Mais que font les écureuils de Montréal ?

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Odile C. qui est au Canada avec le moral raplapla me dit :

“je crie ma colère, même s’il n’y a que les écureuils qui galopent le long des fils électriques pour l’entendre”

Je n’ai jamais été au Canada mais j’imagine les écureuils comme ça : Continue reading

Sortie de momie dépresive…

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Lorsqu’on a ouvert les sarcophages de la Grande Pyramide, certaines momies – qui s’étaient parfaitement conservées pendant plusieurs milliers d’années – sont, au contact de l’air frais, carrément tombées en poussière …


J’en profite pour le redire à ceux qui ne me connaissent pas : je n’écris pas pour dire des choses intéressantes mais uniquement pour occuper mes doigts et ma tête et ne pas penser… Je me suis arrêté dix jours et je vois que c’est pire encore. C’est pour ça que je recommence. Pas pour dire des choses intéressantes (il y a des revues et des livres pour ça).

Mon statut actuel à 15:26

Mon statut actuel à 15:26
ours pensif

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Je n’ai jamais connu la faim, ni la guerre…


Bon, je déprimais plutôt ce soir… Mais je me suis rendu compte
que finalement je n’avais jamais connu la faim, ni la guerre…
La vieille propriété de mon enfance a été détruite, mais pas par les bombes
J’ai toujours eu une propension étonnante à envisager le Pire
mais jusqu’à ces dernières années – avec Alzheimer qui emporte Maman et ma santé qui se déglingue – il m’avait épargné
Les dragons crachant du feu ne me collaient pas aux fesses comme maintenant
Je n’ai – heureusement – jamais marché sur des cadavres comme mon grand-père
ni vu partir des gens qu’on emmenait dans des trains pour ne jamais plus les voir revenir
Je ne suis pas allé à l’enterrement de mon père l’été dernier
mais parce que je ne pouvais pas laisser ma mère seule
Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, Continue reading

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La vie parfois, c’est comme un mât de cocagne…

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Bon, pour ceux qui n’ont pas connu les fêtes populaires du monde rural de l’ancien temps, les mâts de cocagne c’étaient des mâts plantés au beau milieu de la place du village. On effilait le tronc d’un immense sapin, on le lissait et on le savonnait à mort pour qu’il soit bien glissant. Et tout en haut, à de jolis rubans bleu blanc rouge, on accrochait des ribambelles de victuailles et on invitait les jeunes gens du village à y grimper pour les attraper…

Pas facile car le mât était évidemment glissant et il fallait pas mal de force brute pour y parvenir sans retomber sous les sifflets et les quolibets d’une foule passablement éméchée par le vin d’honneur et les verres de pastis… Tout le village se rassemblait autour du mât et les jolies paysannes, retenant leur souffle, regardaient les beaux garçons essayer de se hisser tout là-haut pour leur décrocher les chapelets de saucisses ou les énormes jambons…

Bon, pourquoi est ce que je vous raconte tout ça ? Ah oui, parce que récemment Krim m’a dit : “mais tu sais Eric, faut pas déprimer. La vie c’est formidable et quand Alzheimer sera fini, tu auras plein de choses à faire”… Et moi je pensais aux mâts de cocagne en me disant : “oui, c’est possible qu’il y ait plein de trucs à décrocher, mais c’est pour ceux qui aiment les jambons, les gigots et les saucisses … Moi je n’aime pas tellement les saucisses, alors pourquoi est ce que je devrais m’enthousiasmer et participer à cette liesse bruyante (que ceux qui s’amusent appellent la vie), m’enfiler plein d’échardes dans les cuisses et montrer mon derrière aux autres pour grimper au sommet d’un mât savonné par des abrutis pour le simple plaisir de décrocher, sous les applaudissement d’une foule hystérique, quelque chose qui ne m’intéresse pas vraiment ou plus beaucoup ? Peut-être il faut que j’interroge des végétariens ?

