Est ce que quelqu’un a prévenu les cigognes qu’il fallait partir ?

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Tout à l’heure, surFrance-Culture, à propos de la catastrophe à la centrale nucléaire de Tchernobyl qui a eu lieu le 26 avril 1986 à 1 h 23, j’ai entendu le témoignage d’une personne qui a dit cette phrase que je trouve bouleversante : Continue reading

“Autre image de la joie”…

cigogne_bouvier
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Je relisais les carnets du Japon de Nicolas Bouvier et je retombe sur cette phrase qui me met en joie :

“Autre image de la joie : le claquement de bec de la cigogne lorsqu’elle construit son nid sous l’averse au-dessus du miroir de la boue…”

Oui, en effet, autre et belle image de la joie … et il faut une belle âme comme celle de Nicolas Bouvier pour se rendre compte de l’immensité de ce claquement de bec

Je sais que j’en ai déjà parlé mais comme ce blog tourne inlassablement en rond (comme les idées dans ma tête d’ailleurs et ma vie en général) je ne peux que vous redire combien ces cigognes sont exceptionnelles :-)

“… même leur claquement de bec est inoubliable. Ils appellent ça un craquètement mais ça n’est absolument pas ça, parce que justement elles ont un problème dont les dictionnaires ne parlent pas : pour les alsaciens, qui les voient arriver au printemps, elles font des “clac clac clac” – plutôt même des “klak klak klak” car on est en alsace et c’est comme ça qu’ils décrivent leur chant dans l’harmonie municipale locale… En réalité elles sont folles de flamenco et ce qu’elles rapportent en Alsace (à leur retour de migration dans le sud et après avoir survolé les petites villes espagnoles) c’est justement cette grande subtilité des castgnettes espagnoles dont je vous rappelle qu’elles ne sont pas creusées de manières égales : il y a d’une part la hembra (femelle) qui est plus aiguë, et d’autre part la macho (mâle) qui possède un son plus grave, ce qui permet des couleurs et des variations de sonorités très différentes lorsqu’elles s’entrechoquent. Donc si vous pensiez que c’était juste un “clac clac” banal, mon Dieu, c’est que vous ne connaissez vraiment rien aux cigognes !” :-)

La cigogne n’a pas seulement un long bec rouge. Elle a une âme !
Nicolas Bouvier fait évidemment partie des suisses que j’aime

La cigogne n’a pas seulement un long bec rouge. Elle a une âme !

cigogne-hansi
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Je reviens juste trente secondes sur cette histoire de définitions des dictionnaires – vous savez, ces définitions qui nous permettraient, comme avec un manuel technique, de refaire la Création si par malheur on avait à se taper un nouveau Déluge…

Oui, je sais que c’est complètement fumeux mais que voulez vous, je suis alsacien à la tête carrée, et quand les définitions ne sont pas précises dans les dictionnaires – même si les gens s’en foutent – moi ça m’horripile. Donc je disais que, pour le merle, la définition était carrément inutilisable. Et pour les cigognes c’est encore pire; et je m’y connais en cigogne car quand j’était petit, je les ai fréquentées un maximum.

Dans un dico normal on vous dit juste un truc du genre :

“CIGOGNE, subst. fém. − Oiseau migrateur de grande taille, à longues pattes et à long bec…”

On voit bien qu’ils ne connaissent rien à la joie des cigognes quand, dans l’air printanier de mon enfance qui sentait bon les kugelhof et les Lintzertarts, elles survolaient magestueusement les petits villages alsaciens en planant avec leurs grandes ailes noires et blanches… Tous les enfants du village accouraient de partout pour les voir arriver et tournoyer longuement au-dessus du toît de l’église où, (comme ils le font maintenant pour les Roms qui exigent des aires d’accueil), le curé et le maitre d’école avaient soigneusement préparé, avec une immense espérance au fond du cœur, un magnifique nid d’accueil.

Donc, avant de se tirer dans le sud quand elles commençaient à se geler les fesses dans leur nid, ces cigognes passaient du bon temps assises carrément au sommet de l’église : elles connaissaient donc pratiquement par coeur toute l’oeuvre de Bach pour orgue. Elles devaient aussi connaître le patois alsacien et quelques vers de Goethe (Wer reitet so spät durch Nacht und Wind?). Les recettes de la choucroute, du bäckeoffe et des spaetzles aussi… tout ça dans des vapeurs lumineuses et joyeuses de riesling ou de sylvaner.

