Je dois souffrir du grave syndrome des plumes d’oies …

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C’est un syndrome bizarre : d’abord une envie de dormir permanente qui me terrasse partout et tout le temps, même quand je me ballade au Luco comme aujourd’hui par un temps d’hiver (désolé Odile) … Ensuite le besoin répétitif et bizarre d’être accroché au cou d’une oie (ça je sais d’où ça vient : c’est un vieux souvenir d’enfance des merveilleux voyages de Nils Holgersson de Selma Lagerlöf). Enfin l’envie d’être carrément une oie cendrée pour pouvoir survoler le Hokkaïdo en plein hiver, le cou tendu en avant, volant les yeux mis clos à travers de gros flocons épais comme une neige meringuée…

Ce rêve est rémanent et on m’a déjà prévenu à l’époque : “Warning ! Transformation imminente en dindon ? ou aspiration au cocooning !. Pas faux (toujours ce vieux besoin de tendresse), sauf que je ne veux pas être dindon mais oie cendrée ! Très certainement à cause de la blancheur de leurs plumes qui me rappelle la couleur du glacage au kirsch des Basler Läkerli dont je m’empifrais à Noël quand j’était petit…

A propos de la couleur des oies, je me rappelle que Claude Hagège disait quelque part
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J’ai tellement sommeil !

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Quand les hirondelles veulent dormir, elles montent à deux mille mètres et se laissent descendre lentement en planant sur les ailes du ciel… J’aimerais être une hirondelle : monter très haut à la verticale de ma tête et me laisser porter sur l’air frais en planant pendant deux mille ans…

© Hirondelles andalouses. Bernnard Plossu.

Des nuits de 14h24…
Des ailes pour planer au-dessus de la vie

Ce que j’ai fait de mes vacances ?


[octobre 2004]
Pas fait grand chose justement.
1 – Trop mangé
2 – Marché sur la plage (pas assez)
3 – Lu Cioran (beaucoup)
4 – Trop mangé
5 – Ecrit à Jacqueline de Romilly
6 – Ramassé des coquillages (roses, striés et nacrés)
7 – Trop mangé (crabes)
8 – Promené Ruffle et Baba
9 – Réfléchi à l’avenir (trop)
10 – Pesté contre le Gouvernement (à propos du lamentable couac des pensions de reconversion des veuves. Pitoyable d’être aussi nul)
11 – Lu (Claude Roy)
12 – Pensé que Dieu est grand (la mer, les vagues, les mouettes, les coquillages, les ciels immenses… Carrément grand d’avoir créé tout ça)
13 – Trop mangé
14 – Regardé les vagues pendant des heures (on m’explique depuis que je suis pétit que les marées c’est la lune mais je ne le crois pas :-)
15 – Lu (des CSS pour le web)
16 – Trop mangé
17 – Pesté contre les hôtels sans bornes WiFi
18 – Réfléchi à une lubie financière de mon père
19 – Décidé de ne plus manger autant
20 – Regardé le ciel et les nuages pendant des heures
21 – Réfléchi à un scénario de film
22 – Trop mangé
23 – Lu
24 – Cherché partout un cordon USB pour mon appareil de photo
25 – Fait couler du sable entre mes doigts (jamais vu un sable aussi fin).
26 – Lu (Aragon)
27 – Pensé que les églises devraient être pleines de gens à genoux rendant grâce pour la beauté du monde et de la Création.
28 – Trop mangé
29 – Marché sur la plage (pas assez).
30 – Décidé d’écrire une nouvelle Antigone (ou un “Polynice & Etéocle”)
32 – Pensé que Dieu était grand (les bleus, les verts, les gris, les vagues, les ciels d’orage…)
32 – Lu (Philippe Jaccottet)
33 – Regardé les cerfs-volant et trouvé que le vent était immense lui aussi
34 – Trouvé que les curés parlaient trop mais pas assez de la Création
35 – Fait plein de photos nulles, dont (sais pas pourquoi) l’armoire et la fenêtre de la chambre d’hôtel…
36 – Trop mangé …
… da Capo

