Les cigales chanteront … jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de grain à moudre !

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La tête enfoncée dans le sable, les autruches qui nous gouvernent sont en plein déni de réalité. La crise est encore là, la croissance ne revient toujours pas, l’État est en faillite et le Gouvernement continue à lâcher sur tous les fronts. Les Français on beau voter pour exprimer leur mécontentement, rien n’y fait : l’État reste sourd et n’engage toujours pas les économies massives et structurelles qui sont pourtant incontournables. Les politiques continuent à se discréditer sur le dérisoire, les médias à parler de football, les cheminots à chômer et les cigales à chanter avant les festivals de l’été au risque de faire exploser tout le système d’assurance chômage … Dans ce déni général de vérité, seule la Cour des Comptes essaye de faire entendre la petit voix de la raison et de la discipline financière et comptable. Le 17 juin, elle a encore dressé un constat alarmant de la situation financière, et proposé une série de mesures pour limiter les dépenses publiques. Mais personne ne l’écoute car — tant qu’il restera encore un peu de grain à moudre — tout le monde continuera à fermer les yeux, préférant continuer mettre la poussière sous le tapis, à “acheter la paix sociale” à crédit, et à reporter à plus tard — lâchement — les réformes indispensables.

L’État, grand “guichet distributeur” d’aides et de prestations …

Depuis des décennies, l’État-providence s’est installé dans sa grande fonction de “guichet distributeur” d’allocations, d’indemnités, de prestations, de primes, d’aides, de subventions…. Et, à part les libéraux qui crient casse-cou, tout le monde s’en félicite : après tout l’État-providence c’est bien fait pour ça non ? Une sorte de gentil Père-Noël Keynesien distribuant généreusement friandises, bonbons et barbapapa: des prestations sociales aux indemnités chômage, en passant par les “primes de Noël”, les allocations logement ou les primes au départ des ROMs (et aussi celles pour ceux qui repartent après être revenus pour toucher la prime)… l’État paye tout et multiplie les droits… Avec lui c’est “happy hours” toute l’année, alors pourquoi se gêner ?

Quelques exemples récents :
• Encore hier, sur les intermittents du spectacle, Valls annoncait que “l’État prendrait intégralement à sa charge” la mesure la plus contestée de l’accord : remplacez “l’État” par “contribuables” et vous comprendrez pourquoi il a tout faux et qu’il ne défend pas l’intérêt général).
• Fin 2013, la fine équipe de Matignon inventait une “allocation jeune”, nouvelle preuve généreuse d’un État-providence déboussolé. Et les gens s’étonne après que les jeunes ne cherchent pas d’emploi.
• Dans sa loi ALUR, dont les décrets d’application ne seront heureusement pas signés, Cécile Duflot avait inventé la garantie “universelle et solidaire” des loyers pour financer les impayés des locataires. Et les gens s’étonnent que les constructions de logements s’effondrent ?
• Ces derniers jours, c’est au tour de Marisol Touraine d’annoncer le “tiers payant généralisé” (qui ne fera qu’achever de déresponsabilise les patients et dévaloriser le coût de la médecine). Et ensuite les gens s’étonnent que les dépenses maladie explosent ? Puisque l’État-providence veut tout prendre en charge et tout payer, il devrait carrément pousser sa logique absurde jusqu’à dire que tout est gratuit !

Tant qu’il y a aura du grain à moudre…

L’État-providence aura finalement mis toute la société sous perfusion. Il aura ponctionné la richesse nationale, aura fait tourner la recette des impôts dans ses grosses machines redistributrices et aura finalement cassé tous les systèmes de responsabilité de la société. Mais tant qu’il y a eu création de richesse, le système a marché : l’État prenait d’une main par les impôts et redistribuait de l’autre main selon ses propres critères (c’est à dire qu’il gaspillait un maximum comme le dénonçait tous les ans la Cour des Comptes). Mais en gros la société était riche et donc les contribuables pouvaient se payer les générosités d’un État keynesien malade de son interventionnisme. Tant que la société a été riche, cela n’a pas posé trop de problèmes : les revenus étaient élevés, l’État ponctionnnait la richesse et intervenait dans tous les domaines pour transfuser au travers de tous ses tubes ministériels et guichets bureaucratiques… C’est la définition même de L’État-providence après tout…

Pendant des décennies, L’État a ainsi vécu de la richesse des autres et — du haut de sa grande bureaucratie pleine de petits inspecteurs du fisc — il a redistribué plus de 58% du PIB en allocations, subventions, aides, indemnités, avantages et prestations diverses… Élu grâce aux clientèles qu’il arrosait, il a continué à prélever sur ceux qui avaient créé cette richesse et gagné cet argent (vous savez, les sales riches, les sales capitalistes, les sales patrons que Montebourg injurie du matin au soir, ces sales entreprises qui exploitent les travailleurs etc…).

