Mon autoportrait, là, sur le trottoir de l’avenue…

C’est marrant, tout à l’heure, je marchais dans l’avenue et, tout à coup, pof, il y avait ça devant moi, sous mon nez : mon autoportrait !

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En cas de nécessité !

Mais moi, en ce moment, j’appuie quand ils veulent !

Avec Alzheimer, mon “cas de nécessité” c’est tout le temps : je peux presser à sept heures du matin, à dix heures, à onze heures, à midi, à deux heures, à quinze heures, à vingt heures… Toute la journée, jusqu’à minuit, je peux presser sur ce bouton.
Alors ce qu’il faudrait qu’ils disent c’est :
(1) ce qu’ils entendent par “nécessité” ;
(2) qui vient quand on presse (moi ce sont des anges dont j’ai besoin en ce moment).

Photo prise hier à la Salpétrière (j’ai failli presser pour voir ce qui arrivait : des gendarmes en uniforme ? de la mousse carbonique sur ma tête ? des psys avec des camisoles de force ?)

A propos d’aide en cas de nécessité…

L’oiseau qui avait lu Cioran

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Bon c’est vrai je déprime un peu en ce moment. Et en tombant sur ce dessin que j’aime bien, je me suis demandé un instant si ce n’était pas après que je sois tombé définitivement de ma chaise, ou de mon blog … Et il ne resterait en vie que l’oiseau qui dirait…. qui dirait quoi d’ailleurs ? Je ne sais pas trop parce que je ne trouve que des phrases d’oiseaux qui auraient lu Cioran ou des haikus japonais, ou qui auraient suivi les enseignements de bouddhistes tibétains, ou partagé un jour l’appartement de Woody Allen… J’ai bien en tête une liste de phrases qu’il pourrait dire (s’il avait lu ce que j’ai lu bien sûr) mais je ne sais pas laquelle. Alors les voilà en vrac :

– …il est évident qu’ici bas je ne suis pas dans mon élément (Cioran)

– …de temps en temps les nuages me reposent de tant regarder la lune (Bashô)

– …Tchip tirlouit tchioupch tirlit tirlouit…

– …Si tout ce qui est proche vous semble loin, c’est que cet espace touche les étoiles… (Rilke)

– …Le voleur a tout emporté, sauf la lune, qui était à ma fenêtre (Miyalori)

– …Alzheimer était une vraie merde ; je suis même étonné qu’Eric ait tenu aussi longtemps

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Autres oiseaux…
Des ailes pour planer au-dessus de la vie
Mes petites soeurs les hirondelles
Milosz ne parlait pas seulement aux oiseaux ; il leur chantait du Wagner !
Les oiseaux qui surgissent des phrases de Léonard
Les autruches sont des oiseaux politiquement très avancés
L’oiseau qui avait lu Cioran
Le canari de Milosz s’est envolé !
Un extraordinaire condensé d’harmonisation des contraires

Mon cerveau fait comme les marrons dans le feu en hiver : paf !

montre_alzh.jpg Pour tout le monde, le jour change à minuit. Mais pour Maman, avec alzheimer, c’est désormais entre 9h et 10h le matin. A neuf heures, on prend la boite de cachets du jeudi et, gloups, on avale tous les cachets du matin. Forcément, on est jeudi matin. Une heure après, à dix heures, on va chercher la boite du vendredi et, gloups, on avale aussi tous les cachets du vendredi matin. Forcément il est 10h: on est donc vendredi ! CQFD. Il y a aussi les patchs pour le coeur. Un petit truc qu’elle se colle depuis plusieurs années sur la poitrine. Eh bien maintenant elle va dans l’armoire à phramacie, elle prend un bout de sparadrap et elle le colle sur la poitrine. Forcément, ça a la même couleur, non ? La logique vole en éclats et mon cerveau fait comme les marrons dans le feu en hiver : paf ! Je crois que je suis en train de devenir fou.

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Décidément j’ai vraiment un problème avec le temps qui passe ! … et avec mon horloge biologique qui est détraquée ; et aussi avec le temps qui passe !
Et maintenant aussi avec le “temps-alzheimer” aussi : La montre-baromètre ;Une boite pour savoir quel jour on est

Autres bouts de cerveau…
Le cerveau des militaires
Une journée dans mon cerveau…
Si mon cerveau était bien rangé…

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