Ce que j’aurais aimé faire de mes vacances sans maman et sans alzheimer :
– marcher (beaucoup plus)
– courir (beaucoup)
– manger moins (beaucoup moins)
– ne penser à rien… (“retombe, retombe, ma tête, assez joué au bilboquet”)
… da Capo

Mon imagination me perdra (1)
Mon imagination me perdra (2)
Mon imagination me perdra (3)
Les voyages imaginaires dans mon assiette

Mort de fatigue…

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Ce week-end, temps absolument radieux. Dans l’après-midi, carrément crevé par maman et alzheimer, je m’allonge un moment sur l’herbe au pied du Dôme, la tête entre les pâquerettes, le ciel bleu à la verticale de mes soucis, ne pensant plus à rien…

Et tout à coup, drôle d’impression : j’ai la perspective que doit avoir un gisant, je veux dire que c’est ce que doivent voir les morts quand ils sont allongés dans l’herbe, avec un petit vent frais, les fleurs qui bougent sur leurs tiges et les nuages qui passent tout là haut. On a parait-il les ongles qui continuent à pousser… Je n’ai pas osé regarder et je me suis levé ! Vite, avant qu’ils ne referment le couvercle !

Fatigue

Des ailes pour planer au-dessus de la vie

martinet2Bon, je dors super mal en ce moment. Je meurs de sommeil mais je n’arrive pas à fermer l’oeil. Faudrait que je puisse dormir le jour, comme les martinets qui dorment en volant.

Tiens, voilà, c’est exactement ça : faudrait que je sois un martinet ! Je profiterais des courants d’air chauds ascendants, mon vol serait rapide et vif, je montrais jusqu’à quatre mille mètres, je pourrais parcourir 900 km en une seule journée, je partirais fin juillet pour traverser la méditerrannée – ah le beau miroitement bleu et les minuscules petits voiliers blancs tout là bas en bas – je dormirais en volant et je ne reviendrais qu’à la fin du mois d’avril… J’habiterais sous le toit d’une jolie maison, ou dans un beau clocher, mon nid serait construit avec des plumes… et surtout, je dormirais en volant !

Quand je pense que les hippopotames dorment debout dans l’eau. Beurk.
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Des nuits de 14h24…
J’ai tellement sommeil !
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Autres oiseaux…
Mes petites soeurs les hirondelles
Milosz ne parlait pas seulement aux oiseaux ; il leur chantait du Wagner !
Les oiseaux qui surgissent des phrases de Léonard
Les autruches sont des oiseaux politiquement très avancés
L’oiseau qui avait lu Cioran
Le canari de Milosz s’est envolé !
Un extraordinaire condensé d’harmonisation des contraires

Dormir la nuit …

jlllg44.jpg Jean-Louis t’as raison, ces derniers temps j’ai sans doute mis trop d’histoires à dominante “spirituelle” : anges, moines etc. Mais bon, il y a sans doute des raisons qui l’expliquent même si je ne peux pas trop en parler pour ne pas écrire le mot alzheimer trop souvent … En tout cas, j’étais content de ce bol d’oxygène avec toi et de ce petit vent frais de révolte que tu fais souffler (j’ai dans ma bibliothèque “La désobéissance civile” de H.D. Thoreau et vais le relire). Merci aussi pour l’histoire de ta montre ! Pour ceux qui n’étaient pas là : Jean-Louis a acheté très cher une belle montre, avec sonnerie et tout. Et comme il a perdu le mode d’emploi qui était d’ailleurs incompréhensible (genre japonais traduit du suisse en passant par le coréen du nord) il ne savait pas comment la règler. Et la montre sonnait toutes les heures. Toutes les heures du jour ça va encore mais toutes les heures de la nuit ! Tu as bien fait de t’en débarrasser Jean-Louis : t’as pas la vocation d’un moine appliquant la Règle de Saint Benoît et célébrant la louange de Dieu pendant les vigiles noctures ! (et encore la Règle de S.Benoit est moins dure que celle de S.Pacôme qui prévoyait un minimum de 36 psaumes par nuit !).

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