Désormais ne dites plus “coeur” mais “heart” !

dico_visuel.jpg———-Bon, on avait Wikipedia, et maintenant on a le Visual Dictionary Online, le dictionnaire visuel qui, en un seul clic, vous montre toutes les choses dont vous ne voulez pas seulement connaître les définitions mais également voir les illustrations. Et ça va du corps humain à l’astronomie en passant par l’architecture, les sciences, les animaux, la nutrition ou n’importe quoi (il suffit de cliquer dans la longue liste des thèmes dans la Nav gauche pour trouver votre bonheur – [le moteur de recherche, juste au-dessus, ne marche pas très bien je trouve]). Totalement irremplaçable dans notre monde numérique où tout doit désormais s’afficher instantanément sur nos écrans sous forme d’images, le Dico est évidemment en anglais : nos [ir]responsables gaulois dorment en effet dans les palais nationaux et ne se réveilleront que lorsque ce sera trop tard ; avec de grands sanglots et des jérémiades sur “l’exception” ou “l’universalisme” français ! Quand je vois la vitesse à laquelle on se laisse dépasser sur le web ces derniers temps, je me demande si on ne ferait pas mieux de carrément fermer la boutique. On a renoncé au franc pour l’euro et si on veut continuer à comprendre comment marche le monde (ou le coeur humain), on va bientôt devoir également renoncer au français pour l’anglais. Pathétique. Et pendant que les auteurs de ce dictionnaire le présentent comme un outil précieux d’apprentissage de la langue pour les petits américains, chez nous, ils brûlent les écoles maternelles dans les banlieues… On croît rêver. Pour l’instant, heureusement, c’est encore en anglais, mais quand les chinois se mettront à faire des encyclopédies numériques en 3D, eh bien il faudra apprendre le chinois ;-)
Visual dictionary online

Je deviens traducteur de ce qui n’a pas été dit…

dictionnaire.jpg A cause d’alzheimer, Maman ne parle presque plus. Elle oublie tous les mots qui disparaissent les uns après les autres… Alors j’essaye de comprendre ce qu’elle veut dire, de trouver les mots oubliés, de remettre un peu de sens et de logique là où il n’y a en déjà presque plus. Je suis devenu une sorte de …. traducteur de ce qui n’est pas dit…. Une histoire hassidique raconte qu’un juif illéttré ne sachant pas lire les prières pour le jour de kippour quitta la synagogue et alla en plein champ pour crier une à une les lettres de l’alphabet, demandant à Dieu de bien vouloir les ordonner à sa guise. Les lettes montèrent au ciel et la prière plut à Dieu…. J’essaye de faire pareil avec ce que maman ne dit plus : inventer les mots et remettre sa pensée dans l’odre… C’est difficile. On vit tous les deux avec une petite poignée de mots qu’on garde précieusement pour cet hiver comme les écureuils le font avec leurs noisettes. Je ne sais pas ce qyu nous restera en janvier…

Lord Polonius: What do you read, my lord?
Hamlet: Words, words, words.
Lord Polonius: What is the matter, my lord?
Hamlet: Between who?
Lord Polonius: I mean, the matter that you read, my lord.
(Hamlet II, 2, 191-195)

Le silence lorsque les mots ont disparu

Les plaisirs de la conversation

Les dictionnaires font de la non-assistance à pesonne en danger

desespoir.jpg Comme je ne dors pas, je cherche DESESPOIR dans le petit Robert, comme ça pour voir. Ils disent que c’est le contraire de l’espoir. Je vais donc voir à ESPOIR, ils disent que c’est le fait d’espérer. Je vais voir à ESPERER, ils disent que c’est “considérer ce qu’on désire comme devant se réaliser”

Bon, j’arrête ; c’est carrément nul ce ping pong qui renvoit à d’autres mots. Il faudrait inventer des dictionnaires qui donneraient des réponses au lieu de délayer les questions. Je ne sais pas, moi, par exemple à ASSOIFFE, au lieu de dire “qui a soif”, ils écriraient : “buvez donc un verre d’eau” ou quelque chose d’utile. Et à “Désespoir” ils donneraient quelques idées pour en sortir au lieu de dire que c’est le contraire de l’espoir…

Mais bon, je reconnais que je dois être passablement éreinté par alzheimer pour écrire des trucs aussi débiles. Tiens, à “éreinté”, je vois qu’ils disent “très fatigué” – ce que je sais – alors qu’ils devraient dire : “essaye plutôt de dormir un peu mon pauvre vieux, et ça ira peut-être mieux demain !”. Finalement, je me demande bien à quoi ça sert de qualifier les choses au lieu d’aider à les changer ?

Si un clochard dit à quelqu’un : “j’ai faim”. Il n’attend pas qu’on qualifie sa question en répondant :“ah je vois, mon brave, vous avez donc une sensation qui, normalement, accompagne le besoin de manger” (Petit Robert) mais qu’on lui donne un truc à me mettre sous la dent ! J’ai tort ? En tout cas je fatigue, c’est clair !

A mon bureau aussi il y a des gens qui pensent comme les dictionnaires : au lieu de changer les choses qui ne marchent pas, ils passent des plombes à vous expliquer pourquoi elles merdent. En gros quand une ampoule est naze, vous voulez qu’on la change non ? Eh bien à mon bureau ils vous expliquent pourquoi elle est pêtée ! perce que ceci, et parce que cela….. Mais changer l’ampoule, ça non, c’est pas possible. D’ailleurs, si vous voyez les ampoules qui ne marchent pas, c’est que VOUS êtes négatif et pas constructif ! Gloups.

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