Voir l’invisible…

chapVisuel_REEL-et-BOSCH

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C@t me dit :

“Ce n’est pas parce que les choses sont invisibles qu’elles n’existent pas…”

Et, effectivement, depuis que je suis né, je crois que je n’ai été bien qu’avec des trucs abstraits, qui n’existent pas vraiment : le Paradis, les licornes (ou plutôt la disucussion des petits lapins) qui broutent du serpolet dans la tapisserie de la Dame à la Licorne au musée de Cluny, ou le chat de Schroëdinger, les maisons en pain d’épice, me ballader dans les calendriers de l’avent ou dans des petites villes du moyen-âge … ; ou des choses invisibles : l’art de la fugue de Bach, les dernières sonates de Haydn , les souvenirs, les étoiles (qu’on ne voit d’ailleurs même plus dans le ciel de Paris), le vent, les langues au nord de l’avenir, les les trucs en fa mineur…etc)… Ou des choses infimes et minuscules : des haikus de trois lignes, des pièces de clavecin de Louis Couperin de trois minutes, des herbes et des brindilles. Bref que des trucs abstraits, des préoccupations totalement débiles…

Et le rétrécissement de mon champ de vison n’arrange évidemment pas vraiment les choses : plus il diminue et plus je m’éloigne du monde réel, me balladant dans l’inexistant ou l’invisible. Moins je vois et plus j’invente, ce qui me perdra … Bon faut parfois réajuster mais pour l’instant j’y arrive.

Ce qu’il faut que j’arrête surtout c’est de mettre des liens à chaque mot. C’est super agaçant, je sais. Désolé mais je tourne en rond comme un derviche tourneur. Le syndrome du blog fou qui tourne en rond doit avoir un nom, faut que je me renseigne à Sainte-Anne. Peut-être ça s’appelle simplement le syndrome du fou qui s’est planté un clou dans le cerveau gauche et qui fait tourner son cerveau droit autour ? En tout cas j’aime bien ce qui tourne, c’est clair. Aille, encore un lien.


Et si vous pensez que je suis le seul cinglé à aimer les licornes : allez aux Cloisters voir l’expo.

Et l’ascension des âmes auParadis de J. Bosch est tout de même bien étonnante (détail):
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Création (Bosch)


Le Jardin des Délices
Sphère de cristal. Retable Jardin des delices de J. Bosch. Triptyque a 5 surfaces. Paysage du 3e jour de la Création selon la Genèse c’est l’instant de la premiers pluie, des premiers arbres, des premiers buissons. Le moment de la différenciation qui sort du camayeux, ton sur ton L’indistinction Intérieur-extérieur, recto-verso. Fermé-ouvert (grisaille, camaïeux, neutre fermé / coloré-ouvert). Apparent-caché.Opposition richesse-pauvreté. Ouvrait le retable que lors de grandes occasions.
R. Barthes. Le neutre.

Expulsion du Paradis (3)


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BOSCH, Hieronymus
Paradise and Hell
c. 1510
Oil on wood, 135 x 45 cm (each panel)
Museo del Prado, Madrid
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A propos du Paradis (avant d’en être chassé à cause de deux abrutis :
Expulsion du Paradis (2)
Expulsion du Paradis (1)
Expulsion du Paradis (5)
Expulsion du Paradis (4)
Comme une impression de fraîcheur nostalgique de Paradis ce matin…
Les deux abrutis : Adam et Eve
Vous savez quoi ? Adam et Eve me tapent sur le système !
Le paradis est un lieu, tapez 2
Agrandir à 200% et sauter dans une autre dimension du temps

J’aimerais bien que Dieu éteigne le soleil un moment…

soleil_noir
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Ce monde vit dans des ténèbres terribles. Mais les gens ne le voient pas car ce sont les ténèbres de la pensée, des ténèbres intérieures…
J’aimerais bien que Dieu éteigne le soleil pendant un bon mois. Que la nuit dure jusqu’à ce que les hommes prennent peur, courent affolés dans les rues les bras levés vers le ciel, la tête couverte de sacs de cendre, poussant des sanglots et versant des larmes de crocodile ; implorant Dieu de rallumer le soleil pour qu’ils puissent enfin revoir les merveilles de la Création.

