Ce matin, j’ai du écrire une lettre à la main : la honte !

ManuscritsProust_delacroix_Aragon

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Je tape sur un clavier depuis tellement d’années que je ne sais même plus comment on forme des lettres avec un stylo. Oui, je sais, c’est pathétique, navrant, grotesque, tout ce que vous voulez … mais c’est comme ça : je ne sais plus écrire.

Dans quelques années — si tout le monde passe au numérique — on n’aura d’ailleurs plus la moindre trace manuscrite des grands écrivains (sur l’image en haut, de gauche à droite : Proust, Delacroix, Aragon)… Continue reading

Une joie qui a explosé un jour comme une étoile intérieure…

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Encore un texte magnifique de Philippe Jaccottet que je trouve ce soir :

Je pense quelquefois que si j’écris encore, c’est, ou ce devrait être avant tout pour rassembler les fragments, plus ou moins lumineux et probants, d’une joie dont on serait tenté de croire qu’elle a explosé un jour, il y a longtemps, comme une étoile intérieure, et répandu sa poussière en nous. (…)

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Les oiseaux qui surgissent des phrases de Léonard

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J’aime bien ces oiseaux qui surgissent dans les marges et s’échappent des phrases de Léonard de Vinci….

J’avais déjà vu passer un lapin dans une phrase de Gustave Roud…


Et cette écriture “en miroir” de Léonard me fait penser à cette lettre dans la Correspondance de R-M. Rilke :

“J’imagine un homme, la plume à la main, qui au lieu de suivre les exercices de cette plume sur son papier, aurait toujours fixé l’autre bout de son porte plume, celui qui sous son nez, dans l’air, reproduit en sens inverse les mouvements de son écriture sans, cela se comprend, laisser la moindre trace”. (…)

Etant moi-même dramatiquement gaucher et dyslexique je sais ce que c’est que tout faire à l’envers (y compris ma vie)… Quand j’étais petit j’écrivais tout à l’envers : Ciré au lieu d’Eric, ce genre de trucs… Sur les ardoise à l’école, je tenais la craie avec la main gauche : plus j’avançais vers la droite, plus j’effaçais ce que j’écrivais avec ma paume. Quand j’arrivais au bout de la ligne, toute la phrase écrite à la craie avait évidemment disparue. Les autres levaient leurs ardoises avec des phrases bien écrites : moi c’était une poudre de talc blanc illisible qui me tombait sur la tête comme de la cendre… J’ai grandit depuis, mais je ne laisse guère plus de traces : tout disparait au fur et à mesure que j’avance. Comme avec Alzheimer et la mémoire. Tout s’efface peu à peu. Si au moins il restait quelques oiseaux au bout des phrases !


Mes petites soeurs les hirondelles
Les oiseaux jouent à chat perché
Des ailes pour planer au-dessus de la vie
Milosz ne parlait pas seulement aux oiseaux ; il leur chantait du Wagner !
Les oiseaux qui surgissent des phrases de Léonard
Les autruches sont des oiseaux politiquement très avancés
L’oiseau qui avait lu Cioran
Le canari de Milosz s’est envolé !
Un extraordinaire condensé d’harmonisation des contraires
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Le vrai visage de Léonard de Vinci

La mer (ou Dieu) dessinent des arbres sur le sable…

ecriture03-d_jllg.jpg Jean-Louis vient de m’envoyer cette photo avec ce commentaire : “Petit matin de novembre aux abords de la réserve ornithologique de la Pointe d’Arcay en Vendée. Léger bruit des vaguelettes venant mourir sur la plage. Sauvage le ressac imprime l’écriture que l’océan lui chuchote. Pas une âme à des km. Paix”.

J’ai malheureusement du tailler la photo qui en grand est évidemment beaucoup plus belle. Dès qu’il l’aura mise sur son site je vous donnerai l’URL. Il en a d’autres dans cette série qui sont magnifiques.

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