Quiz : êtes-vous un gentil Étatiste ou un méchant libéral ?

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Le problème avec ce Gouvernement — je devrais dire les Gouvernements car ils souffrent tous du même syndrome — c’est qu’il est impossible de les critiquer. C’est comme ça, ils ne supportent pas qu’on critique les clous qu’ils nous enfoncent quotidiennement dans la tête. Donc je vous explique avec deux photos que je viens de faire pour que ce soit plus clair. Et que vous puisez décider si vous êtes un clou (du bon côté du manche) ou une vis…

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Mode d’emploi pour désamorcer les critiques

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A mon bureau (mais pas seulement) j’ai eu l’occasion de réfléchir ces derniers temps à la question du désamorçage de la critique. Donc voici, en avant-première mondiale, ce qu’il faut faire — quand vous avez un problème ou un projet planté — pour qu’on ne vous critique surtout pas.

Phase 1

Vous prenez d’abord un air décontracté (pour vous, le problème n’est pas un problème, c’est juste un sujet.) et vous refusez de reconnaître la prétendue gravité de la situation en changeant les mots qui la qualifient. Par exemple si le truc est planté et ne bouge plus, vous dites qu’il est en pleine phase de “redéploiement” ou de “montée en régime”… N’importe quoi mais qui désamorcera les premières critiques sémantiques. Continue reading

Marre de dire que le capitaine du Titanic était “positif”. C’était un crétin !

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Cette histoire d’être “positif” ou “négatif” est ridicule et exaspérante. Il faut savoir si on a la main sur les situations ou pas.

Quand c’est juste une question de “psychologie”, je préfère évidemment vivre avec des optimistes !

Le temps, par exemple. S’il pleut en Bretagne, on ne peut évidemment pas y faire grand chose. Le pessimiste qui dira : “merde, y en a marre, on rentre à Paris” est idiot et gâchera tout le séjour. L’optimiste qui dira : “allez, on va manger des huîtres et quand on en sera au café le soleil sera revenu !” a bien raison et je pense comme lui !

Il y a aussi les exercices mentaux où il est bon de s’exercer à “penser positif” pour se mettre en condition psychique de réussir : par exemple Virginie qui joue au tennis me dit qu’elle pense mentalement “je vais mettre la balle dans le carré” quand elle lève sa raquette pour le service. Et elle accompagne même cette attitude “positive” d’un “oui…” retentissant au moment où elle frappe la balle pour être sûre que ça marche encore mieux ! C’est un bon exercice mental et ça aide à gagner : le négatif qui dirait “je ne vais jamais y arriver” n’y arriverait effectivement jamais. Et il casserait l’optimisme des autres, donc nul.

Bon, tout ça c’est évident — c’est de la basse psychologie — et on ne va pas perdre plus de temps avec ça. Ça n’a rien à voir avec certaines critiques que je fais au bureau et où je me fais accuser de ne pas être positif. Ou celles qu’on fait au Gouvernement et où il nous accuse de ne pas partager son “optimisme” !

Je ne critique pas parce que je suis négatif. Mais parce que leur truc est tordu !

Ce qui me fait enrager, c’est que je ne critique pas parce que je serais congénitalement ronchon, foncièrement grognon ou délibérément négatif. Mais parce qu’il y a un truc tordu qu’il faudrait absolument corriger très en amont des projets, un problème de méthode, ou d’organisation, ou de bon sens, quelque chose dans la structure de construction qui fait que si on ne critique pas (sous prétexte d’être impérativement positif), le truc ne marchera jamais à l’arrivée. Ou nous fera perdre énormément de temps à faire, défaire, refaire…

Ce n’est pas une question de psychologie. C’est un problème de fond et de méthode !

Ce n’est pas une question de psychologie. Le problème n’est évidemment pas de savoir si, psychologiquement, vous voyez la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. C’est un problème de fond et de méthode qui ne peut pas être résolu si on doit absolument dire que c’est bien quand c’est mal barré. Prenez un architecte qui vous proposerait un plan sur lequel il mettrait le garage au premier étage et la cuisine à la cave. Vous le critiqueriez et il vous répondrait : “mais arrêtez de critiquer, soyez donc positif” …. Vous ne laisseriez pas construire la maison comme ça sans réagir sous prétexte qu’il faut absolument être positif ou en extase devant des plans mal foutus ?

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L’image ci-dessus représente très bien les circonstances dans lesquelles, au bureau, j’ose émettre une petite critique sur les plans et la méthode. Et où on me vole dans les plumes en me disant “mais ne sois donc pas négatif Eric, fais comme nous : sois positif !” ! Devant un truc aussi mal conçu, comment ne pas émettre une légère critique sur la méthode de construction ? Mais si je critique, on me dit que je ne suis pas “positif” et on me jette dans les orties comme si j’avais une pathologie qui me faisait tout voir de façon négative ! Singulier non ?

