Ce ne sont pas les attentats — mais la honte — qui mettra le feu aux poudres !

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Depuis des mois — que dis-je, depuis des décennies — j’ai honte des dirigeants de mon pays que je tiens pour collectivement responsables et coupables de tout nos malheurs. Par idéologie, incompétence ou aveuglement — mais surtout par intérêt — ils ont tout abandonné, tout lâché et tout détruit de ce qui faisait notre belle et douce France. Pour l’enfoncer dans le bourbier innommable dans lequel ils nous ont forcé à vivre aujourd’hui. Je suis donc sans pitié à leur égard et pense qu’il aurait fallu les jeter et s’en débarrasser il y a très longtemps — avant qu’il ne soit trop tard, comme c’est sans doute malheureusement le cas. En tout cas, contrairement à ce que pensent les politiques, ce n’est pas la peur qui saisira le peuple Français, mais plutôt le sentiment de honte ! J’y ai pensé en tombant par hasard sur une phrase très intéressante de Karl Marx …

— Vous me regardez en souriant et vous dites : la belle affaire ! Ce n’est point par honte que l’on fait une révolution.
— Je réponds : la honte est déjà une révolution”

Dans cette lettre qu’il envoie à Arnold Ruge en mars 1843, Marx ne parle évidemment pas de la situation politique française en ce début de 2015. Mais il se pourrait bien que les prochains soulèvements (appelons-les comme ça provisoirement) soient très différents de ce que nos politiciens dérisoires d’aujourd’hui imaginent…

C’est la valeur des idées (pas le prix de la baguette) qui fait descendre des millions de gens dans la rue

Pendant longtemps, on a pensé que les gens se feraient la révolution quand …. quand la baguette passerait à 1 euro. Ça n’a pas été le cas. Ou qu’ils descendraient dans la rue quand il y aurait 1 million de chômeurs. Ça n’a pas été le cas non plus, alors qu’on approche aujourd’hui les 5 millions. Non, les gens ne se révolteront pas pour ça. Certains ont prédit que le matraquage fiscal les jetterait dans la rue. Mais ça n’a pas été le cas : ils raclent les fonds de tiroir pour payer leurs impôts parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement, mais ils ne feront pas la révolution pour ça. Leur pouvoir d’achat s’effondre et ils prennent moins de vacances et sortent moins, mais ils ne feront pas des marches unitaires pour ça. Ils sont d’ailleurs trop préoccupés par la recherche d’un emploi pour commencer à ramasser des pavés et préparer des barricades.

Comme on a pu le constater le 11 janvier après les attentats terroristes contre Charlie-hebdo, ce sont désormais les idées et les valeurs qui font descendre des millions de gens dans la rue. En France pour la liberté d’expression, et aussi en Allemagne – sur un autre sujet, celui de l’immigration – avec le mouvement Pediga et les manifestations à Dresde Les politiciens ne l’ont pas encore bien compris, mais ce sont les idées — pas le pouvoir d’achat ou le prix de la baguette — qui mobilisent les gens et les font désormais descendre dans la rue. Ils devraient donc commencer à avoir peur des fourches et mettre leurs têtes à l’abris car quand la colère des peuples monte, il est difficile de la canaliser – même avec des gaz lacrymogènes ou des canons à eau.

La prochaine révolution ne sera pas celle de la peur mais celle de la honte.

Les esprits sont manifestement en train de basculer et quelque chose me dit que ce qui pourrait mettre le feu aux poudres ressemblera sans doute davantage à un mélange d’humiliation et de déshonneur qu’à des jacqueries urbaines (pour plus du pain), ou consuméristes (pour davantage de produits dans les caddies)…

Le vieux Marx pourrait donc bien être prémonitoire, et la prochaine révolution être celle de la honte. Dans les cafés, dans les taxis, dans les blogs, partout je sens s’exprimer et monter un sentiment encore diffus mais croissant d’accablement, de désillusion, d’indignation. De honte surtout. Un peu comme en juin 1940, où il aura d’abord fallu la honte et l’humiliation de la défaite avant que ne se lève la résistance. Comme un “préalable” au sursaut populaire pour chasser la honte de la défaite. C’est pareil aujourd’hui en janvier 2015 :

