Je viens d’apprendre que Dieu était à court de pigment à base de potassium de cobalt…

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Septembre est bien engagé, et il y a peu de chances qu’on retrouve les beaux ciels bleus de cet été. Mais il y a une explication qui est liée au fait que Dieu serait à court d’un pigment bleu appelé smalt. J’ignorais totalement ce qu’était le smalt, mais c’est un mélange de poudre de cobalt qu’on fond à 1150° C pour obtenir une masse de verre d’un noir bleuâtre profond, qui est finalement broyée en une fine poudre, et c’est ce bleu que Dieu utilise pour ses ciels. Mais là, pas de bol, il n’a pas été livré et c’est pour ça que les ciels de septembre laissent à désirer… Continue reading

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Je mets cette photo uniquement pour me rappeler le ciel ce soir en rentrant du Luco, au-dessus du marché Saint-Germain, à côté de Saint-Sulpice… Le ciel, et aussi le toit, qui ressemblait au coin dentelé d’un petit Lu :-)

Et si je cassais carrément les aiguilles ?

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Dans la course à la montre contre Alzheimer, c’est évidemment alzheimer qui va gagner. C’est une course terrible où, avec chaque jour qui passe, le temps devient de plus en plus court, de plus en plus serré, de plus en plus stressant. Du coup je repense souvent au temps où j’avais le TEMPS de profiter de la vie, au temps où la vie s’écoulait lentement… Au temps où j’étais heureux en fait.

A Sienne, dans cette sublime petite ville italienne où j’aimais tant aller, il y a sur l’inoubliable Piazza del Campo, l’imposante Torre de la Mangia. Et, à mi-hauteur, une horloge qui a la particularité rare de ne pas avoir d’aiguille pour les minutes. Juste celle des heures, qui ne bouge donc pratiquement pas. Le temps sans les minutes s’écoule lentement et vous donne le temps de vivre : on se lève le matin pour prendre un premier café à un bout de la place ovale, le soleil est doux et doré comme un croissant; dès qu’il tourne, on change de café pour suivre ses rayons et on prend un autre capuccino. Vers l’heure de l’apéritif
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Les merles chantaient ce soir, c’était bien !

cielbbr3.jpg C’est drôle, nous sommes en février, c’est l’hiver, il devrait neiger et ce soir il y avait dans l’air comme une douce impression de printemps. Les merles de l’avenue chantaient et le ciel était comme j’aime et comme le décrit Dante au chant XXX du Purgatoire : “à l’orient tout rose et le restant orné de bel azur limpide…”
Si les hommes étaient moins bêtes, on vivrait carrément au Paradis et la vie serait belle. J’ai acheté des Véroniques chez la fleuriste qui s’appelle Aurore (je le sais parce que c’est marqué sur son badge); Josué me signale qu’à la BnF, sur le site Tolbiac, la buse (dite de Harris) est venue remplacer le faucon (Lanier) qui monte la garde contre les étourneaux. Fred m’envoit un mail pour me dire qu’il a la tête dans les ordinateurs et qu’il n’a pas vu le ciel de toute la journée (il ne voit pas non plus la nuit car quand à deux heures du matin je lui demande un truc sur mon système X, il me répond dans les trois secondes). Sur TF1, Alain Juppé parlait de son avenir. Maman ne sait plus très bien qui est Juppé. J’écoute Tamerlano de G.F. Haendel. Depuis trois jours, j’ai sous ma porte un avis de passage laissé par l’agent recenseur (et que je laisse sous le paillasson car ça me casse la tête d’avoir à répondre à des questions stupides inventées par une bureaucratie idiote). Ce soir à 0:40 j’écouterai Daniel Arasse parler des Annonciations du XVe siècle florentin (le petite de Cortone que j’aime bien). Et ainsi va ma vie, faite de [petits] riens et aussi d’une immense fatigue.

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