Bientôt plus de blé dans les sillos à grain de L’État

Pour faire rentrer l’argent dans ses caisses, l’État-providence aura matraqué tout le monde : avec des impôts sur les bénéfices, et des impôts sur les plus-values, et des impôts sur le capital, et des impôts sur les maisons, et sur les revenus, et sur la fortune, et des taxes et des prélèvements sur tout et n’importe quoi…

L’oppression fiscale prenait évidemment prétexte de la “justice sociale” et surtout de préservation de la “paix sociale”, à grands coups de subventions aux syncicats, subventions aux clientèles, subventions aux médias, aides à l’immigration, achat de la paix sociale dans les quartiers par la ruineuse politique de la ville etc…). Tout cela, évidemment, coûte très cher et quand le ras-le-bol fiscal est atteint et que les impôts ne rentrent plus, si on ne veut toujours pas réduire les dépenses, il faut accroître la dette, de façon abyssale. On plombe alors non plus les contribuables d’aujourd’hui mais les générations futures sous les pieds desquels on place de véritables bombes à retardement…

La spirale de la ruine

Il fallait évidemment être aveuglé par l’idéologie d’un État omniprésent pour ne pas comprendre que son interventionnisme ruineux allait briser l’initiative et compromettre la création de richesse.

Le matraquage fiscal aura atteint des niveaux confiscatoires : 46,2 % du PIB en 2013, soit, comme l’indique la Cour des Comptes dans son dernier rapport, le plus haut niveau jamais atteint en France depuis que ce taux des prélèvements obligatoires est mesuré.

La croissance aura aussi été brisée : 0,3% seulement en 2013. Ce n’est pas avec cette richesse là qu’on peut financer toutes les dépenses de l’État. L’outil industriel se sera donc affaissé, des pans entiers de l’industrie tous secteurs confondus se seront effondrés, les échanges auront enregistré le déficit massif de 41 Md€ du commerce extérieuren 2013, les plans sociaux se seront multipliés, le nombre des chômeurs n’aura cessé d’augmenter, et même les recettes fiscales ont du mal à “rentrer” ….

Voyant que les impôts ne rentraient plus et que le matraquage fiscal avait atteint le seuil d’alerte, l’État aurait du économiser massivement : il a au contraire atteint le niveau record de dépenses publiques de 57,4 % du PIB en 2013, soit, comme l’indique la Cour des Comptes dans son dernier rapport, le niveau le plus élevé rapporté au PIB, depuis plus de 50 ans…

Quand on a des recettes qui ne rentrent plus et qu’on refuse de baisser les dépenses, il ne reste évidemment plus que la dette. Fin 2013, l’endettement public aura atteint 94,1 % du PIB. Et le pire est que la Cour des Comptes nous dit que cette dette publique va continuer de grimper pour dépasser les 2.000 milliards fin 2014. 2000 milliards et Valls ne réagit toujours pas et lâche encore du lest sur les intermittents ? On hallucine.

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(chiffres publiés par la Cour des Comptes dans son rapport du 17 juin 2014)

Comparons maintenant, à titre d’exemple, la dette publique Allemande et Française comme le fait la Cour des Comptes dans son dernier rapport. En 2013, alors que la dette publique en Allemagne diminuait de 2,6 points de PIB, elle augmentait en France de 3,2 points. Fin 2013, la dette publique de la France se situait pour la première fois au-dessus de la moyenne tant de la zone Euro que de l’Union européenne. Depuis 2010 — année où les dettes française et allemande étaient d’un niveau comparable en pourcentage du PIB — l’endettement public de la France a suivi une évolution divergente de celui de l’Allemagne : l’écart atteint désormais 15,1 points de PIB en faveur de l’Allemagne en 2013. Et Valls ne réagit toujours pas, et Hollande organise des soirée-TV à l’Elysée pour regarder les matches de foot… On hallucine.

On est à la veille d’une grave crise des finances publiques

Ceux qui croient que l’État-providence et le “modèle Français” vont continuer de marcher éternellement sont évidemment d’une incrédulité sans borne (et surtout d’une inculture économique tragique). Mais quand ouvriront-ils les yeux et prendront-ils enfin le taureau par les cornes ?

Le “modèle Français” est un système non sulement tiré par la dépense publique, mais par une dépense publique financée à crédit. Il faudrait tout repenser à l’envers pour recréer les bases d’une société de production — et pas d’une société tirée par la consommation à coup d’allocations ou d’assisanat financés par à crédit par la dette. L’ampleur des remises en cause est évidemment immense.

