Youpi, tout va mal !

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Je ne sais plus très bien où j’en suis de l’évolution de la catastrophe (voir entrée du dictionnaire ci-dessous) mais je me suis rappelé aujourd’hui ce vieux conte taoïste :

Un modeste paysan vivait au nord de la Chine, aux confins des steppes hantées par des hordes nomades. Il rentra un jour en sifflotant avec un superbe cheval qu’il avait acheté à prix d’or au marché de la grande ville voisine. Quelques jours plus tard, son unique cheval s’échappe et disparait vers la frontière.

L’événement fait le tour du village et les voisins viennent tour à tour le plaindre pour sa malchance. Le vieux paysan hausse les épaules et répond imperturbablement :
– Les nuages cachent le soleil mais apportent la pluie. D’un malheur naît parfois un bienfait. Nous verrons…

Trois mois plus tard, le cheval réapparait avec à ses côtés une magnifique pouliche et son petit. Les voisins vienent à nouveau le féliciter :
– Vous aviez raison d’être optimiste, disent-ils. Vous perdez un cheval et vous en gagnez trois !
– Les nuages apportent la pluie nourricière, répond le vieux paysan, mais parfois aussi l’orage dévastateur. Le malheur se cache dans les plis du bonheur. Attendons !

Le fils aîné du paysan dressa l’étalon fougueux, prit plaisir à le monter tous les matins et ne tarda pas à faire une chute. Il failli se rompre le cou mais s’en tira avec une jambe cassée. Aux voisins qui venaient à nouveau le plaindre, le vieux paysan répondit :
– bonheur ou malheur, qui peut savoir ? Les changements n’ont pas de fin en ce monde impermanent.

Quelques jours plus tard, la guerre éclata et la mobilisation générale fut décrétée dans le tout district pour repousser l’invasion ennemie. Tous les jeunes gens valides partirent pour le front et bien peu en revinrent.
Mais, grâce à sa jambe cassée, le fils unique du vieux paysan échappa aux massacres…

Dans mon histoire, je ne sais pas très bien où j’en suis de la déroute alzheimer et peut-être qu’un jour je me réjouirai de tout ce qui me tombe sur la tête en ce moment… mais bon, pour l’instant c’est : youpi, tout va mal !
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Tenir, facile à dire !
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D’autres petits chevaux…

Le cheval de Caligula
Le cheval à l’intérieur du bloc de marbre
Le cheval du Condottière
L’élégant petit cheval du Conservatoire des Arts et Métiers
Les naseaux bouillonnants du canasson

Dans les pattes du destin…

Il y a des moments dans la vie où on sent qu’on est rattrapé par l’adversité. Pendant longtemps on s’en est pas trop mal sorti et puis, tout à coup, ça commence à sentir sérieusement le roussi. Je continue à croire aux miracles pourtant ; quoique, jusqu’à présent, il ne m’ait pas été donné d’en mettre beaucoup à mon crédit. Mais bon, on ne sait jamais. Ce soir en tout cas c’est pas génial. Alzheimer c’est vraiment une merde.

Autres bouts d’Alzheimer (mais tout ce blog est sur Alzheimer en fait)

“J’aurais tellement aimé t’aider tu sais” !
Mes semaines avec Alzheimer c’est ça
Je deviens traducteur ce ce qui n’a pas été dit
Le silence lorsque les mots ont disparu
les plaisirs de la conversation
Le chat d’estelle
Alzheimer peint tout en noir
Mon cerveau ou Dresde après le bombardement : pareil
Les journées avec Alzheimer
A propos d’aide en cas de nécessité…
L’histoire de deux petite souris…
Dans les pattes du destin…

Sept ans qui défilent en trois secondes…

rouchie.jpg Parfois il existe un abîme entre le lundi et le mardi. Mais sept ans peuvent défiler en trois secondes : le temps qu’il faut pour déplacer le coffre de l’entrée et trouver une lettre arrivée il y a sept ans, tombée derrière le meuble le jour même de son arrivée, couverte de poussière, jamais ouverte… et à laquelle on n’a donc évidemment pas répondu. L’expéditeur ne pouvait pas savoir que nos vies dépendent d’un détail aussi imprévu mais le cachet de la poste fait foi : le compte à rebours du destin y est tamponné de façon irréfutable ! Pardon à l’expéditeur.

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