Copernic reviens, ils sont devenus fous ! [réflexions sur un “big bang” politique]

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Vous avez vu ? Les élections approchent, alors les partis recommencent à bouger : Borloo [ce post date de 2013] se rabiboche vite avec Bayrou dans une nouvelle “Alternance” dont ils nous disent (sans rire) qu’elle ne sera qu’une “signature” car il n’est “pas question de substituer une formation nouvelle à nos deux partis” (sic). À Gauche, le PS s’interroge sur ses prochaines alliances (PC ? Verts ? Front de Gauche ?) ; à Droite, Fillon et Copé essayent eux aussi de reconstruire un truc, mais on ne sait pas encore quoi. Peu importe d’ailleurs parce que tout le monde s’en fout (comme de ce post j’imagine, mais je suis sympa, je vous mets en garde : il sera très très long et donc personne ne le lira. Mais, bon, regardez au moins les images :-). Continue reading

Mon cerveau doit être celui d’un enfant Islandais en décembre !

Islande
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J’ai vraiment un problème avec le temps en ce moment, (et pas seulement le temps de la météo qui donne l’impression qu’on est en décembre). Je dois vivre mentalement en Islande tellement j’ai le sentiment que certains jours n’en finissent pas et durent carrément 22 heures comme en été en Islande ; et que d’autres passent à toute vitesse comme une journée de décembre à Reykjavik ! Mais il y a longtemps que mon horloge biologique est détraquée et donc je ne m’étonne plus de rien…

Mais du coup ça m’a fait repenser à une veille émission où Laure Adler interrogeait Audur Ava Olafsdottir sur son livre L’Embellie … Et elle disait deux choses que j’aime bien. D’abord que “pluie de novembre” avait un sens beaucoup plus poétique et mystérieux en Islandais car, alors qu’elle est banale en France, la pluie est à cette époque exeptionnelle en Islande. Et donc parler de “pluie de novembre” en Islandais ce serait comme, chez nous, parler de “la neige au mois de juin” … Bon je ne sais pas si vous suivez mais moi j’aime bien :-)

Ensuite elle évoquait évidemment la lumière en Islande où en hiver la nuit tombe très vite et où il ne fait jour que deux ou trois heures par jour. Donc Continue reading

La lumière blonde sous la crasse qui s’envole en petit copeaux…

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Depuis des années, j’ai – en face de moi, juste au-dessus de mon lit – les Raboteurs de parquet de Caillebotte… Et donc, depuis des années, je me réveille tous les jours en me disant : “mais pourquoi diable ai-je toujours pensé qu’il fallait absolument gratter pour trouver la lumière ? Il doit bien y avoir des endroits où je pourrais trouver la lumière sans avoir à gratter comme un malade ?”

Mais, depuis des années, – sans doute les restes d’une vieille éducation protestante – je rabote, et je gratte, inlassablement, et je fais s’envoler les petits copeaux de bois pour faire s’élever dans mon cœur un peu de belle lumière dorée… On ne m’a sans doute pas donné le bon mode d’emploi de la vie :-)
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Donc moi aussi j’ai mes éclipses…

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Parfois c’est une éclipse de quelques jours, parfois c’est une phase noire, dépressive… parfois c’est une phase plus claire… Ça dépend… Peut-être que je suis bipolaire ? Parait que ça se fait beaucoup en ce moment. De mon temps on disait simplement maniaco-dépressif… mais les choses ne sont plus ce qu’elles étaient et on n’a que ce qu’on mérite. En tout cas je trouve ces dessins de Galilée très beaux et l’éclipse de lune de Abu Rayan al-Biruni magnfique…

La belle éclipse de lune de Abu Rayhan al-Biruni en 1019 :
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Pour se détendre les nerfs, rien de tel qu’une bonne dose de pendule de Foucault…

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Au Conservatoire des Arts & Métiers avec Odile ce matin pour voir l’original du pendule de Foucault… Mais celui qui se balance au Panthéon a finalement plus d’allure… et un effet plus calmant pour la tête :-)

Question : pourquoi Fra Angélico a t-il peint ce trou ?

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Il y a longtemps que ça ne m’était pas arrivé mais avant-hier j’ai fait un rêve bizarre.

Je volais très haut dans le ciel [allez, soyez gentils, ne me tapotez pas tout de suite sur l’épaule pour me dire que je devrais peut-être consulter un psychiatre…] je disais donc que je volais très haut dans le ciel comme une hirondelle planant sur les courants d’air chauds et tout à coup, paf, un énorme trou dans l’aile droite : je tombais en vrille comme les avions japonais au-dessus de Pearl Harbour ou dans je ne sais plus quelle BD de Buck Danny ou de la collection Biggles où les avions se fracassent sur des porte-avions en explosant en d’énormes boules de feu.

