Les mains de Muriel ont beaucoup de choses à dire

Je n’avais pas vu Muriel depuis des années, et là elle m’a raconté sa vie. Enfin ses mains m’ont tout raconté : quelle histoire :-)

MMD_Mains

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Fuck les “optimistes” [et les “positifs”] !

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Bon, j’ai un réel problème avec le fait d’être traité d’optimiste ou de pessismiste [ou pire de négatif] selon que je suis conformiste ou non. Je vous donne un exemple. Quand je vois un truc qui merde et que je dis qu’il y a quelque chose qui cloche ; on me répond du tac au tac : “mais mon pauvre Eric, tu ne vois toujours que le mauvais côté des choses, faut être optimiste mon vieux, faut être positif ! [sous entendu: il y a quand même des choses qui marchent et tu ne les vois pas” etc]. Autre exemple : quand je vois une voiture avec un pneu crevé qu’il faudrait se grouiller de réparer parce que j’en ai carrément marre des voitures qui ne roulent pas [je vous mets la photo pour qu’on parle bien de la même chose], on me dit : “mais faut pas voir uniquement le mauvais côté des choses ! il y a trois pneus qui sont en bon état et toi tu ne regardes que l’unique pneu qui est crevé” ! [sous entendu, mon pauvre vieux, t’es pessimiste et négatif et heureusement qu’on est optimistes pour voir les trois autres pneus !]
Mon Dieu, mais qu’ils arrêtent de me bassiner avec leur optimisme ! Rien à foutre qu’il y ait trois pneus en bon état s’il y en a un qui est crevé et que la bagnole ne bouge plus ! Qu’ils réparent celui qui merde et qu’ils me foutent la paix avec leur optimisme !

Ah que ça fait du bien de râler un grand coup de temps en temps !

Ils me pompent avec leur histoire de verre à moitié plein…
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Toute cette histoire est venue du post précédent sur l’utilisation du mot MAIS. (si vous dites MAIS, vous êtes agressif, mal élévé, injurieux, pas conciliant, pas diplomate, pas positif, bref totalement inadapté !

Autres aspects de la vie au bureau…
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Les plaisirs de la conversation

Le problème (un des problèmes), quand on s’occupe de quelqu’un qui a la maladie d’Alzheimer, c’est que les autres ne se rendent pas compte de l’état de délabrement physique, psychique, psychologique, moral, spirituel, métaphysique dans lequel on se trouve. Mais bon, c’est comme ça et il vaut mieux ne pas en parler parce qu’ils n’aiment pas trop sortir leurs têtes d’autruches profondément enfoncées dans le bon sable chaud de leur indifférence. Mais, juste pour vous donner une idée, voici un graphique représentant une conversation que j’ai eue hier avec maman :

en vert c’est ce que je lui dis, et en rouge ce sont ses réponses. Par exemple là c’était une longue discussion pour savoir où étaient ses lunettes. J’ai cherché pendant plus d’une heure partout, dans tous les coins et recoins (surtout dans les endroits les plus plausibles : frigidaire, vases, chaussures, cafetière etc…). Et, comme vous le voyez sur la courbe rouge, l’aide de maman a été relativement faible (juste deux petites indications pour m’aider à les trouver : le grille-pain et le pot de cornichons). La courbe verte qui descend, à la fin, c’est quand j’ai finalement retrouvé les lunettes : dans la poubelle sous les épluchures de pommes de terre et les fleurs coupées… Après, ce n’est même plus sur le graph tellement c’est descendu bas : c’est quand mon appareil de photo est tombé de ma poche dans l’évier de la cuisine. Je l’ai retiré aussitôt mais c’était trop tard : tous les systèmes électroniques étaient morts. Moi aussi.

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Autres petits bouts d’Alzheimer …
Mon cerveau fait comme les marrons en hiver…
Je deviens traducteur de ce qui n’a pas été dit
Une boite pour le huitième jour de la semaine
Au troisième top du baromètre il sera 17heures
Oh mais j’aurais tellement aimé vous aider !

Vitres et vitraux, extérieur et intérieur…

Plus ça va et plus je me rends compte qu’il m’est de plus en plus difficile de communiquer avec les gens. Sur tous les sujets, littérature, musique, architecture, au bureau, partout… Si où vous n’avez pas la même perspective qu’eux, c’est perdu d’avance car ils ne comprendront jamais de quoi vous parlez. Par ex – mais ce n’est évidemment qu’une image pour essayer de faire comprendre – si vous avez expérimenté que les vitraux sont baignés d’une lumière magnifique lorsque vous êtes dans la cathédrale, il est très difficile d’en parler à quelqu’un qui se tient résolument à l’extérieur et vous assure qu’il n’y a pas de vitraux bleutés et que les vitres ne sont pas lumineuses et que d’ailleurs il vient de faire des photos de l’extérieur qui le prouvent… Forcément puisqu’il est dehors et qu’il faut être dedans pour voir la lumière frapper et illuminer les vitraux !

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Avant même de poursuivre la discussion, il faudrait pouvoir les faire entrer dans la pénombre de la cathédrale, mais cela demanderait beaucoup trop de temps. Il faut une vie parfois pour comprendre certaines choses… Comment parler de fugues de Bach à des gens qui n’ont entendu que du rap ? comment parler de Hermann Hesse ou de Borgès à des gens qui lisent des Arlequins ? comment parler de Bordeaux à des buveurs de Coca ? comment parler de liturgie pré-Vatican II à des gens qui croient que la messe est une rencontre sympa, l’église une maison de jeunes et de la culture et le prêtre un animateur de quartier qui doit faire des sermons intéressants et cool… Aborder un sujet – n’importe lequel – devient carrément impossible quand on ne parle pas de la même chose parce qu’on n’a pas la même perspective… La compréhension n’est pas dépendante uniquement de la bonne voloné mais de l’existence d’une même… compréhension justement ! Je suis à l’intérieur et parle de vitraux, ils sont à l’extérieur et parlent de vitres… Trop compliqué, je préfère abandonner !

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