salaires existants sont des embauches et qu’effectivement l’activité n’évolue pas parce que le contexte n’est pas favorable (sic!), les coûts ne baisseront pas à CA équivalent voire risquent d’augmenter si le ratio => salaire des nouveaux embauchés en objectif/baisse de charges effectives est supérieur à 1
    On en revient toujours au même postulat politocard : “hors de question de lâcher du lest, de changer de paradigme, tout ce que je lâche d’un côté je le reprends aussitôt de l’autre en argent et en contrainte réglementaire”
    L’homme qui rentre en politique est attiré par le pouvoir et la facilité (d’ou l’intérêt de strictement contrôler son action et de la limiter de manière absolue) ce qui ne devrait pas empêcher un certains pragmatisme (ne pas nuire à ses intérêts de moyen terme, ne pas se mettre en danger, etc.)
    Cette “nouvelle” génération de politiciens (celle née après 1945) est inconsciente (elle a grandie comme nous tous dans un environnement qui semblait immuable et sûr) et a perdue cette notion du danger (que connaissait d’expérience les plus anciens) et crois (sans l’avoir conscientisé très probablement, ils n’ont pas d’imagination :-) ) que rien ne prête à conséquence pour leur petite personne d’où cette débauche de projets débiles, ils jouent au Monopoly! Quand on perd on range la boîte jusqu’a la prochaine fois!
    Certains découvriront qu’il n’y a pas que les dictateurs du moyen orient qui peuvent finir cachés dans un égout et se retrouver livrés aux fourches de la foule!

  2. Christian

    Il est à craindre que ces ” brillantes Zélites énarchiques “, surtout obstinément dogmatiques, formées par des maîtres pervers, ne puissent en aucun cas remettre en cause la qualité de leur formation. C’est écrit dans le livre donc cela est immuablement vrai. Hors du dogme, point de salut, moi seul ai compris et dans ma grande générosité je suis prêt à donner ma personne à la France. Si je ne suis pas suivi, c’est qu’ils sont ingrats.
    Et c’est comme ça que la promotion Voltaire nous conduit, fière comme Artaban, vers une catastrophe largement prévisible, sans le moindre état d’âme.
    Jamais ils n’apprendront à remettre en causes leurs erreurs… mais où sont les Maîtres d’antan ?

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  4. Pingback: Emploi et charges : la logique économique à rebours de l’Énarchie | gold is money

  5. ContrelRdutemps

    Etre ou ne pas être interventionniste : tel est la vraie question ?
    Les sphères politiques, administratives, syndicales pour des raisons existentielles, sont naturellement interventionnistes … et, en France, ces sphères sont quantitativement et qualitativement très présentes -même au sein des entreprises dont beaucoup sont d’ailleurs publiques (avec + de 50% de K public y compris de banques publiques) !

    F. HOLLANDE a fait l’ENA … tout comme quelques très bons chefs d’entreprises totalement privées qui réussissent … il a également fait HEC qui devrait permettre de comprendre l’entreprise et d’où sont issus des bataillons de chefs d’entreprises ! Alors pourquoi pas un titre “Emploi et Charges : la logique à rebours de l’H (OLLAND) EC ?
    Alors arrêtez de stigmatiser l’ENA et la logique économique à rebours de l’Enarchie !
    C’est trop facile … cela tient d’un discours démagogique qui flatte les préjugés du plus grand nombre … au même titre que le discours … interventionniste !

    Quant à la réponse à la vraie question ? La mienne est clairement “Ne pas être interventionniste” … pourtant j’ai été élève de la promotion Diderot à l’ENA … dois-je m’en excuser ?

  6. legros

    tout ce que hollande anticipe.et sa carrière et le cumul de mandats.?plus vous avez de mandats..plus vous aurez de retraites.?voila ce quils apprenne a l’ena.?avec son ex la royale qui et aussi énarque pourrie mafieuse.?comme tous ses énarques qui nous degoute.?

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