Quand c’est bien conçu ça se voit. Et je suis le premier à applaudir !

Quand les choses tournent bien comme des fugues de Bach, je ne critique pas. Quand les gens de la NASA arrivent – par des tours de force d’organisation et de logique – à envoyer des sondes dans le système solaire, je ne critique pas. Mais quand le Titanic fonce sur un iceberg et qu’on me dit qu’il faut que je sois “positif”, là, c’est vrai, j’ai du mal à me retenir ! Il devait y avoir également autour du capitaine des gens qui critiquaient la direction. Et on a du leur répondre : “mais ne soyez donc pas négatifs ! Soyez positifs” ! [arrrghhh].

Ceci était évidemment un petit post-scriptum au post précédent :-)
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Titanic !
Vous avez dit Titanic ?
Ils me pompent avec leur histoire de verre à moitié plein


Autres aspects de la vie au bureau…
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Mode d’emploi pour désamorcer les critiques

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A mon bureau (mais pas seulement) j’ai eu l’occasion de réfléchir ces derniers temps à la question du désamorçage de la critique. Donc voici, en avant-première mondiale, ce qu’il faut faire en cas de problème quand vous avez un projet planté et que vous ne voulez surtout pas qu’on vous critique.
Phase 1 : vous prenez d’abord un air décontracté (pour vous, le problème n’est pas un problème, c’est juste un sujet.) et vous refusez de reconnaître la prétendue gravité de la situation en changeant les mots qui la qualifient. Par exemple si le truc est planté et ne bouge plus, vous dites qu’il est en pleine phase de “redéploiement” ou de “montée en régime”… N’importe quoi mais qui désamorcera les premières critiques sémantiques. Vous savez, le genre “c’est à moitié plein et pas à moitié vide” (ça marche encore). Ne sous-estimez pas l’importance de cette phase 1 qui évite la dispersion des premières rumeurs malveillantes (et d’ailleurs ne dites surtout pas que le truc est planté : il est évidemment “en phase active de déploiement”.
Phase 2 : vous brandissez des comparaisons dans le temps et dans l’espace. Vous lâchez un peu de lest sur le fait que votre truc met certes du temps à démarrer mais vous donnez aussitôt trois coups de massue en disant (a) Que de tout temps les choses ont pris du temps, donc pas d’affolement, on est seulement dans la première phase d’un processus (insistez bien sur le mot “processus” qui vous donnera un peu de mou sur la durée)… (b) Que c’est bien pire ailleurs (vous trouverez bien un exemple avec des gens nuls dans une autre boite, une autre administration ou un autre pays. Et vous conclurez en disant: “mon pauvre ami, tu ne critiquerais pas autant si tu voyais ce qui se passe ailleurs …” (sous-entendu: à côté d’eux on est des génies). (c) Et enfin vous annoncez qu’on a déjà bien avancé (et que donc ce n’est pas le moment de critiquer puisque ça va bientôt (re)démarrer). D’ailleurs si j’étais vous je n’utiliserais pas le verbe “démarrer” parce que les gens voient tout de même assez vite si ça démarre ou non. Utilisez de préférence le verbe “redéployer”. ça fait aussi bien et les gens ne voient pas de quoi vous parlez. Ouf, fin de l’étape 2 (accrochez-vous car j’en ai 9 comme ça !).
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Eric y en a marre de tes critiques !

rails.gif Mes collègues trouvent que parfois je suis trop critique ; que j’exige trop d’organisation ; que c’est impossible dans le monde actuel. Qu’ils sont sur des chantiers tous plus urgents les uns que les autres, qu’il ne faut pas rêver, qu’on ne peut pas tout planifier, qu’il ne faut pas vouloir aller plus vite que la musique, que la pente est forte mais que la promesse est au bout du chemin, etc… En fait, je vois qu’ils ne comprennent pas très bien ce que je veux dire. Je ne veux pas aller plus vite que la musique, j’aime simplement sentir que les plans sont bien tracés. Et surtout, surtout que, faute d’anticipation, on ne va pas se planter ! Cette illustration de Richard Hess dit tout ce que je pense. Donc je n’ajoute rien. C’est évidemment moi qui ai tort : puisque la promesse est au bout du chemin, il ne faut pas critiquer un travail en cours : il n’y a en effet qu’à attendre la fin du chantier :-)

Autres aspects de la vie au bureau…
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