L’État ne fera malheureusement jamais sa “Nuit du 4 août” !

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Hier, au Conseil des ministres, Manuel Valls a finalement annoncé son plan “d’économies” de 50 milliards… Au même moment — comme vous sans doute — je recevais mon avis d’imposition. Je me suis donc dit : “Chic, ils vont enfin dégraisser le mammouth et réduire le périmètre de l’État qui nous écrase sous son poids”… Eh bien j’avais encore tout faux: il n’y aura pas de “Nuit du 4 août” pour l’État, ni de plan d’économies structurelles. Ils feront juste de la Com’… repousseront les solutions courageuses à plus tard… Jusqu’à ce que les ressorts de la France se cassent sous le poids du mammouth et que les Français s’écroulent sous la charge d’un État-Providence en faillite et ruiné.

À en juger par le détail des mesures annoncées, on comprend très vite deux choses très simples :

• d’abord le chiffre de “50” milliards n’est qu’un “déclic mnémotechnique” inventé pour frapper l’opinion : ce n’est pas une évaluation comptable précise (tous les observateurs s’accordent à souligner le vague étonnant des “grandes masses” citées par Valls) ; C’est juste un “chiffre rond” construit artificiellement à des fins publicitaires par les équipes de Com’ de Matignon. On est en pleine communication politique — pas dans le monde réel ou comptable.

• d’autre part il ne s’agit pas de réformes structurelles mais seulement “d’intentions d’économies” et d’un “gel temporaire” de dépenses. Donc pas de vraies économies durables liées à une transformation en profondeur de l’État. Pas de “Nuit du 4 août” pour l’État : ils n’envisagent toujours pas de dégraisser le mammouth qui finira donc par écraser les Français en s’affaissant sous son propre poids.

Une incapacité idéologique à réduire le poids de l’État

Tous ces gens n’ont jamais travaillé dans des entreprises dont ils ignorent totalement les ressorts. Ils sont nés dans l’État, ils ont biberonné à l’État et ils vivent de l’État. Donc ne comptez pas sur eux pour engager des réformes structurelles qui l’allégeraient en redonnant de la liberté à l’économie et de l’air à la Société.

Ils préfèreront toujours écraser les Francais d’impôts pour sauver leurs postes plutôt qu’alléger l’État en dégraissant le mammouth. Ils préfèreront casser les ressorts de la croissance plutot que faire des réformes structurelles qui signifieraient la fin de leurs carrières ministérielles.

En fait, ils sont dans l’incapacité mentale de réduire le poids de l’État car ils sont dominés par une culture idéologique de la dépense publique, une frénésie de l’intervention Étatique, et une volonté furieuse de “changer la société” et de modifier les comportements pour vous forcer à vivre comme leur idéologie en a décidé (famille, éducation, genre etc).

Tout le monde voit bien que l’État est en train de tuer la France et les Français sous le poids des impôts, des taxes et de la paperasse. Tout le monde voit bien que le “modèle Français” est en train de s’effondrer et que l’État-Providence est en faillite. Tout le monde voit bien qu’il faudrait en réduire le périmètre, l’alléger… Mais ceux qui sont actuellement aux commandes ne voient rien : ils restent d’incorrigibles Étatistes qui ne réduiront jamais leur champ de manœuvre : l’État c’est eux — donc zone gardée : pas touche ! Donc aucun espoir. Il faudra attendre l’effondrement pour qu’ils comprennent enfin, mais trop tard.

Pas de réformes structurelles, juste des “intentions d’économies”

Selon Matignon, les “économies” se décomposent ainsi : 18 milliards pour l’État, 11 milliards pour les collectivités territoriales, 10 milliards sur les dépenses de santé et 11 milliards sur les autres dépenses de Sécurité sociale.

Laissons de côté les mesures concernant les “collectivités locales” — (repoussées à la réforme lointaine et incertaine du légendaire “mille-feuilles”). Laissons également de côté, pour l’instant, les 21 milliards sur la Santé et la Sécurité sociale (qui nous concernent pourtant vous et moi). Et regardons surtout les prétendues “économies de l’État” à hauteur de 18 milliards.

(1) – Le “gel du point d’indice des fonctionnaires”. Ce n’est clairement pas une réforme de structure de l’État. Et Valls s’est d’ailleurs aussitôt empressé de préciser que “les règles d’avancement dans la fonction publique demeurent inchangées” … Il ne faut en effet pas provoquer les fonctionnaires et risquer de les faire descendre dans la rue… Et ils ne “gèlent pas” le salaire des fonctionnaires… mais “pérennisent le gel du point d’indice” : ce n’est pas subtil ça ? – vous savez que la Com’Gouv’ c’est tout un art … En tout cas pas une réforme structurelle de l’État. Donc dès que ce sera “dégelé”, ça repartira de plus belle.