Et donc ce que ces maudits dictionnaires passent sous silence c’est justement tout ça ! qui fait précisment qu’une cigogne est vraiment une cigogne. Parce qu’ensuite, elles se cassent. Les unes traversent le bosphore, planent au-dessus de Sainte-Sophie et vont atterrir au bout de la Corne d’or, vers le café de Pierre Loti, là où je les ai vues couvertes de poussière à se croquer quelques grenouilles turques dans un air parfumé de jasmin. Les autres s’envolent plutôt vers l’Espagne : que voulez-vous, la musique arabo-andalouse continue d’attirer les cigognes les plus mélomanes… Sur leur gauche, de très haut, elles voient miroiter la méditerrannée, survolent l’Andalousie et les immensités de champs de blé et vont atterrir tout là bas en bas, là où les gens mangent des tapas le soir en écoutant Albéniz ou Granados.

Vous voyez bien que la définition du dictionnaire est lamentable. Qu’elles ont plein de trucs à raconter. Des histoires immenses et terrifiantes qui n’ont rien à voir avec le gentillet folklore alsacien.

Et même leur claquement de bec est inoubliable. Ils appellent ça un craquètement mais ça n’est absolument pas ça parce que justement elles ont un problème dont les dictionnaires ne parlent pas : pour les alsaciens, qui les voient arriver au printemps, elles font des “clac clac clac” – plutôt même des “klak klak klak” car on est en alsace et c’est comme ça qu’ils décrivent leur chant dans l’harmonie municipale locale… Mais en réalité elles sont folles de flamenco et ce qu’elles rapportent en alsace c’est justement cette grande subtilité des castgnettes espagnoles dont je vous rappelle qu’elles ne sont pas creusées de manières égales : il y a d’une part la hembra (femelle) qui est plus aiguë, et d’autre part la macho (mâle) qui possède un son plus grave, ce qui permet des couleurs et des variations de sonorités très différentes lorsqu’elles s’entrechoquent. Et vous pensiez que c’était juste un “clac clac” banal ! Mon Dieu, mais vous ne connaissez rien aux cigognes !

Je vous en foutrais moi du – “Oiseau migrateur de grande taille, à longues pattes et à long bec…”

Marre qu’on nous raconte des crasses
Voyager dans un plat à oeuf …
Les définitions des dictionnaires sont inutilisables
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L’image en haut est du grand Hansi.

On nous raconte des crasses (2)

suetone4
On m’avait toujours dit que Caligula avait nommé son cheval au Sénat. Vu le personnel politique que nous avons aujourd’hui, je trouvais cela plutôt marrant et plutôt moins dangereux que les vieux canassons que nous avons au Palais du Luxembourg. Mais je prends les Vies des douze Césars et quoi moi lis-je sous la paluche de Suetone himself ? Ceci : “consulatum quoque traditur destinasse” ; ce qui se traduit par :
“il projeta même, dit-on, de le faire consul”. Donc, encore une fois, en remontant aux sources, je m’aperçois qu’on nous a bourré le mou avec cette histoire de cheval. Faire ce n’est pas la même chose que projeter de faire. C’est comme les cigognes : “marre qu’on me raconte des crasses”. Faudrait que les gens vérifient leurs sources avant de nous raconter éternellement les mêmes sornettes.

A propos, pour ceux que cela intéresse, Suétone ajoute que le cheval s’appelait Incitatus et qu’outre une écurie de marbre, une crèche d’ivoire, des housses de pourpre et des licous ornés de pierres précieuses, Caligula lui donna un palais, des esclaves et un mobilier pour recevoir plus magnifiquement les personnes invitées en son nom”.
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Marre qu’on nous raconte des crasses
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D’autres petits chevaux…
Le cheval à l’intérieur du bloc de marbre
Youpi, tout va mal !
Le cheval du Condottière
L’élégant petit cheval du Conservatoire des Arts et Métiers
Les naseaux bouillonnants du canasson

Marre qu’on me raconte des crasses (1)

On m’avait toujours dit que les cigognes traversaient la méditerrannée et moi, bonne poire, je l’ai toujours cru ; c’est simple, je crois tout ce qu’on me dit. Or les ornithologues les ont équipées de balises Argos et je suis en train de lire – avec photo à l’appui – que les cigognes de l’ouest de l’europe migrent vers l’afrique en passant par le détroit de Gibraltar (trajet en vert), et que les cigognes de l’est de l’europe traversent le Bosphore, passent par Israël et le Sinaï pour atteindre le Soudan, la Tanzanie voire l’Afrique du sud (trajet en bleu).

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Donc elle ne survolent pas la méditerrannée et moi je le croyais. Donc on s’est moqué de moi. Et je pense qu’il y a plein d’autres trucs comme ça où on m’a raconté des crasses. Va falloir que j’y regarde à deux fois maintenant que je suis grand. On m’a déjà fait le coup avec la grande ourse !

voyager dans un plat à oeuf
On nous raconde des crasses (2)

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