Alzheimer fait les choses “à la perfection” !

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C’est marrant, je tombe sur cette phrase de Antoine de Saint Exupéry :

La perfection est atteinte non quand il ne reste rien à ajouter, mais quand il ne reste rien à enlever.

J’aurais donc bientôt atteint la perfection ! Je crois en effet bien qu’il ne restera bientôt plus grand chose à enlever : la mémoire a été enlevée, les mots on été enlevés, la sérénité a été enlevée, la tranquillité a été enlevée, la joie a été enlevée, le sommeil a été enlevé, le calme et l’insouciance ont été enlevés, la santé a été enlevée, la confiance dans les autres a été enlevée, l’espoir a été enlevé, bref presque tout a été enlevé… Il ne reste guère plus que la vie qui n’a pas encore été enlevée… Donc, je corrige : je n’ai pas encore tout à fait atteint la perfection : il y a encore des trucs qu’Alzheimer va enlever…

Les dictionnaires font de la non-assistance à pesonne en danger

desespoir.jpg Comme je ne dors pas, je cherche DESESPOIR dans le petit Robert, comme ça pour voir. Ils disent que c’est le contraire de l’espoir. Je vais donc voir à ESPOIR, ils disent que c’est le fait d’espérer. Je vais voir à ESPERER, ils disent que c’est “considérer ce qu’on désire comme devant se réaliser”

Bon, j’arrête ; c’est carrément nul ce ping pong qui renvoit à d’autres mots. Il faudrait inventer des dictionnaires qui donneraient des réponses au lieu de délayer les questions. Je ne sais pas, moi, par exemple à ASSOIFFE, au lieu de dire “qui a soif”, ils écriraient : “buvez donc un verre d’eau” ou quelque chose d’utile. Et à “Désespoir” ils donneraient quelques idées pour en sortir au lieu de dire que c’est le contraire de l’espoir…

Mais bon, je reconnais que je dois être passablement éreinté par alzheimer pour écrire des trucs aussi débiles. Tiens, à “éreinté”, je vois qu’ils disent “très fatigué” – ce que je sais – alors qu’ils devraient dire : “essaye plutôt de dormir un peu mon pauvre vieux, et ça ira peut-être mieux demain !”. Finalement, je me demande bien à quoi ça sert de qualifier les choses au lieu d’aider à les changer ?

Si un clochard dit à quelqu’un : “j’ai faim”. Il n’attend pas qu’on qualifie sa question en répondant :“ah je vois, mon brave, vous avez donc une sensation qui, normalement, accompagne le besoin de manger” (Petit Robert) mais qu’on lui donne un truc à me mettre sous la dent ! J’ai tort ? En tout cas je fatigue, c’est clair !

A mon bureau aussi il y a des gens qui pensent comme les dictionnaires : au lieu de changer les choses qui ne marchent pas, ils passent des plombes à vous expliquer pourquoi elles merdent. En gros quand une ampoule est naze, vous voulez qu’on la change non ? Eh bien à mon bureau ils vous expliquent pourquoi elle est pêtée ! perce que ceci, et parce que cela….. Mais changer l’ampoule, ça non, c’est pas possible. D’ailleurs, si vous voyez les ampoules qui ne marchent pas, c’est que VOUS êtes négatif et pas constructif ! Gloups.

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