Corde du pendu … ou corde du sonneur…

corde
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En passant rue de Mézière hier, il y avait un débarras sur le trottoir, avec de vieux oripeaux et cette corde blanche… Je ne sais pas pourquoi j’ai mis ma main autour mais tout à coup, pof, je me suis soudain rappelé que petit, il m’était arrivé d’aller sonner les cloches dans l’église du tout petit village de Lozère où je passais mes vacances. Je ne sais pas si avez une expérience de sonneur, mais le mouvement de la corde — avec ses stupéfiants moments de “mise en tension” et de “détente” — est une impression totalement inoubliable.

Quand on tire la corde, la cloche sonne, mais — comme la corde doit encore s’enrouler autour d’une grande poulie — il faut la laisser filer sans trop la serrer pour ne pas se brûler les doigts lorsqu’elle remonte brusquement… Si vous la serrez trop fort, vous restez accroché à la cloche qui vous arrache du plancher en vous propulsant au ciel !

C’est surtout le moment de non-résistence de la corde qui m’avait fasciné à l’époque. Ce moment bizarre où la corde devient inerte et vient s’enrouler à vos pieds comme un serpent sur le plancher… Et puis, tout à coup, la poulie a fait un tour, la corde se tend brusquement, il faut tirer à nouveau pour relancer la cloche, puis laisser filer la corde en ouvrant la main pour ne pas se brûler …

Bon c’est très vieux tout ça, et je ne me souviens plus très bien en fait… C’est pour ça que je décris très mal et que vous ne devez absolument rien comprendre. Mais ce n’est pas grave, ce sont juste des souvenirs joyeux de mon enfance… Les cloches qui sonnent en marquant les temps spirituels ont toujours été pour moi (que ce soit dans une grande cathédrale ou une toute petite église rurale) un grand moment de joie intérieure : la voix de la foi qui s’élève joyeusement dans le ciel en purifiant l’air comme une volée d’encens … Comme vous le savez, je déteste les matérialistes :-)

Les cloches, la nuit, à Sarajevo…
Nostalgie de la vieille chrétienté du Moyen-Age…

Cloche de verre…

Tout à l’heure je suis passé à la pâtisserie bobo de la rue du Bac où ils mettent leurs gâteaux sous de belles cloches en verre… Sous celle-là il n’y a rien parce que je l’ai pris ;-) Mais bon, si je pouvais je m’y installerais bien – je veux dire carrément sous la cloche. Je trouve que la lumière est belle, j’aime bien la transparence ; il doit faire bon chaud et on doit pouvoir s’y reposer en paix et en silence. Mais bon, faudrait que je rétrécisse, donc on oublie.

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Les curés n’osent plus sonner les cloches mais on a les clochettes autour de l’église !


Pas de doute, on est début mai : les Paulownia sont à nouveau en fleurs autour de l’église Saint François Xavier : magnifiques grappes de clochettes mauve clair et bleu héliotrope à gorge crème tachetées de pourpre… Dieu est grand ! Comme chacun sait (et si vous ne le saviez pas je vous le dis, ce qui est un des modestes avantage de ce blog) le Paulownia tient son nom d’Anna Paulowna, fille du tsar Paul Petrovitch Ier. L’espèce, originaire de Chine, parut en angleterre en 1823 puis à Paris en 1834 (jardins du Muséum d’histoire naturelle) et maintenant au coin de la rue, juste en bas de chez maman. Tous les ans à la même époque, les Paulownia (il y en a bien une cinquantaine et je donnerais la Légion d’honneur et le nom de la place à celui qui les a plantés pour le bonheur des générations futures au lieu de cet obscur abruti qui n’a rien fait d’autre qu’être président du Conseil municipal de Paris) je disais donc que ces cinquante Paulownias sont, pour maman et moi, une source d’enchantement, un but de ballade et un prétexte à faire, tous les jours que Dieu fait, un pélerinage émerveillé autour de l’église. On tourne autour comme en procession, on regarde les enfants jouer dans le bac à sable… C’est notre façon de rendre grâce à la beauté et à la diversité de la Création. Gloria patri et filio et spiritui sancto, sicut erat in principio et nunc et semper et in saecula saeculorum. Amen !