L’urgence de devenir végétarien…
Un rebelle, mais sans raison de se battre

L’oiseau qui avait lu Cioran

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Bon c’est vrai je déprime un peu en ce moment. Et en tombant sur ce dessin que j’aime bien, je me suis demandé un instant si ce n’était pas après que je sois tombé définitivement de ma chaise, ou de mon blog … Et il ne resterait en vie que l’oiseau qui dirait…. qui dirait quoi d’ailleurs ? Je ne sais pas trop parce que je ne trouve que des phrases d’oiseaux qui auraient lu Cioran ou des haikus japonais, ou qui auraient suivi les enseignements de bouddhistes tibétains, ou partagé un jour l’appartement de Woody Allen… J’ai bien en tête une liste de phrases qu’il pourrait dire (s’il avait lu ce que j’ai lu bien sûr) mais je ne sais pas laquelle. Alors les voilà en vrac :

– …il est évident qu’ici bas je ne suis pas dans mon élément (Cioran)

– …de temps en temps les nuages me reposent de tant regarder la lune (Bashô)

– …Tchip tirlouit tchioupch tirlit tirlouit…

– …Si tout ce qui est proche vous semble loin, c’est que cet espace touche les étoiles… (Rilke)

– …Le voleur a tout emporté, sauf la lune, qui était à ma fenêtre (Miyalori)

– …Alzheimer était une vraie merde ; je suis même étonné qu’Eric ait tenu aussi longtemps

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Autres oiseaux…
Des ailes pour planer au-dessus de la vie
Mes petites soeurs les hirondelles
Milosz ne parlait pas seulement aux oiseaux ; il leur chantait du Wagner !
Les oiseaux qui surgissent des phrases de Léonard
Les autruches sont des oiseaux politiquement très avancés
L’oiseau qui avait lu Cioran
Le canari de Milosz s’est envolé !
Un extraordinaire condensé d’harmonisation des contraires

La mémoire de certains soirs de Noël …

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Switchie c’était ma petite chienne… morte il y a quatorze ans un soir de Noël. Même avec ma mémoire totalement pulvérisée, le coeur se serre comme si c’était hier… C’est curieux la mémoire… il y a des moments qui ne s’effacent pas ; et d’autres qui sont totalement pulvérisés…

Switchie in memoriam
Disparaitre dans un calendrier de l’Avent

Pouvoir poser sa tête, juste un moment …

christ_jean.jpg Pour ceux qui ne le savent pas, je leur dis: la maladie d’Alzheimer est une vraie merde. Il y a ce qu’on lit dans les revues (ou plutôt ce qu’on ne lit pas parce que si on savait vraiment ce qui va arriver on ne se lèverait même plus le matin), ce que les gens vous montrent à la télé (qui n’est pas la vraie vie) et ce que vous disent la famille ou les amis (qui ne peuvent pas s’empêcher de répéter inlassablement la même phrase quand ils vous rencontrent : “Mais tu devrais te renseigner tu sais, il y a des maisons pour ça non ?”) de la même façon qu’ils vous diraient que vous pouvez accrocher votre chien à un platane sur l’autoroute pour vous en débarrasser quand vous partez en vacances l’été)… Et puis il y a la vie quotidienne et là je ne vous raconte même pas tellement c’est triste et dur et inimaginable. Sans parler de l’exil intérieur qui vous coupe du monde… Si je n’avais pas lu cent fois Les Cent Mille Chants de Milarépa dans ma vie, je n’aurais jamais tenu. Le pire c’est de ne pas avoir eu une seconde pour reposer sa tête. Juste souffler cinq minute. Arrêter de s’occuper de la personne qui est malade et pouvoir juste poser sa tête un moment… Juste la poser ; juste un moment. J’y pense en regardant cette belle carte que vient de nous envoyer Anne pour Noël représentant le Christ et Saint-Jean (XIVe siècle, couvent Saint-Martin, Hermetschwil). J’ai l’impression que ma fatigue date aussi du… XIVe siècle !

