Les Français adorent l’État et raffolent de politique ! C’est pour ça qu’on est mal !

cerveaux_elections
.
Depuis des décennies, des politiciens avides de pouvoir ont répété aux Français – qui l’ont cru – que la solution c’était l’État-Providence : qu’il devait intervenir partout, que lui seul pouvait tout faire, qu’il avait les outils, l’argent, bref, qu’il suffisait de créer un ministère pour chaque problème, et hop, c’était réglé – en Conseil des ministres en plus ! Et les Français — qui n’ont pas la moindre culture économique — l’ont cru. En plus, ça les arrangeait : être assisté, voyez-vous, ça n’a pas que des inconvénients :-)

Au fil des années, les Français se sont habitués à être anesthésiés, chlorophormés et assomés avec une idéologie qui, bien sûr, ne pouvait pas marcher. La France aux ressorts brisés est devenue apathique, amorphe, inerte et résignée : attendant tout de l’État et implorant les politiques de les “réenchanter” à coups de slogans débiles du genre “le changement, c’est maintenant” ! C’est ainsi, parait-il, que la croissance promise reviendrait et que les courbes s’inverseraient etc. Les Français attendent tout du scrutin de mars prochain, et espèrent que tout ira mieux le lendemain du vote. Pour ces pauvres somnambules, le réveil sera évidemment cruel et difficile…

Lundi 31 mars au matin — promis, juré, craché — tout aura changé !

Tous les six ans on élit de nouveaux Maires, c’est bien, ça fait vivre la démocratie locale et ça permet d’élire ceux qui vont décider de l’avenir de la commune (action sociale, urbanisme, crèches, foyers de personnes âgées, écoles élémentaires, bibliothèques …). Ce n’est pas rien évidemment, même si je préfère, et de loin, la démocratie Suisse, telle qu’ils la font vivre à grands coups de “votations populaires” plus fréquentes, plus efficaces, plus démocratiques.

Les 23 et 30 mars, on changera donc des têtes dans la plupart de nos 36000 communes… (oui, on a trop de communes, trop d’Etat, trop de ministres, trop de préfectures, trop de régions, trop de tout — mais c’est un autre sujet). Des grandes villes basculeront d’un côté ou de l’autre, des experts de ScPo commenteront les résultats avec gravité, on fera beaucoup de politique — chaque parti assurant qu’il a gagné. On aura de belles infographies en couleur avec une France bleue et rose selon les résultats. Il y aura plein de candidats pour le remaniement annoncé… Ah qu’elles sont belles ces soirées électorales enflammées où les journalistes sont en transe et les politiques fièvreux… Comme toujours, ce sera un grand moment, à la fois pour les médias qui raffolent de ces grands plateaux politiques où tout le monde s’engueule, et pour les Français qui, une fois encore, essayeront de se persuader que, ça y est, tout va enfin changer ! Yay !

Les vrais problèmes ne seront évidemment pas réglés !

La politique c’est bien, même si je pense qu’on a eu notre dose – une overdose même. Ce ne sont pas les maires qui créent la richesse, les entreprises, les emplois ou la croissance…

Ce n’est donc pas parce que l’élection aura eu lieu que, le lundi matin du 31 mars, nos usines fabriqueront des produits qu’on exportera partout dans le monde, que notre balance extérieure sera excédentaire, que les créations d’entreprises repartiront, que les embauches seront massives, que Pôle emploi se videra, que la formation professionelle offrira des débouchés à ceux que les plans sociaux mettent sur le carreau, que les déficits publics se réduiront, que la dette sera remboursée, que les retraites seront assurées, que les problèmes de sécurité ou d’immigration seront réglés… etc.

Tous les problèmes de fond demeureront évidemment au matin du 31 mars. Parce qu’ils sont structurels précisément, et que si les Partis pouvaient les règler, depuis le temps, ça se saurait ! La semaine dernière, rappelez-vous, la Commission européenne a placé la France “sous surveillance renforcée” ? Vous pensez que c’était parce qu’elle avait lu les professions de foi des candidats UMP, PS ou FN ? Non bien sûr: c’est à cause de son manque de compétitivité, d’un coût du travail trop élevé, d’une dette publique qui ne cesse d’enfler, d’un déficit commercial qui ne cesse de se creuser, de la perte continue des parts de marché à l’exportation… Et je ne parle même pas de la faillite de notre système éducatif, du désastre du système de formation professionnelle et de nos délires statutairesgenre intermittents du spectacle…

Des réformes structurelles sans cesse repoussées

Vous entendez beaucoup d’hommes politiques vous proposer des solutions concrêtes ? Non : ils manquent trop de courage pour ça et préfèrent barboter dans la politique, se vautrer dans les affaires, patauger dans les querelles d’ego, en attendant l’éventuel prochain remaniement qui leur offrira les postes si longtemps convoités !

