Un peu de feu, un peu d’amour …

Junger_Plumes

Dans son Journal, que je suis en train de lire (au-delà de la page 137), Ernst Jünger note ceci :

Paris, 16 octobre 1943

“Mes plumes d’acier. Quand elles sont trop dures, je les chauffe à blanc à l’aide d’une allumette, comme m’avait appris à le faire le maître d’école, lorsque j’étais enfant, et je les trempe enuite dans l’encre où elles refroidissent avec un bref sifflement. Celle avec je suis en train d’écrire s’est ornée, en refroidissant, d’une ceinture de belles couleurs, semblables à celles qui parent la cétoine dorée : d’un bleu clair argenté à violet éclatant, et du jaune doré à l’or de fournaise. Cela me fait plaisir : quand j’écris, je m’arrête de temps à autre et laisse mes yeux se reposer sur elle. Quels secrets renferme donc la matière ! Un peu de feu, un peu d’amour les fait s’épanouir ou germer”.

Ernst Jünger, Journal II, 1943-1945

Quand je pense aux curseurs blafards, blêmes et livides de nos écrans d’ordinateurs ou de portables… Continue reading

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