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Mort de fatigue
Et autres petits bouts d’Alzheimer …
Continue reading

Des ultra-rayonnements de détresse qu’entendent les anges

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Rembrandt, Autoportrait, 1630, eau-forte et burin, 51 x 46 cm, détail (Amsterdam).

rembrandt__yeux_mini.jpg J’ai reçu de Hollande un magnifique CD de musique baroque, le dernier enregistrement de Fred, un de mes amis luthiste d’Amsterdam. Sur l’enveloppe, il y avait l’autoportrait de Rembrandt. J’ai regardé pendant un long moment ces yeux étonnants et pensé à cette phrase de René Char (Feuillets d’Hypnos, 1943-1944) :

guillemets_noirs-TNR

Les yeux seuls sont encore capables de pousser un cri

Mes yeux poussent peut-être un cri identique en ce moment mais heureusement les gens ne les entendent pas. Et n’importe comment ça ne servirait à rien : la détresse d’alzheimer, seuls quelques anges pourraient l’entendre…et encore. Mais je ne peux pas en vouloir aux anges : ils ont beaucoup trop à faire pour l’instant sur la bordure de la galaxie !

Rilke parle de cette détresse dans sa Correspondance :

Enfin, il y a sûrement un degré de détresse qu’entendent les anges, des ultra-rayonnements de détresse que les humains ne perçoivent pas, qui traversent leur monde épais et ne peuvent faire retentir qu’au-delà, dans la lumière d’un ange, un violet sourd, douloureux, comme l’améthyste dans sa géode.

la détresse que seuls quelques anges pourraient entendre

“Lorsqu’il n’y a plus rien à faire, que faites-vous ?”

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Il y a des mots du dictionnaire qu’on utilise assez rarement dans la vie. Et puis le temps passe et tout à coup, paf, le mot s’applique parfaitement à ce qu’on vit et on prend peur. Par exemple “aporie” (vous savez cette sorte de situation où toutes les issues sont bloquées : si vous sortez par la porte vous êtes mort et si vous sortez par le fenêtre vous êtes également mort)… Vous n’utilisez pas souvent le mot ? moi non plus. Mais avec la progression d’alzheimer, je découvre ce que c’est que se trouver en pleine aporie : si je dois enfermer maman dans une maison, je me jette par la fenêtre tellement c’est triste. Et si je ne l’enferme pas, je me jette tout de même par la fenêtre tellement je n’en peux plus… Vous voyez, le vocabulaire est bien fait, tout est prévu, même les pires cas de détresse. Vous êtes en pleine aporie et comme il y a un mot pour ça, vous n’avez même pas l’impression que c’est grave (“Ah mon cher ami, vous êtes en pleine aporie, mais comme c’est amusant ce mot !”.). La seule chose qui me console c’est qu’au pire de l’absurde, ça ressemble presque à un koan japonais. Mais dans le bouddhisme zen, les koans ouvrent au moins la voie au satori et j’en suis loin ! Ou bien c’est la fenêtre qui est trop proche…
Voici un exemple d’aporie : le moine Xiang’yan dit : “Imaginez un homme sur un arbre accroché par les dents à une branche. Ses mains ne peuvent pas saisir la branche du dessus, et ses pieds n’atteignent pas la branche du dessous. Quelqu’un lui demande, “Pourquoi Bodhidharma est-il venu de l’Ouest ?” Si l’homme ne répond pas, il fait défaut au questionneur. Mais s’il desserre les dents pour répondre, il tombe et se tue.
[“L’homme perché sur l’arbre” extrait du Wumen guan (La passe sans porte)]
Allez, je vous laisse et je continue à serrer les machoires : faut encore tenir !

Les journées avec Alzheimer…

La mystérieuse sandale d’Empédocle

Quand le froid vous gèle les os et que l’âme se glace à cause d’Alzheimer, je me dis parfois que Empédocle avait sans doute raison de vouloir s’approcher (un peu trop près) de l’Etna… On a besoin d’un peu de chaleur parfois.


