L’austérité c’est bon pour les Français, mais jamais pour l’État. Ah bon ?

montebourg_austerite
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On aura donc appris hier que Arnaud Montebourg — notre hélas ministre de l’Économie — aura fait son “ascension annuelle du mont Beuvray”… J’ai de la peine à comprendre comment des journalistes osent penser qu’il puisse s’agir d’une information méritant d’être relayée, mais bon, sachant les médias serviles, soumis et subventionnés, je ne m’étonne plus de rien. Montebourg en a en tout cas profité pour accuser l’Europe d’«organiser l’austérité en Italie, en Espagne, en Grèce, au Portugal, bientôt en France si on ne se méfie pas»… Cette histoire “d’austérité” ne rend littéralement dingue car, depuis des années, tous ces idéologues et politiciens Étatistes s’en servent comme un épouvantail pour effrayer les Français et repousser obstinément les indispensables changements de politiques économiques.

Je ne vais pas y passer des heures, mais en gros ils confondent l’austérité qu’ils ont infligée aux Français en les matraquant d’impôts et l’austérité qu’ils auraient du imposer à l’État depuis des années, sous forme d’une indispensable cure d’amaigrissement ou purge bureaucratique… Mais ces idéologues interventionnistes ne font jamais la moindre distinction et, pour eux, il n’y a donc qu’une seule “austérité” qu’ils disent refuser soit disant pour protéger les Français mais en réalité pour pouvoir continuer à dépenser tranquillement.

Leur logique est sidérante mais — en la faisant relayer soigneusement par des médias serviles — ils ont réussi à la faire avaler aux Français qui l’ont crue, sans se demander s’il n’y avait pas une alternative qu’on leur cacherait.

Les interventionnistes Étatiques n’aiment pas l’austérité

Enfin ils ne l’aiment pas pour eux-mêmes car l’austérité pour les Français pas de problème : ces abrutis de contribuables n’ont qu’à payer les ardoises de l’État qui continue de gaspiller malgré la crise. “L’austérité” c’est pour les Français : hausse des impôts, baisse des retraites, baisse des salaires, baisse des allocations, baisse des prestations, baisse du pouvoir d’achat… Mais l’État, pas touche, c’est sacré, chasse gardée. Même la Cour des Comptes s’y est cassé le nez !

• D’abord, ils assurent que “l’austérité” pour l’Etat c’est horrible — à commencer par le mot lui-même. Remarquez qu’ils ne disent jamais “discipline budgétaire”, ou “maîtrise des dépenses”… Non, car cela laisserait entendre qu’ils pourraient s’appliquer cette rigueur à eux-mêmes dans la gestion de l’État — et cela ils ne le veulent pour rien au monde. L’État est leur terrain de jeu et il n’est pas question d’en réduire le périmètre ! Le mot “austérité” leur sert donc d’épouvantail et suffit à évacuer toute interrogation concernant le poids de l’État. Prononcer le mot “austérité” provoque immédiatement un rejet et une sorte de haut le cœur — un peu comme une cuiller d’huile de foie de morue qu’on proposerait comme remède. Pouah ! l’austérité c’est bon pour les Français mais évidemment pas pour l’État !

• Ensuite, ils confirment que ”l’austérité” ce serait “la fin des services publics” Ils fabriquent un beau chantage et disent aux Français : que préférez vous ? L’austérité (imposée par l’Europe) ou le maintien des services publics “auquels-vous-êtes-tellement-attachés” …Et — forcément — les Français répondent qu’ils préfèrent les services publics. Sans chercher à comprendre qu’il y a une grande différence entre payer des impôts pour financer les dépenses liées aux “services publics” d’une part ; et payer les ardoises de la grande “bureaucratie ministérielle d’État” d’autre part. C’est évidemment cette dernière qu’il faut en priorité tronçonner et découper à la hache pour faire des économies !

Deux sortes “d’austérités”

Il y a donc bien deux sortes “d’austérités” très différentes : celle qu’il faut évidemment combattre qui est celle que l’État inflige indûment aux contribuables sous forme de matraquage fiscal parce qu’il refuse de réduire son train de vie et ses gaspillages. Et celle qu’il faudrait imposer de toute urgence à l’État — appelons-la “cure d’austérité” — pour qu’il réduise enfin son périmètre, son emprise et ses dépenses, réduisant d’autant les recettes nécessaires pour les financer !

