Il y a des apparitions — lentes — qui sont pour moi éblouissantes…

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J’aime bien passer par la rue Saint-Jacques pour aller à l’hôpital du Val-de-Grâce. Et, ce matin encore, comme à chaque fois d’ailleurs, mon cœur a bondit. Cette apparition du dôme dans le ciel est pour moi un vrai émerveillement. Je devrais le dire plus lentement, au rythme de la marche et dire un é … mer.. veil …. le… ment ! Continue reading

L’émerveillement, pas seulement un court passage entre ignorance et connaissance…

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Avant-hier au Luco, je m’émerveillais devant cet arbre que je connais par cœur (j’ai du le voir mille fois) et dont je me demandais le nom (pour la millième fois également). Pour mettre un terme à mon ignorance et atteindre enfin la connaissance, je m’approche du tronc (j’ai déjà du le faire mille fois) et lis l’étiquette : “Pterocarya fraxinifolia… ” . Aille, je ne le retiendrai jamais. Et v’lan, la porte de la connaissance se referme aussitôt et je repars avec mon émerveillement intact. Et c’est comme ça pour tout et tout le temps. Et le pire est que je sais que, demain, je retournerai lire l’étiquette :-)

Dans le livre d’Ali Benmakhlouf, Droit de savoir et désir de connaître, il y a ce texte que j’ai entendu sur France-Culture lu par Colette Fellous (je coupe un peu mais c’est au chapitre 4)
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La forme déjà contenue dans la matière…

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Vous connaissez forcément l’histoire de l’enfant à qui son père montre la sculpture d’un cheval et qui répond :

“je vois bien que le sculpteur a taillé le cheval, mais ce que je ne comprends pas c’est comment il savait que le cheval était à l’intérieur du bloc de marbre“…

Moi c’est pareil. Je me pose le même genre de questions devant la beauté du monde. Je n’arrive pas à comprendre comment le grand chêne est à l’intérieur du gland, ni comment le printemps sort en fleur de toutes les couleurs des branches mortes de l’hiver, ni d’où sort le chant du merle qui me faisais tressaillir ce matin en allant chercher le pain, ni comment la lumière dorée et argentée a surgit un jour dans le monde, ni comment les neurones du cerveau font que le sourire de la petite fleuriste peut vous faire craquer… C’est plus fort que moi, je ne pige pas.

Et pour en revenir au cheval, je ne suis pas idiot, je connais Michel-Ange, j’ai lu Platon et Vasari et aussi l’Introduction à la méthode de Léonard de Vinci de Valéry mais cette question de la forme déjà contenue dans la matière j’avoue que ça me sidère littéralement. Que voulez vous, je dois certainement avoir le niveau mental d’un enfant de six ans. Mais bon, si ça me permet de m’émerveiller ce n’est peut-être pas trop grave ? Et tiens, tout à coup, ça me fait penser que j’avais un magnifique cheval de bois quand j’étais petit : blanc avec des pois gris et une vraie crinière de crins. Et des roulettes… Comment est ce que tout ces souvenirs du cheval sont encore dans ma tête ? La forme est dans la matière et le cheval est dans mon crâne. Va falloir que j’en parle à mon pédiatre

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D’autres petits chevaux…

Le cheval de Caligula
Youpi, tout va mal !
Le cheval du Condottière
L’élégant petit cheval du Conservatoire des Arts et Métiers
Les naseaux bouillonnants du canasson

Et le piano de Brahms ? oui évidemment !

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Le plus souvent, les gens associent le nom de Glenn Gould à Jean Sebastian Bach (dont je déteste les enregistrements ; c’est sans doute impressionnant sur la plan de la structure aux “rayon X”, mais ça n’a aucun sens musical comme le démontre, dès les premières notes, son Aria des Goldberg…

Ce qu’il a fait de mieux ce n’est pas Bach mais Byrd et Gibbons, les dernières sonates de Haydn, les pièces de Richard Strauss et le piano de Brahms (et encore, je préfère Julius Katchen). Voilà, c’est dit, je ne supporte pas vraiment Glenn Gould.

En tout cas il a dit parfois des choses tout à fait intéressantes – notamment cette phrase que je trouve magnifique :

“The purpose of art is not the release of a momentary ejection of adrenalin, but rather the gradual, lifelong construction of a state of wonder and serenity”.

En français ça donne :

“Le but de l’art n’est pas de libérer une soudaine éjection d’adrénalnine, mais c’est plutôt la construction progressive, sur la durée d’une vie, d’un état d’émerveillement et de sérénité”

C’est beau non ?

Mon Dieu, heureusement que ça existe !
L’émerveillement : pas seulement un court passage entre ignorance et connaissance…

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