Je ne sais pas si vous l’avez vu à Florence, mais le trou était exactement comme sur l’aile de l’ange de l’Annonciation qui est au Musée San Marco. Ce trou bien découpé m’a toujours sidéré et je n’ai jamais bien compris ce qu’il signifiait, ni pourquoi Fra Angélico l’avait peint ainsi [je vous jure que ce n’est pas fait dans Photoshop]. Donc j’avais un trou identique dans l’aile droite et je tombais en vrille dans l’immensité du ciel. Mais ce qui était plutôt jouissif c’était que la chute n’en finissait pas : l’air était printanier, ça sentait bon la jacinthe, je planais doucement entre les galaxies et tombais dans le vide en tournoyant lentement dans la lumière éblouissante de la voie lactée … Mais je ne m’écrasais pas, ce qui – par rapport à ma vie diurne où je m’écrabouille lamentablement comme un oeuf qui vous échappe des doigts et tombe sur le carrelage de la cuisine – était plutôt agréable.

Surtout les étoiles : les étoiles qui tournaient à toute vitesse autour de moi en traçant de grandes orbes brillantes autour de mes bras écartés. C’était totalement hallucinant. Pourquoi est ce que je vous raconte ce rêve totalement perso ? Ah oui, parce que j’aimerais bien que quelqu’un de cultivé me dise enfin pourquoi Fra Angélico a peint ce trou sur l’aile de l’ange.

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D’autres anges…
L’ange de l’histoire de Klee
J’aime bien ces anges…
L’ange voleur d’étoiles,
Sûrement j’exagère
Wer wenn ich schreiee
L’ange des ruines de Dresden…
J’aimerais bien que Dieu m’accorde 3 secondes !
Des ailes (d’ange?) pour planer au-dessus de la mort …

… a riveder le stelle !

Je tombe sur ce passage du Journal Atrabilaire de Jean Clair :

“Mieux que promouvoir les Fêtes de la musique et les Nuits des musées, ne devrait-on pas créer une nuit sans lumière, sans phrases, sans vitrines, sans signaux, une nuit où Paris serait plongé dans le noir, un black-out absolu, pour rappeler aux habitants, une fois par an au moins, que le ciel existe au-dessus de leur tête, et pouvoir comme Dante, au sortir de l’Enfer, riveder le stelle ?

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Ce serait bien en effet : la loi morale à l’intérieur de soi et le ciel étoilé à l’extérieur, juste au-dessus… Comment diable avons nous fait, au cours des cinquante dernières années, pour tuer cela aussi ! On devrait prendre le ministre de l’environnement en otage et ne le rendre que contre le retour du ciel étoilé !

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Ce qui me fait penser à ceci :

“Rabindranah Tagore vivait à cette époque dans une maison flottante qu’il possédait au Bengale oriental. C’était tard dans la nuit et il était très occupé à écrire à la lumière d’une bougie. Après avoir terminé, il éteignit sa bougie et se laissa aller dans son fauteuil, regardant le ciel. Immédiatement, il se trouva face à face avec un ciel illuminé par le clair de lune. C’était la pleine lune et pendant si longtemps il ne s’en était pas rendu compte. Tout autour de lui, autour de la petite cabine, l’univers entier était illuminé. “Quel fou j’ai été” pensa t-il “d’avoir manqué cette merveille pendant si longtemps !”.
C’est simplement quand la lumière de la bougie a été éteinte qu’il a pu découvrir le vaste océan de lumière qui avait été là pendant tout ce temps”…

Swami Prajnanpad cité par Sumangal Prakash

Autres minuscules bouts de ciels …
L’art quand il nous tombe directement du ciel
Qu’est ce qui nous ouvre le ciel
Il faut que le hasard renverse la fourmi…
Le ciel dans le caniveau
Penser à mettre le ciel dans une enveloppe
Le jour n’est pas plus beau…
J’aime les nuages qui passent

Faire son travail d’étoile…

Pendant que je suis dans la lecture de Claude Roy, encore cette petite phrase incandescente tirée d’un poème “en modeste hommage à Schönberg” :

Les étoiles sans rien dire font leur travail d’étoiles

Claude Roy, “La nuit transfigurée”

Le télé-travail et la bilocation de Saint Antoine de Padoue…

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On raconte qu’en 1226, alors qu’il célébrait la messe du jeudi saint dans une cathédrale des environs de Limoges, saint Antoine se rappela avoir promis de célébrer une autre messe, à la même heure, dans un autre monastère de cette ville. S’étant agenouillé devant l’autel, il demeura alors immobile pendant quelques minutes et hop, à ce moment précis, les frères du monastère en question le virent prier dans leur chapelle et disparaître tout de suite après ! Il s’agit, parait-il, d’un épisode de bilocation classique où le sujet, par un effort de volonté intense, investit un autre corps lui aussi apparemment physique pour se rendre dans un autre lieu et y accomplir une action déterminée.

