Je suis complètement idiot de faire confiance !

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J’ai fait hier un rêve idiot : le fou du Roi me chuchotait à l’oreille :

la fille du Roi, la princesse aux cheveux de lin, belle comme la rosée du matin est cachée dans un dragon vert qui habite au-delà de la cinquième montagne derrière les cîmes de la troisième forêt de bouleaux blancs. Elle appartiendra à celui qui aura le courage d’approcher du dragon terrifiant et de chuchoter à son oreille (la droite, celle qui a une perle de nacre) “Peek-a-boo, belle Princesse, êtes-vous là ?”. Et alors le Dragon se transformera en Princesse ! Tu dois donc partir ce soir même et, à ton retour, tu pourras épouser la fille du Roi…

Et moi comme un âne je partais dans le froid glacial, je marchais jusqu’à la troisième forêt de bouleaux blancs au-delà de la cinquième montagne et, au moment où j’arrivais à quelques mètres du dragon, ce cinglé me fonçait dessus en crachant du feu et en beuglant comme un malade. Et paf je me suis réveillé terrorisé. C’est la dernière fois que j’écoute les fous qui me disent où sont cachées les belles princesses endormies dans un sommeil de poudre d’or ! En tout cas pas avant de savoir si c’est le bon dragon ! Pas envie de me faire dévorer pour rien si c’est pas la bonne princesse qui est à l’intérieur !

A propos de PRINCESSES et DRAGONS
Partir dans la huitième forêt, après le troisième fleuve qui coule au nord de l’avenir
Peur des dragons
Ecrabouiller le Mal
Les seules petites princesses que je rêvais de rencontrer, c’est dans les galettes des rois que je les ai trouvées.

A propos de CONTES
Je t’attends ce soir à Samarcande…
Youpi tout va mal
Les petits copeaux de bois de Tristan

A propos de CONFIANCE :
C’est beau la confiance…
Je (ne) fais (pas/plus) confiance à la justice de mon pays

Je t’attends ce soir à Samarcande…

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Conte arabe : Il y avait une fois, dans Bagdad, un Calife et son Vizir. Un jour, le Vizir arriva devant le Calife, pâle et tremblant :

“Pardonne mon épouvante, Lumière des Croyants, mais devant le Palais une femme m’a heurté dans la foule. Je me suis retourné : et cette femme au teint pâle, aux cheveux sombres, à la gorge voilée par une écharpe rouge était la Mort. En me voyant, elle a fait un geste vers moi. Puisque la mort me cherche ici, Seigneur, permets-moi de fuir me cacher loin d’ici, à Samarcande. En me hâtant, j’y serai avant ce soir”

Sur quoi il s’éloigna au grand galop de son cheval et disparu dans un nuage de poussière vers Samarcande. Le Calife sortit alors de son Palais et lui aussi rencontra la Mort. Il lui demanda :

“Pourquoi avoir effrayé mon Vizir qui est jeune et bien-portant ?”

– Et la Mort répondit :

“Je n’ai pas voulu l’effrayer, mais en le voyant dans Bagdad, j’ai eu un geste de surprise, car je l’attends ce soir à Samarcande”

——–
Vous je ne sais pas, mais moi, chaque fois que je l’entends, cette histoire me glace le dos, littéralement.

Youpi tout va mal
Les petits copeaux de bois de Tristan

Youpi, tout va mal !

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Je ne sais plus très bien où j’en suis de l’évolution de la catastrophe (voir entrée du dictionnaire ci-dessous) mais je me suis rappelé aujourd’hui ce vieux conte taoïste :

Un modeste paysan vivait au nord de la Chine, aux confins des steppes hantées par des hordes nomades. Il rentra un jour en sifflotant avec un superbe cheval qu’il avait acheté à prix d’or au marché de la grande ville voisine. Quelques jours plus tard, son unique cheval s’échappe et disparait vers la frontière.

L’événement fait le tour du village et les voisins viennent tour à tour le plaindre pour sa malchance. Le vieux paysan hausse les épaules et répond imperturbablement :
– Les nuages cachent le soleil mais apportent la pluie. D’un malheur naît parfois un bienfait. Nous verrons…

Trois mois plus tard, le cheval réapparait avec à ses côtés une magnifique pouliche et son petit. Les voisins vienent à nouveau le féliciter :
– Vous aviez raison d’être optimiste, disent-ils. Vous perdez un cheval et vous en gagnez trois !
– Les nuages apportent la pluie nourricière, répond le vieux paysan, mais parfois aussi l’orage dévastateur. Le malheur se cache dans les plis du bonheur. Attendons !

Le fils aîné du paysan dressa l’étalon fougueux, prit plaisir à le monter tous les matins et ne tarda pas à faire une chute. Il failli se rompre le cou mais s’en tira avec une jambe cassée. Aux voisins qui venaient à nouveau le plaindre, le vieux paysan répondit :
– bonheur ou malheur, qui peut savoir ? Les changements n’ont pas de fin en ce monde impermanent.

Quelques jours plus tard, la guerre éclata et la mobilisation générale fut décrétée dans le tout district pour repousser l’invasion ennemie. Tous les jeunes gens valides partirent pour le front et bien peu en revinrent.
Mais, grâce à sa jambe cassée, le fils unique du vieux paysan échappa aux massacres…

Dans mon histoire, je ne sais pas très bien où j’en suis de la déroute alzheimer et peut-être qu’un jour je me réjouirai de tout ce qui me tombe sur la tête en ce moment… mais bon, pour l’instant c’est : youpi, tout va mal !
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Tenir, facile à dire !
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D’autres petits chevaux…

Le cheval de Caligula
Le cheval à l’intérieur du bloc de marbre
Le cheval du Condottière
L’élégant petit cheval du Conservatoire des Arts et Métiers
Les naseaux bouillonnants du canasson

Explorer des mondes…

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Benoit me fait un long récit de son voyage en Iran. Moi qui, à cause de Maman et d’alzheimer, ne bouge pratiquement plus de Paris, je me sens comme le vieux Zénon de Marguerite Yourcenar qui, tout à fait à la fin de sa vie, dans sa cellule, effleure du doigt les faibles aspérités d’une brique couverte de lichen et qui croit explorer des mondes… C’est un voyage aussi… Mais bon, d’accord, un jour je partirai sans doute à Samarcande !

Ce qui me fait penser à ce conte terrible…

Ce soir à Samarcande – Conte arabe :

>samarcande.jpg Il y avait une fois, dans Bagdad, un Calife et son Vizir. Un jour, le Vizir arriva devant le Calife, pâle et tremblant : “Pardonne mon épouvante, Lumière des Croyants, mais devant le Palais une femme m’a heurté dans la foule. Je me suis retourné : et cette femme au teint pâle, aux cheveux sombres, à la gorge voilée par une écharpe rouge était la Mort. En me voyant, elle a fait un geste vers moi.
Puisque la mort me cherche ici, Seigneur, permets-moi de fuir me cacher loin d’ici, à Samarcande. En me hâtant, j’y serai avant ce soir”
.
Sur quoi il s’éloigna au grand galop de son cheval et disparu dans un nuage de poussière vers Samarcande. Le Calife sortit alors de son Palais et lui aussi rencontra la Mort :
“Pourquoi avoir effrayé mon Vizir qui est jeune et bien-portant ?” demanda-t-il.
– Et la Mort répondit : “Je n’ai pas voulu l’effrayer, mais en le voyant dans Bagdad, j’ai eu un geste de surprise, car je l’attends ce soir à Samarcande”.

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