La sandale d’Empédocle

Empédocle (Wikipedia)
Hölderlin – La mort d’Empédocle

Les plaisirs de la conversation

Le problème (un des problèmes), quand on s’occupe de quelqu’un qui a la maladie d’Alzheimer, c’est que les autres ne se rendent pas compte de l’état de délabrement physique, psychique, psychologique, moral, spirituel, métaphysique dans lequel on se trouve. Mais bon, c’est comme ça et il vaut mieux ne pas en parler parce qu’ils n’aiment pas trop sortir leurs têtes d’autruches profondément enfoncées dans le bon sable chaud de leur indifférence. Mais, juste pour vous donner une idée, voici un graphique représentant une conversation que j’ai eue hier avec maman :

en vert c’est ce que je lui dis, et en rouge ce sont ses réponses. Par exemple là c’était une longue discussion pour savoir où étaient ses lunettes. J’ai cherché pendant plus d’une heure partout, dans tous les coins et recoins (surtout dans les endroits les plus plausibles : frigidaire, vases, chaussures, cafetière etc…). Et, comme vous le voyez sur la courbe rouge, l’aide de maman a été relativement faible (juste deux petites indications pour m’aider à les trouver : le grille-pain et le pot de cornichons). La courbe verte qui descend, à la fin, c’est quand j’ai finalement retrouvé les lunettes : dans la poubelle sous les épluchures de pommes de terre et les fleurs coupées… Après, ce n’est même plus sur le graph tellement c’est descendu bas : c’est quand mon appareil de photo est tombé de ma poche dans l’évier de la cuisine. Je l’ai retiré aussitôt mais c’était trop tard : tous les systèmes électroniques étaient morts. Moi aussi.

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Autres petits bouts d’Alzheimer …
Mon cerveau fait comme les marrons en hiver…
Je deviens traducteur de ce qui n’a pas été dit
Une boite pour le huitième jour de la semaine
Au troisième top du baromètre il sera 17heures
Oh mais j’aurais tellement aimé vous aider !

Les saint et les héros dépriment eux aussi !

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Je lis ce matin, sur le site du Figaro, qu’après les récentes disparitions de deux malades tuées par leurs maris, l’association France Alzheimer craint de nouveaux cas. Que la décision de mourir soit prise à deux ou pas, l’épuisement, le stress ou la dépression sont présents dans tous les cas. “Il faut avoir à l’esprit à quel point l’accompagnement du compagnon malade est éprouvant”, remarque Éric Fiat, philosophe et responsable d’un master d’éthique médicale. “À moins d’être un saint ou un héros, il est impossible, par moments, de ne pas être tenté par la haine, la violence ou le dégoût”.. On sait que les conjoints aidants ont une espérance de vie plus courte et des défenses immunitaires affaiblies. Alors que 70 % des malades vivent à domicile, l’association France Alzheimer insiste aujourd’hui sur la nécessité de soutenir les proches des patients.

Bon, espérance de vie plus courte et défenses immunitaires affaiblies… no comment.

Lapin © de Beatrix Potter

Plus de clé pour me remonter !

J’ai rêvé cette nuit à un petit jouet mécanique que j’avais quand j’étais petit. C’était un petit ours habillé avec des habits d’homme, avec un petit tambour et une grosse clé dans le dos pour le remonter… Dans mon rêve j’étais l’ours mais en pyjama et on avait perdu la clé pour me remonter… Les baguettes ne bougeaient mais le pire c’était que je me disais que n’importe comment j’avais toujours détesté le tambour… Et boum je me suis réveillé.

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Atteindre la bouée ?