C’est ainsi que, pendant des années, ils ont repoussé sans cesse les réformes indispensables qui auraient sauvé le pays de la ruine. Outre le courage, ces réformes structurelles demandent beaucoup temps, et donc il y a très longtemps qu’il aurait fallu les engager, patiemment. Mais que voulez-vous : la poussière sous le tapis c’est une grande spécialité Française ! Et puis le calendrier des réformes de struture ce n’est pas le calendrier électoral : et leur problème, voyez-vous, c’est d’être réélus ! Pas de sauver la France ! Non mais sincèrement vous pensez quoi là ? Il faut des postes et des petits fours pour tous !

Comme à l’accoutumée, les Français se livrent donc à leur petit jeu favori : la politique, l’idéologie, le militantisme des prospectus … Le PS, l’UMP, le FN, les étiquettes, les candidats, les programmes, les promesses… ils adorent ça. Entendez-moi bien : je ne dis pas que les élections ce n’est pas bien : je dis simplement qu’il faut aussi et surtout régler les problèmes ! Et que pendant des mois ils auront fait comme la cigale de la fable : ils auront parlé des municipales, et puis des européennes, et ensuite ils parleront des Présidentielles, et encore des législatives… C’est sans fin et surtout ça les occupe les médias : avec un peu de football par-ci, et des jeux olympiques par-là, et encore quelques révélations dans les journaux People , ils peuvent arriver à distraire les Français pendant une bonne année.

Le référendum : pied de biche démocratique pour faire aboutir les réformes

Élire d’autres politiciens qui remplaceront d’autres politiciens, ce n’est pas vraiment mon truc. L’urgent, c’est de faire en sorte que les réformes soient enfin engagées et conduites avec détermination. Et ces réformes, justement, ces politiciens n’ont jamais le courage de les prendre à bras le corps !

C’est pourquoi je pense que seule une série de référendums permettra de faire sauter les blocages. Sinon tout restera bloqué et les réformes nécessaires ne se feront jamais. La France continuera à se déchirer et à s’enfoncer comme le Titanic


Avant de voter, méfiez vous…
Méfiez vous des promesses !
Méfiez vous des “objectifs” !
Méfiez vous de la crédulité !

6 responses to “Les Français adorent l’État et raffolent de politique ! C’est pour ça qu’on est mal !

  1. Christian

    Le problème, pour les politiques, étant de faire perdurer le système pour mieux s’en goinfrer (avez vous remarqué l’effrayante surcharge pondérale de beaucoup de nos zélés zélus ?) il est impossible d’espérer les réformes structurelles vitales.
    Imaginez les députés se faire hara-kiri pour réduire leur nombre. Crédible ? Non, à l’évidence.
    Et en prime, aucune chance de pouvoir obtenir du club des parasites (la classe politique actuelle dans son ensemble) le moindre petit référendum.
    Il va vraiment finir par descendre dans la rue !

  2. Je sais que je parle dans le vide, mais je l’ai déjà expliqué mille fois :

    Il suffit d’élire des gens qui — avant qu’on ne vote pour eux — nous diront : ”si vous votez pour nous, nous changerons la loi et rendrons les référendums possibles”. Point final. Et la France deviendra, sinon la Suisse, du moins une démocratie vivante, où le Peuple Souverain sera sollicité fréquemment et régulièrement sur les grands sujets lors de “votations populaires”.
    Je l’ai notamment expliqué ici

  3. Christian

    Mais comment être certain que, comme tous ceux qui les ont précédé, ces nouveaux élus ne vont pas s’installer confortablement dans les ors de la ripoublique, s’y vautrer et se moquer de nous, la plèbe électrice ?
    Comme disent les jeunes, ça craint grave !
    Ce qui ne m’empêche pas de chercher une solution.

  4. Patrice

    ”si vous votez pour nous, nous changerons la loi et rendrons les référendums possibles”. Encore une promesse qui ne sera jamais tenue…

    • Christian37

      Comme en Suisse “la votation”, Halte stop ! Y en a marre de l’étatisme ambiant, marre de ces politicards blanc bonnet = bonnet blanc je te tiens tu me tiens par la barbichette mais…tous en coeur les mains dans la confiture !

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: