Quousque tandem abutere, Catilina ?

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Pour ceux qui ne savent pas le latin, c’est le célèbre exorde du premier discours de Cicéron contre Catilina. Qui signifie : « Jusqu’à quand, Catilina, continueras-tu d’abuser de notre patience ? ». Remplacez Catilina par [“politiques] ou [“bande de politiciens”] et vous aurez exactement ce que je pense de la classe politique française depuis des mois et des mois ! J’ai vraiment honte pour eux. Et pour mon pays surtout. Continue reading

Finalement c’est Ernst Jünger et Bob Dyan qui avaient raison !

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Dans son Journal, Ernst Jünger notait cette phrase qui m’a frappée le week-end dernier : “J’ai songé aux paroles de mon père : “Rien ne changera avant que ne survienne un grand malheur”… Il notait ça le 10 juillet 1944, avant que tout s’écroule précisément. Bob Dylan, en janvier 1964, disait la même chose aux sénateurs et aux députés dans The Times They Are a-Changin” : “l’eau monte et bientôt vous serez trempés jusqu’aux os. Alors vous feriez mieux de vous mettre à nager ou vous coulerez comme une pierre!”…

C’est exactement notre problème dans la France de 2013 ! Nos politiciens (qui savent qu’ils doivent plaire pour se faire réélire) ont toujours une bonne raison pour nier la réalité, maquiller la gravité des chiffres, reporter les vraies réformes, ne pas s’attaquer en profondeur au mille-feuille des statuts et aux avantages acquis, à telle catégorie, à tel régime particulier etc. On entend ça depuis des décennies. Et c’est pour ça qu’on rame et que personne ne voit jamais la lumière au bout du tunnel ! Continue reading

A force de penser petit, on va devenir des nains !

gulliver.jpg Bon, je ne sais pas si vous pensez comme moi mais parfois je trouve qu’en France, surtout dans l’administration, on pense petit, on pense étroit ; c’est étriqué et minimal. Dès qu’on propose quelque chose qui modifie un peu les structures, ou le train-train ou la routine, on passe pour un inadapté, un déséquilibré mental ou un malade dangereux. Faut donc surtout pas changer, ou alors faut y aller très doucement, très progressivement, ou même ne pas y aller du tout, ce qui serait encore mieux. Ils veulent d’abord s’assurer que ce n’est pas risqué de vouloir tout de suite aller aussi vite – et aussi loin. Peut-être qu’on pourrait faire des étapes ?… oui, c’est ça, ça permettra de ne pas avancer trop vite. Donc, une première étape (mais pas trop loin hein) et puis on s’arrêterait et on ferait le point. Ou plutôt l’inverse : on ferait le point et puis on s’arrêterait ! C’est ça : on s’arrêterait, parce qu’on ne peut pas changer tout le temps tout de même. Et il faut surtout d’abord s’assurer que ce n’est pas inutile de vouloir changer les choses. Parce que déjà l’idée de changement il faut qu’on s’y habitue, alors le changement lui-même, vous pensez ! ça ferait une tel changement justement… D’ailleurs, finalement, est-ce que ce n’est pas aussi bien tel que c’est ? C’est vrai ça, puisque c’est bien, pourquoi diable est ce qu’Eric s’obstine à dire que ce serait mieux si on restructurerait les choses ? On a toujours fait comme ça, après tout ; on est habitués, alors pourquoi changer ? Quelle idée de vouloir secouer la lustrine ! Et pourquoi aller plus vite surtout : ça va encore soulever plein de poussière… Et si on ne faisait rien plutôt ? Ou alors plus tard ? Tiens, oui, c’est ça : on est tout à fait d’accord pour changer mais plus tard ! Vous voyez qu’on est plein de bonne volonté et qu’on est tout à fait favorables au changement. Mais plus tard ! Etc etc etc…[discussion de bureau] Restons des nains !

Caricature par James Gillray (1756-1815) – [Wikipedia]

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