Dieu, évidemment, se ferait un peu tirer l’oreille et ferait durer le plaisir. Juste histoire de leur faire comprendre qu’il n’est pas certain qu’ils en vaillent la peine, qu’ils n’ont pas été particulièrement reconnaissants jusqu’à présent. Et que s’ils veulent une aide efficace ils n’ont qu’à aller frapper au Panthéon où il y a très certainement de très grands hommes de très grande qualité susceptibles d’être à la hauteur de la tâche (après tout ce n’est pas si sorcier : ils ont déjà trouvé E=mc2 et n’ont donc plus qu’à trouver la solution des autres équations). Ou demander à des évolutionnistes une théorie pour faire revenir le soleil et la lumière ? Ou, qui sait, attendre simplement que le dieu hasard fasse lui-même les choses ?

Les hommes épuisés d’errer dans la pénombre renonceraient alors à leur arrogance et rendraient grâce, bâtissant de grandes cathédrales et couvrant la terre de petites chapelles. Et la lumière reviendrait, radieuse et ruisselante de beauté et les hommes diraient : “OK, on a été nuls, cette fois on arrête nos conneries et on protège la Création au lieu de la démolir”. Et en voyant les abeilles revenir et les fleurs s’ouvrir et les enfants jouer dans les bacs à sable, Dieu se dirait qu’il a bien fait de leur donner encore une dernière chance :-)

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Le curriculum de Dieu…
J’appartiens au monde d’avant la pomme !
Dieu est grand
Adam et Eve me tapent sur le système
La main de Dieu
Peut-être que Dieu en a marre
Les horaires que j’aime…
j’aimerai bien que Dieu m’accorde 3 secondes
On ne tourne pas le dos à Dieu
Les “installations” de Dieu
La Création (Ghiberti)
Dieu surveille les pommes depuis le début de la Création ?
Texte de la Genèse

De mon terrier, je vois très exactement ce qu’a peint Bosch

bosh_lapins.jpg

Il est clair que les lapins ont un sens aigu de la beauté, de la spiritualité et de l’extase mystique… Et que Hieronymus Bosch a donc très certainement été lapin dans une vie antérieure. Cela me frappe en rapprochant sa toile (à droite) de la photo que je viens de prendre du fond de mon terrier…

Hieronymus Bosch (1453-1516) Huile sur bois. Venise. Palais des Doges.

Je reconnais (je dois être un peu dérangé) que j’ai la manie des associations d’idées et des analogies

De mon terrier, je vois ce que Bosch voyait
Pouvoir décrire la lumière… si un jour elle disparaissait ?

L’ascension des âmes dans le tunnel de lumière

boshairport4.jpg Depuis des années, j’ai sur mon mur un grand poster représentant une partie du magnifique diptyque du Paradis Terrestre et de l’Ascension des Ames de Hieronymus Bosch, conservé au Palais des Doges à Venise. Avec la célèbre image du tunnel de lumière où de grands anges magnifiques arrachent les âmes bénies à une pénombre d’ébène pour les guider – par une étonnante ascension dans un rayonnement incandescent – vers la lumière éblouissante du Paradis dont Dante, dans la Divine Comédie, parle si admirablement. Depuis des années, cette image de Bosch est définitivement fixée sur ma rétine et je suis souvent frappé par des analogies étonnantes qui me troublent : comme par exemple ici, avec cette photo prise dans le tunnel d’un terminal d’aéroport… Je ne peux pas regarder ce tube de verre lumineux sans penser aussitôt à cette peinture de Hieronymus Bosch.

Hieronymus Bosch (1453-1516) Huile sur bois. Venise. Palais des Doges.

PS. Depuis que j’ai mis cette image, beaucoup d’amis (Muriel et Delphine notamment) me disent : “mais c’est l’image de la lumière qu’on voit quand on sort du coma”. Peut-être que c’est cela et aussi l’au-delà de la mort ou l’autre côté de la vie… Je n’ai évidemment jamais voulu comparer les aéroports au Paradis! Je voulais simplement souligner l’analogie entre les deux images… Quant à la lumière qu’on voit quand on sort du coma… euh, hé bien je ne connais pas encore.

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voir également ce que je vois de mon terrier…

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