L’illusion de prospérité s’achève…

Pendant des décennies, la dépense publique aura alimenté la consommation, donnant l’illusion d’une certaine prospérité. C’est évidemment l’inverse qu’il fallait faire : reconstruire un système productif puissant en privilégiant non pas la consommation mais l’épargne, l’investissement et le risque — qui sont trois notions fondamentales qui échappent totalement aux idéologues anti-capitalistes qui nous gouvernent actuellement. L’État aura fait exactement l’inverse en privilégiant non pas ceux qui prennent des risques mais les professions à statut et ceux qui — au lieu de se battre pour gagner des parts de marché à l’extérieur — obligent le pays à financer le rabotage des quais de la SNCF… Allez vous étonner ensuite que la rentabilité des entreprises françaises soit moitié moindre que celle des entrepries allemandes, que la France perde des parts de marché et qu’elle ait un déficit extérieur abyssal de plus de 41Md€…

Un système qui va s’écrouler, comme à la fin de l’Ancien-régime

Réduire les dépenses publiques, réduire l’endettement, réduire les dépenses sociales en restructurant les systèmes de prise en charge, mettre un terme aux gaspillages et aux dérives financières… tout cela ne se pose pas en terme de “justice sociale” mais en termes simplement mathématiques et financiers. Et si l’Allemagne a pu le faire, alors la France doit pouvoir le faire également. Il est vrai que l’Allemagne n’a pas Sud Rail et les intermittents du spectacle qui arrivent à nous faire croire qu’il n’y avait pas de culture avant leur système d’indemnisation !

Dans son dernier rapport, la Cour des Comptes montre également que — pendant que la France avait accru ses prestations sociales de 4,1 points de PIB — l’Allemagne en avait diminué le poids de 1,4 point et ses autres dépenses de fonctionnement de 1,2 point. Jamais Valls ne nous fera croire que les Allemands sont moins heureux ou moins bien soignés que les Français ! La différence c’est que l’Allemagne a réalisé d’importantes réformes en matière de protection sociale (réformes des retraites, réformes du marché du travail et de l’assurance chômage avec les lois Hartz, réformes du système de santé, etc.) qui ont conduit à une diminution sensible des dépenses des administrations de sécurité sociale. Si ce que nous dit le dernier rapport de la Cour des Comptes est possible en Allemagne, pourquoi Valls ne le fait-il pas ?

Plus on attend et plus le réveil sera dur

On est malheureusement arrivé aujourd’hui à la fin d’un système de financement des dépenses sociales : l’État est en faillite, les agents économiques sont ruinés, tous les systèmes de protection sociale inventés à la fin de la guerre sont en train de s’écrouler, il faut donc mettre fin aux politiques du mensonge et congédier les idéologues périmés qui ruinent la France pour sauver leur prétendu État-providence qui tombe en ruine sous nos yeux.

Le réveil des consciences sera évidemment douloureux, mais sans doute moins douloureux que le réveil par la violence dans la rue et les émeutes urbaines !

Si l’État est arrivé au point où il ne peut plus garantir les retraites, ni les indemnités chômage, ni les prestations sociales qui seront rognées les unes après les autres, alors il faut que quelque chose change. En profondeur et vite… Souhaitons que les Français comprennent rapidement que les politiciens actuels leur mentent et que, s’ils ne réagissent pas, ce seront eux les dindons de la farce d’un l’État-providence arrivé à bout de souffle, ruiné, vermoulu. Ils se réveilleront peut-être quand leurs retraites ne pourront plus être payées et que Valls, les larmes dans les yeux, viendra annoncer la fin de l’État-Providence et dire aux fonctionnaire qu’il ne peut plus les payer !

moudre_B
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La cigale et fourmi
Du capitalisme performant à la fin de l’État-Providence
Le syndrome de la barbapapa
L’autruche socialiste qui se prend pour un tigre libéral
Le conte iranien que Hollande ne domprendra jamais
La journée folle où la Cour des Comptes a pris le contrôle du Parlement

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3 responses to “Les cigales chanteront … jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de grain à moudre !

  1. Chère switchie vous faites honneur au blogging d’alarme, et en bon agitateur je ne peux m’empêcher d’applaudir à ma façon.
    Nos gouvernements sont “incongédiables”, ils attendent juste encore un peu (mais d’abord la guerre, choc de simplification) avant de faire le reset ils expliqueront alors au JT de 20 et 13 heures qu’on a déjà fait ça pour le marché des tulipes, y’a très très longtemps, et que c’est normal.
    Ce qu’il y a c’est qu’on chante cet air de fin de haricots depuis des années mais qu’ils se débattent bien nos élites pendant qu’on crève dans une misère qui n’a rien d’illusoire.
    Quelques plaisirs demeurent, lire par exemple. Vive le gratuit (sans mauvais esprit) :)

  2. Orage

    Connaissez-vous la pétition de Pays Réels pour un référendum ?

  3. AlexP, t’as qu’à croire que la morale reprend les rênes de la prod d’énergie, t’as qu’à croire…

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