Ce sont évidemment deux choses complètement différentes. Et il faut donc que les gens comme Montebourg arrêtent de dire aux Français que faire des économies budgétaires c’est de “l’austérité” ou que ça entraînera la fermeture des services publics. C’est idiot, contreproductif et ça bloque toute possibilité de réforme. Donc commençons par faire les choses dans l’ordre : d’abord réduire massivement les dépenses et les gaspillages de l’État (ce qui réduira ipso-facto et immédiatement les recettes corresponsantes qui saignent les Français). Supprimons en priorité les dépenses et les gaspillages condamnés par la Cour des Comptes et supprimons tous les organismes-bidon de la grande lustrine administrative. On verra ensuite comment on peut aller plus loin. Mais que Montebourg arrête de faire peur aux Français en leur visant croire que la discipline budgétaire ou la maîtrise des dépenses de l’État c’est de “l’austérité” qui entraînerait la fermeture des services publics. Qu’il arrête donc de se faire le chantre de l’anti-austérité : il nous a déjà fait perdre assez de temps et d’emplois !

Tailler dans les Ministères inutiles ce n’est pas de “l’austérité” !

L’État se croit compétent et indispensable et veut s’occuper de tout. Et, naturellement, il le fait de plus en plus mal. Ils prétend gérer nos vies de A à Z et, en échange de cette servitude volontaire, les Français croulent sous les impôts, les taxes, la dette et les formulaires… C’est donc là qu’il faut en priorité faire des économies, pas sur les services publics.

Il y a un Ministre – et un ministère – pour chaque activité. Tenez, je vous redonne rapidement la liste de ce dont ils s’occupent : de la défense, des affaires étrangères, de l’éducation, de la justice – jusque là, bon, je ne dis rien, encore que… – du commerce extérieur, de la santé, du logement, des sports, de l’artisanat, de l’innovation, de la famille, des transports, des droits des femmes, de l’agroalimentaire, du tourisme, de la communication, du commerce, des personnes handicapées, de la recherche, de l’économie sociale et solidaire, des personnes âgées, de la vie associative, de la jeunesse, de l’agriculture, du dialogue social, de la réussite éducative, de l’éducation populaire, de la ville, du redressement productif, de la dépendance, de la culture, de l’économie maritime, de la francophonie, des petites entreprises, des moyennes entreprises, des anciens combattants, du commerce extérieur, de la formation professionnelle, de l’économie numérique….

Vous imaginez l’empilement de fonctionnaires et de bureaux pour surveiller tout ça ? Et ils osent prétendre que réduire le périmètre de l’Etat ce serait de “l’austérité” ? Allons-donc !

Le vrai problème n’est pas d’agiter inlassablement l’épouvantail de “l’austérité” en prétextant que faire des “économies budgétaires entraînerait la fermeture des services publics”. C’est le meilleur moyen de ne rien changer à ce qui plombe la France. Le vrai problème c’est de réduire effectivement les dépenses au lieu d’augmenter les recettes !

Ne pas accepter de réduire le poids de l’État c’est se condamner à laisser croître cette courbe :

dette-publique
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Le pire est que le jour où la dette publique atteindra 100% de la richesse nationale, ils nous diront qu’ils ne savaient pas et ils verseront des larmes de crocodiles !

*

En attendant qu’une météorite pulvérise l’Etat-dinosaure !
Une “Commission de la Hache” pour tailler dans les dépenses
Purger la bureaucratie sans mettre les fonctionnaires dans la rue ?
Dette : les postes où réduire les dépenses.
Hashtag Montebourg
beige

4 responses to “L’austérité c’est bon pour les Français, mais jamais pour l’État. Ah bon ?

  1. fredr31

    Et encore, les frondeurs du PS n’ont pas sévi, vu ce qu’ils proposent ca va dans le bon sens :-(
    – rallumage de la consommation, obtenu en portant le soutien au pouvoir d’achat des ménages à 16,5 milliards (contre 5 milliards prévus actuellement)
    -création de taux réduits de CSG pour les classes moyennes et populaires. Les tranches seraient identiques à celles de l’impôt sur le revenu
    – financement de 300 000 contrats aidés supplémentaires :-((
    – ciblage du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) ou des baisses de cotisations patronales sous condition
    On n’est pas sortis de la panade…

  2. Christian37

    Même Terra Nova dit qu’il est grand temps de réformer l’état. Alors ces pauvres apparatchiks en grimpeurs à deux balles avec leurs belles chemises du dimanche, dehors et vite !

  3. Guillaume_rc

    ” Remarquez qu’ils ne disent jamais “discipline budgétaire”, ou “maîtrise des dépenses””

    C’est même pire : récemment dans un débat télévisé, j’ai entendu une “intellectuelle” Front de Gauche : déclarer “mais à quoi ça sert d’avoir des finances saines ?”
    Quand on entend ça…..

  4. Pingback: Nouveau gouvernement Valls : pourquoi le dernier remaniement n’a aucun intérêt | Contrepoints

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