(2) – La “rationalistation des agences de l’État” … Peut-on être plus vague que cela ? Connaissant l’efficacité légendaire de ces “agences de l’État”, il ne faut évidemment pas attendre le moindre centime d’économie de cette prétendue “rationalisation” à laquelle échappe évidemment “Pôle emploi” (alors qu’il a échoué et qu’il faudrait le reconstruire de fond en comble)… S’ils voulaient vraiment engager une réforme structurelle de l’État, ils nous communiqueraient juste la liste détaillée des agences qu’ils suppriment. C’est par là qu’il faut commencer les économies – avant de taper dans les prestations des Français qui travaillent. On ne demande rien d’autre que cette fameuse liste

(3) – “Des efforts sur leurs dépenses de fonctionnement devront être faits”… Je ne sais pas si vous connaissez le sens de l’usage du “futur du verbe” dans le jargon Gouvernemental — que je connais très bien pour l’avoir pratiqué assidument — mais je peux vous dire que lorsqu’ils disent que les effectifs “seront” réduits ou que les dépenses “devront” être faites, ça veut dire que rien ne sera fait. Le présent du verbe c’est l’action : c’est “je fais” ; le futur du verbe c’est “je ferai” …demain… plus tard … un jour… peut-être. Il y une grande nuance. Mais ils sont très habiles : c’est comme lorsqu’ils “fixent des objectifs”

(4) – La “mutualisation des fonctions support et la maîtrise des dépenses immobilières”… J’espère que vous avez noté la précision comptable. Rendez-vous compte : ils vont faire des milliards d’économies en “mutualisant des fonctions support”… Traduction en Français de la rue : aucune économie ne sera faite !

(5) – Les effectifs des ministères “continueront de diminuer”… (sauf dans l’éducation nationale). Même remarque sur l’usage du “futur du verbe” dans le jargon Gouvernemental : les effectifs “continueront” de diminuer … Ils aiment décidément bien le futur du verbe à Matignon !

Pas d’économies structurelles

Ce qui a été annoncé n’est évidemment pas un plan d’économies structurelles liées à une réforme en profondeur de l’État, de son périmètre et de ses missions. Ce sont seulement des “intentions” de réduction temporaires de dépenses. Décaler la revalorisation des pensions ou geler temporairement le barème des fonctionnaires, ce n’est pas faire des réformes structurelles, destinées à moderniser l’État ou rationaliser l’action publique de façon durable et pérenne. “Geler” une dépenses, c’est juste la différer en renvoyant les vraies réformes à plus tard, à demain ou à la fin du quinquennat…

Ces gens ne pensent en fait qu’à se faire réélire ; ils ne peuvent donc pas préparer le futur ni surtout réduire le poids d’un État-providence-en-faillite qui est pour la France un boulet que nos partenaires et concurrents n’ont pas. Au lieu de le réduire progressivement, ils vont tout faire pour le maintenir car c’est leurs vies, leurs carrières, leur unique pouvoir…

Réduire le boulet qui écrase les Français ce serait notamment :

limiter le périmètre de l’État (à des missions limitées mais assurées efficacement)
dégraisser l’État-mammouth (qui coûte trop cher en impôts)
diminuer le nombre des ministères (et pas seulement le nombre des ministres), toutes ces bastilles bureaucratiques ruineuses qui prétendent gérer la totalité de nos vie et sont en réalité des gouffres à impôts.
dynamiter toutes les commissions Théodule (tous ces placards dorés innombrables qui gangrennent la République et l’étouffent sous la lustrine)
supprimer les statuts protecteurs et les avantages indus (des Parlementaires, des politiques, de la fonction publique etc)
diminuer toutes les subventions aux “clientèles” électorales”
diminuer le nombre de bénéficiaires de “petits fours”
supprimer les avantages liés aux saucisses de cocktail
sabrer les crédits de propagande des Ministres (qui continuent de s’imaginer que l’argent des contribuables est à leur disposition et qu’ils peuvent l’utiliser à leur guise au gré de leur idéologie.

Mais quand accepteront-ils enfin de faire eux aussi des économies ?

Vous pensez peut-être que les ministres auraient à cœur de participer à l’effort d’économie en renonçant à toutes leurs initiatives fastueuses ? Eh bien non : tous continuent imperturbablement à multiplier les plate-formes coûteuses, les sites internet servant à diffuser leur propagande. Ces sites ne sont évidemment pas gratuits : c’est vous qui les payez. Mais n’attendez pas des ministres qu’ils fassent des économies : vos impôts c’est l’argent de poche de leurs relations publiques.
Najat_B_site

Le Premier ministre serait bien inspiré …
• AVANT de s’en prendre à la protection sociale des Français
• AVANT de géler les retraites
• AVANT de s’en prendre aux prestations sociales (qui ne seront “pas revalorisées pendant un an”…)
• AVANT de s’en prendre au complément familial et à l’allocation de soutien familial (qui seront “décalés” d’une année)…
…de s’attaquer d’abord à la gabegie et aux gaspillages de l’État ! Et de demander d’abord à tous ses ministres d’arrêter de dépenser sans compter : dans tous ces trucs de propagande, toutes ces manifestions, toutes ces affiches, tous ces panneaux, tous ces colloques, tous ces sites, toutes ces conférences… Car c’est le contribuables qui les paie.

