Un extraordinaire condensé d’harmonisation des contraires

Encore un texte que je copie-colle directement (tiré du bouquin de Cyrille J.-D. Javary) :

“La chauve-souris est un petit animal très mal considéré en Occident où il a plutôt une réputation proche de celle des vampires et autres fantômes nocturnes buveurs du sang des vivants.. Mais en Chine, son image est complètement différente. Non seulement la chauve-souris est fort appréciée mais on voit son image représentée partout comme motif décoratif, sur les cartes de voeux ou les images de bon augure dont on décore les maisons. Elle est au sens propre un porte-bonheur. Mais si c’est un talisman apporteur d’abondance c’est parce que c’est un extraordinaire condensé d’harmonisation des contraires et d’entrecroisement du Yin et du Yang, condition fondamentale de l’émergence de la vie et donc du bonheur. C’est en effet un mammifère qui vole comme les ovipares ; il vit la nuit et dort le jour, mieux même, lorsqu’il dort, ce n’est pas étendu horizontalement sur la terre mais pendu en l’air la tête en bas”.

Pour tout vous dire je n’ai jamais trop apprécié les chauves-souris, mais ce petit texte me les fait aimer un peu plus. Ce côté “condensé d’entrecroisement des contraires” me convient assez bien : moi aussi je marche sur la tête, dort debout, bat des ailes en pure perte à mon bureau et dans la vie, et émet des cris stridents (des ultra rayonnements de détresse) que personne d’autre n’entend que les anges qui ont bien d’autres choses à faire sur la courbure de la galaxie :-)

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Des ailes pour planer au-dessus de la vie
Mes petites soeurs les hirondelles

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Autres oiseaux…
Milosz ne parlait pas seulement aux oiseaux ; il leur chantait du Wagner !
Les oiseaux qui surgissent des phrases de Léonard
Les autruches sont des oiseaux politiquement très avancés
L’oiseau qui avait lu Cioran
Le canari de Milosz s’est envolé !

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Chauve-souris attribuée à Albrecht Dürer (1471-1528). Aquarelle et encre noire sur papier, 13,2 x 20,3 cm Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, Besançon.

Les simples de Dürer
Des ailes de Dürer
Le magnifique lièvre de Dürer…
Les petits tonnelets de Dürer

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Autres textes de Cyrille Javary :
cadeau de mariage
la boussole
la différence entre pluie et la neige

Ah, la “vieille europe” avait du bon !

holbein2.jpg C’est marrant, on est le premier mai, c’est la fête du travail. Dans la rue, ils défilaient avec des banderoles pour demander des sous et des emplois. Et moi je suis en train de lire un livre sur Holbein où l’auteur décrit l’effervescence des centres artistiques et commerciaux de l’époque : “Anvers, Londres, Venise, Augsbourg, Florence, Venise… où la richesse et l’opulence stimulait le travail, le commerce et les oeuvres de l’esprit. Le financier et l’humaniste, l’armateur et le peintre, le négociant et l’imprimeur, tous concouraient à la prospérité de ces villes qui suscitaient l’admiration de l’europe entière. Les peintres, les sculpteurs, les artisans travaillaient (et pas en intermittants du spectacle). Sur les eaux grises de l’Escaut voguaient mille vaisseaux, cent navires entraient et sortaient journellement du port flamand. A perte de vue s’étendaient les docks; une activité incessante animait les entrepôts et les maisons de commerce. Les ports exportaient la laine, les draps, le plomb, l’étain… Sous le ciel bleu de l’Adriatique ou au milieu des brouillards de la Tamise les marchands affluaient de partout : de Nuremberg, de Cologne, de Strasbourg, de Lyon, de Venise, d’Augsbourg, de Londres… La Sérénissime construisait des palais sur la lagune ; servie par une flotte de quatre-vingt mille galères, l’industrie vénitienne envoyait ses créations aux confins de l’Inde, de la Perse et de l’Afrique… Partout, arrivaient ses draps d’or, ses cuirs, ses dentelles, ses verreries, ses glaces, ses armes, ses laines teintes…”
Je lis ce chapitre et au même moment, dans la rue, ils défilent avec des banderolles et des klaxons pour protester contre l’absence d’emplois, l’absence de croissance, l’absence d’activité, la multiplication des faillites et des plans sociaux… Comment ne se rendent-ils pas compte que depuis trente ans les politiques et les bureaucrates de Bruxelles et d’ailleurs s’y sont pris comme des manches ; qu’ils mènent l’europe élargie à la dérive et les conduisent carrément au désastre ? On est le premier mai, c’est la fête du travail et je me replonge dans Holbein. Cela vaudra mieux…

Oui, je sais, ma vieille europe est un pays de cocagne, et alors ? on a le droit d’être nostalgique non ?

Des petits tonnelets en bois comme carte de crédit

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