En fait, j’adore l’hiver !

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Bon, y a carrément plus de saisons et on se les gèle (*)… Mais je ne grogne pas parce qu’en fait j’adore l’hiver, et la neige et les pies en smoking, et corneilles et les feux de bois et la couleur des grands ciels nacrés quand il fait froid… Quand j’étais petit, je disais : “merde, fait un temps de cochon” et je râlais comme un âne. Ensuite j’ai dit : “Brrr, froid de canard mais temps de saison”. hiver_berry_detail2 Et maintenant je vois que je ne commente même plus : je suis tout simplement ravi intérieurement qu’il fasse un temps à se cabaner. Quand il fait trop beau j’ai un peu mauvaise conscience d’être enfermé. Là c’est parfait: il n’y a personne dehors et donc c’est le seul moment où Alzheimer ne me prive pas trop de ne pas pouvoir sortir comme les autres. Julia a envoyé un paquet d’Italie avec du riz et du Parmeggiano-Reggiano qu’on va râper en fins petits flocons… J’adore l’hiver !

(*) Je ne sais pas si vous avez remarqué mais les deux types sur la gauche n’ont carrément pas de culotte :-) Ooops, pardon, ce n’est peut-être pas très correct de regarder chez les gens et d’agrandir comme ça !


Il fait froid mais encore beau

Mesurer sa vie en matins…

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Alzheimer ne pulvérise pas seulement la mémoire mais le temps aussi ; le temps et sa mesure qui fait que j’ai du vieillir de dix ans ces deux dernières années et que je n’ai plus jamais eu les longues plages de temps que j’avais auparavant pour faire ce que je faisais et qui était tout simplement … ma vie.

Dans un entretien, Balthus parle quelque part du temps et de sa mesure. Il dit qu’autrefois on mesurait les prés en matins. Un matin c’était la surface de pré que pouvait couvrir un homme avec sa faux en une matinée.

Je trouve cette expression tout simplement magnifique et sans doute suis-je un faucheur de ces époques révolues où le temps s’écoulait lentement au clocher des villages. Je rêve, le champ fauché, de pouvoir m’allonger sur le dos un jour d’été, avec de la paille dans les cheveux, écoutant le crissement des sauterelles dans l’herbe jaunie ; attendant avec les autres moissonneurs transpirant sous le soleil de midi que les femmes du village voisin nous apportent pour le repas les énormes miches de pain et la soupe de lard… Comme disait ma grand-mère : on a les rêves qu’on mérite.

Parlez des foins me fait toujours penser à cette belle phrase de Claude Roy
Et ce magnifique texte de C.F. Ramuz sur “Ces hommes qu’on ne peut pas ne pas entendre”……

Vichnou et la lenteur
Quelques bouts de nostalgie
Nostalgie des coquelicots et du sourire de la petite boulangère
Nostalgie des temps heureux
Remonter le temps en rentrant dans les tableaux
Nostalgie des petits villages
Quand les caractères s’incrustaient dans le papier

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