(Oui, je sais, j’en avais déjà parlé à l’époque mais je viens de refaire la photo alors je reposte. Tant pis pour ceux qui ont de la mémoire. Moi je n’en ai plus et Maman non plus (Alzheimer nous a détruits et dévastés l’un et l’autre). Et puis ce blog tourne en rond alors il est normal que tous les ans à la même époque je parle de la même chose : les paulownia fin avril, les calendriers de l’Avent à Noël… Normal finalement : ça s’appelle radoter. Je pourrais même tenir toute l’année rien qu’avec leurs fameuses “Journées” bidons et si totalement débiles-mentales que la seule liste me rend totalement fou. S’ils voyaient mes journées à moi !

Les cloches, la nuit, à Sarajevo…

“Quand on reste jusqu’au matin tout éveillé dans son lit, on entend tous les bruits de la nuit à Sarajevo. Pesamment et sûrement, l’horloge de la cathédrale catholique sonne deux heures.
Une minute plus tard (soixante-quinze secondes exactement, j’ai compté), sur un timbre un peu plus faible mais pénétrant, l’horloge de la cathédrale orthodoxe sonne ses deux heures.
Un peu plus tard, la tour de l’horloge de la mosquée du Bey sonne à son tour, elle sonne onze heures, onze heures turques spectrales, conformément aux comptes étranges de pays situés à l’autre bout du monde !
Les Juifs n’ont pas d’horloge pour sonner et seul un dieu méchant sait quelle heure il est maintenant, selon leurs comptes différents, d’une part pour les Ashkénazes, d’autre part pour les Sépharades.

Ainsi, même la nuit quand tout dort, dans le décompte des heures creuses du sommeil, veille la différence qui divise ces gens endormis ; ces gens qui, à l’état de veille, se réjouissent et se désolent, jeûnent et font ripaille selon quatre calendriers différents et inconciliables et envoient vers le même ciel tous leurs souhaits et leurs prières en quatre langues liturgiques différentes. Et cette différence, tantôt de façon visible et ouvertement, tantôt de manière invisible et sournoise, ressemble toujours à la haine et se confond parfois tout à fait avec elle.”

Le recueil s’appelle “Titanic et autres contes juifs de Bosnie” ; L’auteur est Ivo Andric. L’éditeur Le serpent à plumes, la collection motifs. La nouvelle c’est “une lettre de 1920″ et c’est à la page 109 … Et je trouve ce texte sidérant.

“La poésie est le plus parfait format de la résistance !”

L’annuaire des PTT

Ils ont déposé hier devant la loge de ma concierge des piles d’annuaires des PTT. J’ai feuilleté et me rends compte qu’en fait tout Paris (qui doit avoir des millions d’habitants) tient dans ces deux petits volumes. On est serrés comme des sardines, les uns contre les autres et c’est écrit si petit que je ne peux même pas lire. J’avais l’impression de chercher mon nom comme sur un Mémorial, comme sur la liste infinie des morts de la guerre du Viet-Nam ou de la guerre de 14; mais c’est un mémorial où il n’y aurait que des vivants, ouf. Mais ça fait drôle de voir qu’on est tous là, serrés comme des pauvres numéros. Enfin, bon, j’aime pas tellement : c’est comme dans le métro à 18h, trop bondé. En fait vous savez à quoi je pense quand je regarde ces annuaires ? que j’aimerais vivre dans un endroit où le bottin du téléphone ne compterait qu’une centaine de noms, quelques vaches, des cloches qui résonneraient dans l’air pur des alpages, des chiens qui s’amuseraient à faire courir les moutons, quelques gentianes bleues, quelques trolls jaunes… Ici il y a trop de tout : trop de bruit, trop de pollution, trop de voitures, trop de gens, trop de tout en fait. Normal que notre ballon vole si bas : faudrait lâcher du lest ! Moi j’veux bien sauter du bottin si ça peut aider…

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