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Aujourd’hui Alzheimer a encore serré d’un cran. Je regarde ce que dit le Petit Robert à épuisé :

À BOUT DE FORCES, DE RÉSISTANCE. – BRISÉ, ÉREINTÉ, EXTÉNUÉ, FOURBU, HARRASSÉ, USÉ, CLAQUÉ, CREVÉ, H.S, VANNÉ, VIDÉ. Épuisé de fatigue, de douleur. Epuisé par une longue marche. “Comme un nageur épuisé atteint la bouée” (Montherlant).

Le problème c’est justement ce “atteint” la bouée… Pourquoi le nageur épuisé atteindrait-il la bouée ? Cette citation de Montherlant n’a aucun sens ici pour expliquer le mot épuisé.

Mort de fatigue

Switchie s’arrête…

rideaux01.jpg Depuis dix ans je n’avais rien trouvé de particulier aux petits motifs des rideaux de la cuisine de maman. Et aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi, c’est bizarre, je n’ai vu que des petites têtes de mort. Donc c’est clair, je dois fatiguer grave et j’arrête ce blog qui n’a plus de sens avec alzheimer si les idées deviennent noires à ce point. Tout est devenu trop compliqué : la vie professionnelle, la vie personnelle, la vie affective, la vie intellectielle… et aussi la vie tout court qui prend des allures de bilan de faillite.

Donc j’arrête. Cela m’évitera de chercher désespérément des trucs positifs à mettre dans ce foutu blog. Que je ne trouve plus d’ailleurs… Vaut mieux arrêter.

Youpi, tout va mal !

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Je ne sais plus très bien où j’en suis de l’évolution de la catastrophe (voir entrée du dictionnaire ci-dessous) mais je me suis rappelé aujourd’hui ce vieux conte taoïste :

Un modeste paysan vivait au nord de la Chine, aux confins des steppes hantées par des hordes nomades. Il rentra un jour en sifflotant avec un superbe cheval qu’il avait acheté à prix d’or au marché de la grande ville voisine. Quelques jours plus tard, son unique cheval s’échappe et disparait vers la frontière.

L’événement fait le tour du village et les voisins viennent tour à tour le plaindre pour sa malchance. Le vieux paysan hausse les épaules et répond imperturbablement :
– Les nuages cachent le soleil mais apportent la pluie. D’un malheur naît parfois un bienfait. Nous verrons…

Trois mois plus tard, le cheval réapparait avec à ses côtés une magnifique pouliche et son petit. Les voisins vienent à nouveau le féliciter :
– Vous aviez raison d’être optimiste, disent-ils. Vous perdez un cheval et vous en gagnez trois !
– Les nuages apportent la pluie nourricière, répond le vieux paysan, mais parfois aussi l’orage dévastateur. Le malheur se cache dans les plis du bonheur. Attendons !

Le fils aîné du paysan dressa l’étalon fougueux, prit plaisir à le monter tous les matins et ne tarda pas à faire une chute. Il failli se rompre le cou mais s’en tira avec une jambe cassée. Aux voisins qui venaient à nouveau le plaindre, le vieux paysan répondit :
– bonheur ou malheur, qui peut savoir ? Les changements n’ont pas de fin en ce monde impermanent.

Quelques jours plus tard, la guerre éclata et la mobilisation générale fut décrétée dans le tout district pour repousser l’invasion ennemie. Tous les jeunes gens valides partirent pour le front et bien peu en revinrent.
Mais, grâce à sa jambe cassée, le fils unique du vieux paysan échappa aux massacres…

Dans mon histoire, je ne sais pas très bien où j’en suis de la déroute alzheimer et peut-être qu’un jour je me réjouirai de tout ce qui me tombe sur la tête en ce moment… mais bon, pour l’instant c’est : youpi, tout va mal !
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Tenir, facile à dire !
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D’autres petits chevaux…

Le cheval de Caligula
Le cheval à l’intérieur du bloc de marbre
Le cheval du Condottière
L’élégant petit cheval du Conservatoire des Arts et Métiers
Les naseaux bouillonnants du canasson