Honte aux politiciens pour leur incompétence et leur aveuglement

• HONTE devant des politiciens qui par idéologie, incompétence ou aveuglement — mais surtout par intérêt — auront tout abandonné, tout lâché et tout détruit de ce qui faisait notre belle et douce France ;
• HONTE devant les ravages de la langue de bois ministérielle qui s’interdit de nommer le réel qui crève pourtant les yeux des Français mais que les politiques, en plein déni, refusent pourtant de voir ;
• HONTE devant leurs dérisoires jeux sémantiques : islam pas islamisme, Daesh pas Etat Islamique, déséquilibré pas terroriste, pas de stigmatisation, pas d’amalgame, pas de problème surtout etc…
• HONTE d’entendre qu’un terroriste condamné à cinq ans en 2013 puisse être libéré en … 2015 après s’être radicalisé en prison… Ou qu’on avait interrompu la surveillance de terroristes connus de la justice et des services de police ;
• HONTE d’apprendre que des procureurs de la République avaient donné des ordres pour qu’on ferme les yeux sur le port de la burka [ici]
• HONTE devant la complaisance de médias soumis et serviles qui confondent le beau métier d’informer avec celui de minables passeurs de plats à leurs amis politiques en échange de subventions sans lesquelles ils perdraient leurs postes ;
• HONTE de voir que la France qui était une grande puissance rayonnante soit devenue un petit pays qui s’enfonce dans l’inertie, l’immobilisme et la médiocrité ;
• HONTE de voir certaines “valeurs” disparaître (je sais qu’il faut prendre le mot avec des pincettes mais j’ai enfilé mes gants en caoutchouc) ;
• HONTE de voir la nullité crasse du personnel politique qui nous gouverne depuis des décennies — avec les mêmes combines, les mêmes ficelles, les mêmes promesses jamais tenues…
• HONTE devant des parlementaires tricheurs ou des ministres incapables et menteurs — qui échouent sans même jamais penser un instant à démissionner ;
• HONTE devant la gabegie financière dénoncée tous les ans par la Cour des Comptes mais sans le moindre effet.
• HONTE devant la dette de la France qu’ils ont laissé grimper à hauteur de 2000 Mds€ (et surtout de les avoir vu glisser discrètement la facture sous le tapis pour les générations suivantes) ;
• HONTE devant la faillite du système de soins, des retraites, de protection sociale ;
• HONTE devant la faillite abyssale de l’éducation nationale ;
• HONTE devant l’indignité de notre système carcéral ;
• HONTE devant l’effondrement du système de formation professionnelle et de placement des chômeurs ;
• HONTE devant la violence qui gagne sans cesse du terrain notamment dans ce qu’ils ont baptisé “quartiers” qui deviennent progressivement des zones de non-droit où ni les pompiers, ni les médecins, ni même la police ne peuvent plus aller. Même Hollande ou Valls n’oseraient pas s’y rendre avec un Charlie-hebdo sous le bras ;
• HONTE devant la montée terrifiante du chômage que les politiques — bien protégés par leurs statuts et leurs avantages iniques — ont tout simplement décidé de considérer comme une fatalité sur laquelle on ne peut plus rien faire;
• HONTE d’apprendre que de plus en plus de jeunes étudiants décident de quitter la France pour avoir une chance de réussir leur vie ;
• HONTE de découvrir que des milliers de juifs doivent quitter la France pour aller se réfugier en Israël sans que nos bonnes âmes militantes ne s’en offusque ;
• HONTE de constater que de plus en plus de lieux de cultes sont vandalisés dans l’indifférence du ministre de l’Intérieur qui préfère s’attaquer à des veilleurs et des sentinelles pacifiques [ici] qu’à la violence des terroristes ;
• HONTE devant un futur qui semble éteint et qu’on ne sait même plus comment rallumer…
• HONTE devant l’affaissement et l’effondrement des valeurs de la civilisation, des principes républicains et de ce que de Gaulle appelait une certaine “idée de la France”…
etc…

Un vent de résistance se leve et commence à souffler dans les cœurs…

Malgré les écrans de fumée allumés par des politiciens paniqués et terrifiés par ce qui se passe et qu’ils ne maîtrisent plus, les gens de la base ne sont plus dupe. Ils sentent qu’un vent de résistance est en train de se lever. Encore faible et timide, mais il se lève. Ce qui l’alimente est peut-être ce sentiment de honte de voir qu’aucun dirigeant ne semble à la hauteur d’une France qu’ils ont laissé tomber tellement bas dans le caniveau qu’elle est maintenant à leur hauteur : celle de petits nains politiciens dérisoires.

Partout les lignes bougent, dans tous les domaines les cartes sont en train de se redistribuer, partout les esprits basculent y compris sur les thèmes de l’immigration avec les mouvements Pegida ou Lucide… Personne, au niveau le plus bas, n’est plus dupe d’un système qui a lamentablement échoué. Il n’y a que les politiques qui ne comprennent pas, tétanisés, congelés dans des attitudes théâtrales surannées, incapables de sentir que le monde est en train de changer et qu’eux-aussi doivent bouger et s’adapter sous peine de disparaître comme le chantait déjà Bob Dylan

Quand le sentiment de honte se transformera en exigence de dignité

Pour l’instant — malgré les grandes marches du 11 janvier — il y a encore une immense lassitude du Peuple qui fait encore confiance à sa classe politique. Mais comme rien ne changera, cette lassitude et ce sentiment de honte se transformeront bientôt en une puissante exigence de dignité qui chassera les menteurs et les incapables.

On ne sait pas encore exactement ce qui mettra le feu aux poudres… Mais je pense que les hommes politiques feraient bien de comprendre que l’État est chose trop sérieuse pour qu’ils continuent à en faire une arlequinade; Ils devraient cesser de parader et y regarder à deux fois avant de continuer un petit jeu qui leur a certes toujours réussi (mentir sur la réalité et dissimuler les problèmes pour sauver leurs carrières) mais qui risque de ne plus marcher très longtemps tant la patience des citoyens a été poussée à ses limites ultimes.

”La honte est une sorte de colère rentrée. Et si toute une nation avait tellement honte, elle serait comme le lion qui se ramasse sur lui-même pour bondir.”

Marx a décidément raison : le jour où la nation Française se ramassera sur elle-même pour bondir, il se passera alors vraiment quelque chose ! Je serai au balcon.

*

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beige

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