Pourquoi est ce que je vous raconte cette histoire en janvier 2004 ? Parce que j’aimerais bien pouvoir m’occuper de ma mère qui ne va pas bien (Alzheimer). Et il faudrait justement que je sois capable de cet exercice banal de “bilocation” classique /strong>comme ils disent, pour continuer à bosser et reater auprès d’elle. Mais j’ai beau essayer de me concentrer… rien n’y fait, ça ne marche pas : bilocation, rien du tout, je reste scotché à mon bureau alors que ma mère a besoin de moi à son domicile où elle ne peut plus rester seule !

Je vais demander à ma Directrice qu’elle m’autorise à faire du télé-travail. Peut-être elle acceptera ? Et ce sera plus efficace que d’attendre que l’esprit saint me tombe sur la tête (1).

Pour ne pas mourir idiot : Saint Antoine c’est le type à gauche sur le panneau en bois peint par Stefano di Giovanni, dit Sassetta, 1392-1450 : La Vierge et l’Enfant entourés de six anges; Saint Antoine de Padoue; Saint Jean l’Evangéliste. Musée du Louvre.


(1) Le contrat de télétravail a finalement été signé le 1er avril : merci Françoise, merci Vincent, merci Jean-Martin, merci Christophe, merci Benoit, merci Jean-Charles…

Travailler à distance ne signifie pas qu’on échappe aux contingences, aux problèmes et aux incompréhensions de la “vie de bureau”…

L’Inventaire de la Voie Lactée et le petit ange voleur d’étoiles

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“C’était bien la huitième fois qu’ils refaisaient l’Inventaire et il manquait toujours une étoile…

Malgré leur fatigue, les ailes usées par le rayonnement cosmique, les anges s’assirent une nouvelle fois et recomptèrent les étoiles une à une. Sur le grand Livre à tranche d’argent s’alignaient les minuscules croix dorées :

neuf étoiles et un trait pour barrer les dizaines…

Encore essoufflés par leur troisième voyage aux confins de l’univers, les Séraphins se posaient les uns après les autres, époussetant sur leurs épaules des nuages de poudre d’étoile : Cassiopée: 6, le Centaure : 13, Andromède: 6. Les anges s’affairaient, comptant et recomptant :

vingt-cinq et neuf, 34, je pose 4 et je retiens trois…

Il restait à peine mille heures avant l’aube du Jeudi-Saint et il fallait impérativement terminer l’Inventaire pour l’octave de la Sainte Madeleine.

291 et 9 qui font 300…

Quand les anges de la Voie Lactée revinrent, innondés d’une lumière fraîche et joyeuse comme une giboulée de mars, on en était à 392,32 milliards. On retrancha Saturne, Jupiter, Vénus et Mercure et on ajouta Orion, Pégase et les mille-vingt-trois étoiles de la galaxie du Tigre. Les Archanges envoyés au-delà de la Couronne Boréale se posèrent les plumes paillettées de neige : 2561 pour le Baudrier du Griffon… Les anges du septième ciel revenaient les cheveux couverts de brins d’or arrachés aux galaxies spirales :

et 6782 pour le Triangle Austral…

Cela faisait encore 495,357 milliards et il manquait toujours une étoile..

A l’écart de l’immense tournoiement de plumes, emmitouflé dans une grande écharpe aux couleurs de l’aube, un petit ange était assis sur un imperceptibe rayon d’éternité. Songeur, les yeux perdu sur la courbure de l’univers, il accompagnait de son tambour la musique des sphères, pure et douce comme un filet d’orgue s’élevant dans le silence argenté du cosmos.

A son oreille gauche, pendait l’étoile qui manquait au grand Inventaire : petite boucle d’oreille corail qu’il avait volée la veille dans la constellation du Crabe….”.
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(Ange de Fra Angelico)


Quelques étoiles…

Sûrement j’exagère
Les ultra rayonnements violets de détresse
J’aime bien ces anges