Les hommes ont failli. Il faudrait maintenant des anges pour sauver le monde.

junger_ange_AA
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Je n’aurais peut-être pas du finir le Journal de Junger aujoud’hui. C’était encore une magnifique journée d’été, une belle lumière dorée descendait lentement sur les grands rudbeckias jaunes du Luco et je l’aurais carrément passée en 1944 avec des bombardiers vrombissant dans le ciel comme des rateaux mortels, des déflagrations secouant les maisons, le terrible roulement des bombes incendiaires, des nuages de fumée noire s’élèvant au-dessus de villes en flammes, des vies qui se désagrègent au milieu de décombres fumant qui assombrissent le ciel comme pendant une éclipse…

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“… Une langue au nord de l’avenir”…

celan3
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Dans un mail, ce matin, Muriel évoque Appelfeld, Nelly Sachs, Rose Aulander, la Bucovine et Czernowitz la ville natale de Célan…
Tout à coup la phrase “au nord de l’avenir” me revient en tête, obsédante. Je l’avais entendue à l’époque dans la bouche de George Steiner :

“… je suis à la gare de Francfort entre deux trains. Dans un kiosque, un livre m’intrigue. J’ouvre et – première phrase – je lis: “Une langue au nord de l’avenir”
J’eus un choc quasi physique et j’ai presque raté mon train. Cette phrase a changé ma vie. J’ai su qu’il y avait là une immensité qui allait entrer dans ma vie. Ce fût ma première rencontre avec l’oeuvre de Paul Celan”.

“Une langue au nord de l’avenir” …

la phrase est magnifique en effet ; et je la comprends d’autant mieux en ce moment que ma langue – et ma vie également – sont quelque part “…au nord de l’avenir”... Le choc existentiel, quasi physique de Steiner eut lieu à gare de Francfort ; J’ai regardé par la fenêtre du train le nom de ma gare : il y avait marqué en grosses lettres Alzheimer.

IN DEN FLÜßEN nördlich der Zukunft

werf ich das Netz aus, das du

zögernd beschwerst

mit von Steinen geschriebenen

Schatten.

J’avais parlé à l’époque (post de décembre 2003) du petit lapsus de George Steiner

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