Cette fille s’habille comme l’as de pique MAIS…

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Je reviens quelque secondes sur le post précédent (relatif au “mais” à proscrire de nos conversations). Cela m’a rappelé le concept de seuil de rotation alcoolique inventé par Jacques Laurent. C’est un peu compliqué mais je vous explique tout de même pour le cas où vous ayez à l’expérimenter.

Quand vous hésitez à prendre une décision, vous balancez le pour et le contre… Par exemple si vous hésitez à vous bourrer de gâteaux à la crème chantilly, vous mettez “j’en ai une envie folle” au début de la phrase, puis vous introduisez un MAIS, et vous finissez par “il faut que je surveille ma ligne !”. Il y a donc ce qui est avant le MAIS (la tentation) et ce qui est après le mais (les réserves). Et pour Jacques Laurent, pour peu qu’on ait bu un verre de trop (et il en connaissait un rayon de ce côté-là) il y un phénomène de bascule mentale qu’il appelle seuil de rotation alcoolique et qui fait que tout ce qui était à gauche du mais pivote et passe à droite et vice-versa.

Imaginons que vous visitiez un appartement. Vous sortez et vous dites : Cet appartement me plait, MAIS il est cher. Le négatif est après le mais et généralement ça veut dire que vous ne le prenez pas ; forcément il est cher !

Maintenant, avant de retourner visiter le même appartement, vous vous arrêtez au café du coin et buvez un verre d’alcool… ça pivote dans votre tête autour du mot MAIS et le négatif passe à gauche et le positif à droite. Et ça donne : Cet appartement est cher, MAIS il me plait ! (et quand vous dites ça, généralement ça veut dire que vous le prenez ; forcément il vous plait).

Je ne sais pas si j’ai été très clair mais bon, vous verrez si vous essayez (pas de boire mais de faire pivoter la phrase autour du mot mais).

Autre exemple : Cette fille me plait, mais elle s’habille comme l’as de pique (ça veut dire que vous n’en êtes pas vraiment très amoureux). Whisky, seuil de rotation alcoolique, bascule autour du “mais” et hop ça devient : Elle s’habille comme l’as de pique, mais elle me plait ! Sous-entendu : ses fringues on ne va tout de même pas en faire une montagne. Figurez-vous que ça m’est arrivé récemment à la FNAC quand j’ai acheté mon iPod. J’ai fait pivoter la phrase dans ma tête et au lieu de dire : il est beau, mais il est cher. Je me suis dit : il est cher mais il est beau. Et hop, je suis sorti avec un 80 Go. Je vous jure que je n’ai rien bu : juste l’application mentale du seuil de rotation alcoolique. Si ça vous arrive, dites-moi si ça marche. Mais ne faites pas comme Jacques Laurent pour qui ça n’a pas été qu’une rotation: l’alcool a carrément culbuté le pauvre académicien !

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autre variation autour du mot “mais”

On ne se rend même plus compte !

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C’est drôle comme on s’habitue aux choses les plus bizarres. Depuis des années je buvais tranquillement mon alcool de riz chez les chinois en trouvant tout à fait normal d’y retrouver au fond une femme nue (généralement carrément vulgaire). Et puis hier, paf, je ne sais pas pourquoi, je me suis rendu compte que c’était vraiment délire de s’être habitué à ce genre de truc ; surtout si vous êtes avec votre petite amie dans un restaurant… Mais bon, inciter les gens à demander qu’on remplisse à nouveau leur petite tasse d’alcool pour rétablir la clarté de la vision quand le cerveau précisément se trouble, je reconnais que c’est plutôt génial. Bizarre mais génial ; L’idée mériterait peut-être d’être développée et étendue à d’autres domaines ? Je me demande bien ce qu’ils pourraient mettre au fond de ma tasse de café du matin pour que j’en redemande quatre ou cinq ? Ou dans mon assiette ? Et quel serait l’équivalent de la tasse d’alcool de riz dans un restaurant chic ? Les femmes seraient simplement un peu plus distinguées ? Faut que j’aille voir ce qu’ils font au George V…

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