ALZH etc

cailloux1.jpg Il y a vraiment des jours comme aujourd’hui où je me demande bien comment je vais faire dans les semaines ou les mois qui viennent… J’ai beau essayer d’imaginer les choses, même d’envisager le pire, je n’arrive pas à le croire … Donc pas vraiment le coeur à écrire quoi que ce soit… A chaque jour suffit sa peine… On verra demain… Et demain alzheimer sera encore là hélas…

Même sans tête je continue d’avancer…

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On m’a raconté, mais je ne sais pas si c’est vrai, que dans les cours de fermes, il y avait des jars qui, lorsqu’on leur coupait la tête, continuaient encore d’avancer pendant longtemps en marchant dans le purain…

Avec cette histoire d’Alzheimer qui me tombe dessus, peut-être je suis un jars ? ou un lapin automate qui continue d’avancer dans la vie mécaniquement… uniquement par habitude ! Il faudrait juste remonter la clé dans mon dos, me donner un petit tambour et je pourrais même faire de la musique ! Peut-être c’est bien de ne plus avoir de tête : avec maman, la mienne est trop lourde en ce moment.

Mort de fatigue
Fatigue

Mon cerveau fait comme les marrons dans le feu en hiver : paf !

montre_alzh.jpg Pour tout le monde, le jour change à minuit. Mais pour Maman, avec alzheimer, c’est désormais entre 9h et 10h le matin. A neuf heures, on prend la boite de cachets du jeudi et, gloups, on avale tous les cachets du matin. Forcément, on est jeudi matin. Une heure après, à dix heures, on va chercher la boite du vendredi et, gloups, on avale aussi tous les cachets du vendredi matin. Forcément il est 10h: on est donc vendredi ! CQFD. Il y a aussi les patchs pour le coeur. Un petit truc qu’elle se colle depuis plusieurs années sur la poitrine. Eh bien maintenant elle va dans l’armoire à phramacie, elle prend un bout de sparadrap et elle le colle sur la poitrine. Forcément, ça a la même couleur, non ? La logique vole en éclats et mon cerveau fait comme les marrons dans le feu en hiver : paf ! Je crois que je suis en train de devenir fou.

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Décidément j’ai vraiment un problème avec le temps qui passe ! … et avec mon horloge biologique qui est détraquée ; et aussi avec le temps qui passe !
Et maintenant aussi avec le “temps-alzheimer” aussi : La montre-baromètre ;Une boite pour savoir quel jour on est

Autres bouts de cerveau…
Le cerveau des militaires
Une journée dans mon cerveau…
Si mon cerveau était bien rangé…

Moi aussi je fonctionne sur ma réserve d’énergie !

ordi_pile.jpg Je n’arriverai jamais à comprendre pourquoi les émissions qui m’intéressent sur France-Culture sont toujours programmées après minuit par Laure Adler. Cette semaine, tous les soirs, c’était à 0:40 ! et depuis cinq jours je dois donc mettre des petites allumettes sous mes paupières pour les tenir ouvertes. Mon ordinateur qui lui aussi en a marre d’attendre si tard veut se mettre en veille pour préserver le contenu de la mémoire… Et moi donc ! c’est où pour me brancher secteur ? Y a pas que les ordinateurs qui ont le droit de préserver le contenu de leur mémoire !

La mémoire de maman aussi défaille : tous les mots ont disparu…

Une belle journée c’est quoi ?

stick5.gif PS. Jean-Louis, merci pour ton gentil coup de fil. Non je ne suis pas mort. Non, je n’ai pas eu le temps d’uploader mes pages de mars au moment où le mois basculait. Maman est tombée sur le trottoir : dent cassée, nez esquinté, menton abîmé, genoux aussi. Donc j’avais la tête ailleurs ; ça me tue de la voir comme ça… Et encore cette chute n’est rien à côté du reste qui me tue. Donc ne t’inquiète pas si mon blog s’arrête de temps en temps !

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