Aurelie_B

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Et il n’y a évidemment pas qu’Aurélie Filippetti ou Najat Belkacem: chaque ministre fait pareil et en abuse sans vergogne. Quand vous savez que dans les centres Alzheimer, ils n’ont plus assez d’argent pour changer les draps ou que dans les hôpitaux les infimières sont mal payées, vous avez envie d’hurler comme moi de voir la vanité dérisoire de tous ces ministres dans leurs palais dorés dépenser sans compter l’argent du contribuable.

*

Il aurait évidemment fallu que Manuel Valls annonce hier non pas une une réduction des prestations (qui ne sont d’ailleurs que la contrepartie de cotisations payées par les Français sur leur feuilles de paye) mais une réduction drastique des dépenses des ministres et surtout une diminution du poids et du rôle de l’État.

AVANT de faire des “économies” sur le dos des Français :

qu’ils commencent d’abord par se mettre eux à la diète !
qu’ils commencent par réduire leur train de vie et celui de l’État !
qu’ils commencent par mettre un terme à la gabegie financière que dénonce inlassablement la Cour des Comptes depuis des années sans le moindre écho dans les sphères gouvernementales;

La France n’a pas de chance

La France a la malchance d’être gouvernée par des idéologues Étatistes. Ils ne se font pas, comme le Général de Gaulle, “une certaine idée de la France” ambitieuse et courageuse … Leur programme, c’est juste de rester au pouvoir pour y occuper les postes, pousser et subventionner les projets qui vont dans le sens de leur idéologie, et profiter au maximum des sommes que les contribuables sont contraints de mettre à leur disposition pour financer leurs initiatives funestes…

Nos impôts, en fait, c’est leur argent de poche. Ils feront donc tout pour rester là où ils sont et l’État ne fera pas sa “Nuit du 4 août”. Mais il se pourrait bien que le Peuple excédé se rappelle à leur bon souvenir. Peut-être plus rapidement qu’ils ne le pensent…

Quand l’Etat-Providence s’échouera…
Quand la perfusion de l’Etat s’arrêtera…
beige

9 responses to “L’État ne fera malheureusement jamais sa “Nuit du 4 août” !

  1. La nécessité de nous séparer (avec grands regrets) d’un à deux millions de fonctionnaires et “collatéraux” hormis “régaliens” sur une dizaine voire quinzaine d’années, aurait du être prise depuis longtemps, chaque jour passé nous entraîne vers le gouffre.

  2. Thierry Mitchell

    Puisque ces mystères nous dépassent feignons d’en être l’organisateur
    Le malheur de la France viens d’un état d’esprit général qui atteint aussi notre classe politique ,très médiocre au sens étymologique du terme, qui porte à croire (rêver?) aux français qu’il y a un moyen de changer sans douleur…
    Ce postulat (faux) posé, il ne reste plus qu’a tourner en rond jusqu’a ce que l’édifice nous tombe à tous dessus
    La révolution française n’est pas venue d’autre chose (rien ne change sous le soleil) et hélas (j’espère me tromper), je crains que lorsque le point de rupture sera franchis il se produira un glissement de terrain qui nous emportera tous
    Les français (dans leur majorité c’est ce qui compte) ne sont pas prêt à abandonner leurs chimères de la “responsabilité c’est l’autre” et de mauvais génies (qui sortiront à ce moment la) sauront exploiter ça, soyez en sûr
    La foule a choisi Barabbas hier, il en sera de même demain!

  3. Christian

    La véritable révolution française, la seule dont nous pouvions réellement être fiers, c’était la nuit du 4 août.

    Même cela, nos politicards malhonnêtes et intéressés oh combien,ont réussi à le polluer lamentablement. Honte à ce pays qui a perdu son âme après avoir jetté son génie aux orties. Lorsque l’on voit les minables qui nous ” gouvernent ” ou plutôt qui gesticulent inutilement devant des médias qui leur servent la soupe…

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  5. Switchie, secrétaire d’Etat !! Très belle synthèse, en voilà de la feuille de route. l’écrasante majorité de nos compatriotes armés le sont pour protéger leur pré carré, ça rappelle le programme d’actions de nos élites que tu as si bien décrit. Ce sera compliqué de descendre les “pieds d’estrade”, comme dirait Dieudo ça commence à faire haut .. En tous cas la suite promet de faire Série, en attendant la vraie crise, la dure. Au plaisir de vous lire

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