Rendre la vie aux morts … si seulement je pouvais …

necrobia

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… C’est Louis Calaferte qui raconte quelque part l’histoire du minuscule petit coléoptère qui s’introduisit un jour — pour en changer le cours — dans la vie de l’entomologiste Pierre-André Latreille. Il lui apparût dans la cellule où, sous la Révolution, en attendant d’être déporté en Guyane, il était incarcéré à la prison de Bordeaux pour avoir refusé de prêter serment à la constitution civile.

L’ayant capturé et fait parvenir au naturaliste Bory de Saint-Vincent, celui-ci fit aussitôt libérer le détenu qui eut donc la vie sauve grâce à un minuscule petit insecte. Semblables interventions, sous des formes inattendues et en apparence dénuées d’effets potentiels, en disent long sur la précision de l’imbrication des faits dans la cohérence mystérieuse des destins.

L’insecte étant inconnu à cette époque, Latreille le baptisa donc Necrobium, qui rend la vie aux morts, son nom scientifique devenu plus tard Corynates ruficollis.

Si un infime petit coléoptère aux beaux reflets d’émail bleu avait la grande et généreuse bonté de passer dans ma cellule aujourd’hui, je lui demanderais de rendre la vie à une certaine personne née un 10 juillet…

Autre scarabée
Trois secondes pour changer les destins

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