Mandela : l’interprète des cérémonies plaide la schizophrénie. Et Najat Vallaud-Belkacem alors ?

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Tout le monde connait désormais Thamsanqa Jantjie, l’interpète Sud-africain en langue des signes de la cérémonie d’hommage à Nelson Mandela. On a découvert qu’il traduisait comme un manche, mais lui affirme avoir été victime d’une crise de schizophrénie… Curieusement, personne ne s’est posé la question de la capacité de la Porte-parole du Gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, à traduire les décisions du Conseil des ministres. Mais les premiers résultats de l’enquête sont formels et accablants… Continue reading

“Tout concept préformé et détaché du sensible m’est en horreur”

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Dans son Journal, le 9 mars 1945, Ernst Jünger note ceci :

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STYLE — Ma répugnance envers tout chiffre dans le texte — exception faite des indications chronologiques, de la date et du millésime… Elle vient, en principe, de ce que tout concept préformé et détaché du sensible m’est en horreur, et que le chiffre en est un, sauf, justement, le millésime, où le chiffre prend corps. 1757, 1911, 1914 sont des grandeurs sensibles ; au contraire, il faudrait me forcer pour écrire : 300 chevaux, 256 morts, 100 arbres de Noël. Il ne faut jamais voir les choses avec le regard froid de la statistique.

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Et si on écoutait enfin les sourds-muets ?


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Bon, je ne sais pas si c’est le Chablis ou la discussion avec Krim ce soir sur l’utilité des discours à l’ONU quand personne n’écoute plus, mais il est clair que les hommes politiques, les diplomates, les journalistes et les médias ont usé jusqu’à la corde tout ce qu’on pouvait dire avec des mots. Ils en ont fait des tonnes et créé des ravages en ouvrant le robinet à blabla du matin au soir, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Plus un moment de silence : ils parlent à n’en plus finir et jacassent tout le temps, sans interruption, partout : à l’assemblée nationale, à l’ONU, dans les commissions, dans les conseils, dans les hauts comités, dans les réunions, dans les journaux, au conseil des ministres, aux journaux télévisés… Partout ; ils parlent partout et tout le temps. Ils empilent les mots, et des mots sur des mots, et des phrases et encore des phrases sur des phrases, jusqu’à plus soif… Et moi ça m’épuise car on voit bien qu’ils n’ont même plus le temps de penser et de réfléchir.. Depuis des années, ils ont tout dit et le contraire de tout, à tort et à travers et dans tous les sens. Ils sont au bout de ce qu’ils ont à dire et n’arrivent même plus à convaincre personne.

Vous je ne sais pas, mais moi je suis carrément mort de les entendre parler. Je n’ai plus qu’une envie : apprendre le langage des signes. Comme ça je pourrai parler aux sourds muets. Peut-être EUX n’ont pas encore usé les mots jusqu’à la corde. Peut-être ce sont EUX les derniers qui ont encore des choses intéressantes à nous dire sur le monde ? Mais pour le savoir il faut évidemment que j’apprenne leur langue. Car on ne les entend ni à la radio, ni à la télé…

PS : Oui je sais… je sais que la bouche est faite pour parler ! Qu’ils parlent ne me gène pas ; mais la tête est faite pour penser. Et les oreilles pour écouter. Donc ce que je demande finalement c’est juste ceci : qu’ils écoutent davantage, pensent un peu plus, et parlent un peu moins ! Ne serait ce que pour entendre (c’était le début de ma conversation avec Krim ce soir) ce qu’avait à dire cette jeune fille de 13 ans à la tribune de la Conférence des Nations Unies en 1992 ? Personne n’a écouté, personne n’a entendu. Ils ont tellement usé les mots que maintenant tout le monde s’en fout. [Severn Suzuki, ECO (Environment Children Organisation) ONU, Rio de Janeiro, 1992]

Quelques petits bouts de silence, en vrac… Continue reading

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