Toussaint, Mort et Vie Eternelle… [?]

Service de presse du Vatican, aujourd’hui, 1er novembre…

ANGELUS DE TOUSSAINT

CITE DU VATICAN, 1 NOV 2011 (VIS). Toussaint, a dit Benoît XVI à l’angélus, est propice à une réflexion qui, au-delà des contingences temporelles, se tourne vers l’éternité et la sainteté. “La liturgie du jour nous rappelle que la sainteté est la vocation première de tout baptisé. Avec le Père et l’Esprit, seul le Christ est saint, qui a aimé l’Eglise comme son épouse s’offrant pour sa sanctification. C’est pourquoi le peuple de Dieu tout entier est appelé à la sainteté… Regardons l’Eglise au-delà de sa dimension temporelle, marquée par la fragilité humaine, mais comme le Christ l’a voulue, une communion de saints… Aujourd’hui, nous vénérons cette communauté innombrable de saints qui, par delà leurs parcours, nous indiquent de multiples chemins de sainteté dans l’unique but, qui est de suivre le Christ en se conformant à lui, but de notre existence terrestre”.

Puis le Pape a évoqué la commémoration des défunts de demain, le souvenir des chers disparus, des âmes en route vers la plénitude de la vie, vers l’Eglise céleste dont la solennité de Toussaint nous ouvre l’horizon:

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Deuil de Freud

Rien à voir cependant avec le “travail du deuil” dont le difficile concept s’est échappé du livre de Freud : Deuil et Mélancolie (1915) pour infiltrer un discours beaucoup plus commun. Freud, en effet, distingue trois moments qui se résument ainsi :

1. accaparement du sujet par sa douleur, ses regrets, ses remords et par l’image incessante de l’autre… et tenté par son propre anéantissement .

2. le moi, désireux néanmoins de rester en vie, surinvestit les liens qui le retiennent à l’objet et les délie un à un , si bien qu’on a pu dire que …

3. … le travail du deuil consistait à “ tuer le mort ”.

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Barthes, Journal de deuil

Journal de deuil
26 octobre 1977 – 21 juin 1978
(extraits)
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Doxa du Deuil


16 juin

Parlant à Cl. M. de l’angoisse que j’ai à voir les photos de maman, à envisager un travail à partir de ces photos: elle me dit: c’est peut-être prématuré. Quoi, toujours la même doxa (la mieux inten tionnée du monde): le deuil va mûrir (c’est-à-dire que le temps le fera tomber comme un fruit, ou éclater comme un furoncle).

Mais pour moi, le deuil est immobile, non soumis à un processus: rien n’est prématuré à son égard (ainsi ai-je rangé l’appartement, dès le retour d’Urt: on aurait pu dire aussi: c’est prématuré).

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“Voilà…” (Roland Barthes)


Roland Barthes – Journal de deuil

le 5 novembre 1977
Après-midi triste. Brève course. Chez le pâtissier (futilité) j’achète un financier. Servant une cliente, la petite serveuse dit Voilà. C’était le mot que je disais en apportant quelque chose à maman quand je la soignais. Une fois, vers la fin, à demi inconsciente, elle répéta en écho Voilà (Je suis là, mot que nous nous sommes dit l’un à l’autre toute la vie). Ce mot de la serveuse me fait venir les larmes aux yeux. Je pleure longtemps (rentré dans l’appartement insonore).
Journal de deuil

le 18 août 1978
L’endroit de ma chambre où elle a été malade, où elle est morte et où j’habite maintenant, le mur contre lequel la tête de son lit s’appuyait j’y ai mis une icône – non par foi – et j’y mets toujours des fleurs sur une table. J’en viens à ne plus vouloir voyager pour que je puisse être là, pour que les fleurs n’y soient jamais fanées.

(Du 26 octobre 1977, lendemain de la mort de sa mère, jusqu’au 15 septembre 1979, Roland Barthes a tenu un journal de deuil, 330 fiches pour la plupart datées, et constituées en un ensemble publié pour la première fois sous le titre Journal de deuil aux Éditions du Seuil en 2009)

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