Comment imaginer la détresse d’Adam et Ève au premier hiver de la Génèse ?

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Nous on le sait : nous sommes habitués à la succession des saisons : printemps, été, automne, hiver… Et puis on connait Vivaldi. Mais il faut essayer d’imaginer la terreur d’Adam et Ève lorsqu’ils ont vu arriver leur premier hiver, le premier hiver de la Genèse, le tout premier hiver de l’humanitéContinue reading

Le tilleul s’est carrément installé dans la cour…

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Quand je me réveille les samedis matins ensoleillés de juillet, ma chambre est baignée d’une belle lumière couleur, la fenêtre est grande ouverte, j’entends le bruissement du balai de la concierge qui balaye la cour pendant des heures en discutant en portugais avec la voisine, puis le ruissellement rafraîchissant du jet d’eau quand elle arrose les pots de feurs, et tout ça sur la toile de fond sonore du roucoulement des pigeons ramiers et le gazouillis bavard des moineaux qui jouent dans le grand tilleul. Lui a d’ailleurs carrément décidé de s’installer royalement dans la cour en prenant littéralement toute la place disponible. S’il continue, ses branches vont rentrer par les fenêtres et j’irai m’installer avec les oiseaux sur ses branches, comme dans Baron Perché d’Italo Calvino :-) Eh oui, je sais, j’ai beaucoup de chance…

Il est beau en automne aussi
Le merle de la cour

Redonnez-moi un peu du bon vieux temps ! Juste un peu. Please !

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Quand j’étais petit, en juillet il faisait très beau, et très chaud. Il y avait des bleuets dans les champs… Aujourd’hui il fait un temps pourri et les seuls bleuets que je vois sont sur Gallica… Triste époque.

Les coquelicots et le sourire de la petite boulangère

Je veux et j’exige le retour des saisons de mon enfance !

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Je ne supporte pas les trucs dilués, mous, flasques, amorphes ; les purées, les mélasses sans forme. Et donc je ne supporte plus les saisons qu’on nous sert ces derniers temps, en tout cas à Paris.

J’aime les choses nettes, franches et structurées. Et donc je veux qu’on me redonne des printemps radieux, étincelants, frais et roses menant progressivement à des étés dorés comme des blés accablés de soleil, des automnes cuivrés et frisquets précédant des hivers en noir & blanc, couverts de neige, sentant bon les feux de bois et avec de grands ciels gris où volent des corneilles noires … Bon — en gros évidemment — car il faudrait encore ajouter tout ce qui va avec et que je n’ai pas la place de décrire ici : les sons, les impressions, les parfums, les saveurs, les couleurs… spécifiques à chaque saison.

Au lieu de ça, ce qu’on expérimente en ce moment, c’est juste un dégueulis de rien du tout, un mélange qui ne veux rien dire, une sorte de brandade sans forme, du grand n’importe quoi, un peu comme la construction européenne ou la politique gouvernementale. Je ne veux pas de “saisons neutres”, je veux des saisons marquées, avec des frontières nettes qu’on ne franchisse pas sans s’en rendre compte, genre “saisons de tous les pays unissez vous”. Je ne veux pas de “saisons sans frontières”, bariolées genre “enrichissons-nous de nos différences”. Pas de saisons moyennes, banalisées, fatiguées, épuisées comme en ce moment. Non, je veux de vraies saisons : des saisons fortes, violentes, sûres d’elles-mêmes, chacune défendant sa spécificité, au besoin l’arme au pied ;-) Je veux des saisons véritables, pas déliquescentes et avachies autour du “plus petit commun dénominateur”… Marre de la bouillie, marre de la purée, marre des brandades ! Je veux juste qu’on me rende les saisons marquées de mon enfance : ardentes, impétueuses, magnifiques… Eh oui, je suis un grand nostalgique. Et alors c’est gênant ?

Peut-être Dieu en a marre de faire touner les saisons ?
Toutes les saisons sont belles.
Un homme pour toutes les saisons

“Toute l’année est jolie…”

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On se demandait tout à l’heure, avec Sabrina, quel était le mois de l’année que nous préférions… Et comme on les aimait tous – comme Sei Shônagon – je remets ici ce vieux post de 2003 pour qu’il nous rafraîchisse la mémoire…

Sei Shônagon était dame d’honneur, attachée à la princesse Sadako qui mourut en l’an 1000. Ses “Notes de chevet” ont été composées dans les premières années du XIe siècle japonais, au moment de la plus haute splendeur de la civilisation de Heian. Elle écrit :

“Parmi les époques, j’aime le premier mois, le troisième mois, les quatrième et cinquième mois, le septième mois, les huitième et neuvième mois, le douzième mois ; tous ont leur charme dans le cours des saisons. Toute l’année est jolie”.

Je n’ai pas un seul mot à ajouter à ce qu’a dit Sei Shônagon. Rien. Ou peut-être juste ceci : le deuxième, le sixième et le dizième mois !
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Quelques haikus de saisons

Courte averse de printemps…

Cet après-midi rue de Babylone, fine petite pluie de printemps… Dans la vitrine du fleuriste, une assiette avec des poissons rouges peints. Tellement bien peints que je crois bien les avoir vus bouger. Et j’ai pensé à ce haïku de Masaoka Shiki:

L’averse d’été
tambourine
sur la tête des carpes !

Autre giboulée de mars

Nostalgie des temps heureux…

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Quand j’étais petit, pendant les grandes vacances, je me balladais dans les chemins… il y avait d’immenses gerbes dans les champs de blés, des bleuets, des coquelicots… on taillait des branches de noisetiers, ça sentait bon les soirs d’été. On croisait des troupeaux de vaches et de moutons dont les clochettes tintaient. L’air était chaud et plein du crissement des sauterelles et des cigales…Aujourd’hui, [ce post date d’août 2004] je suis à Paris avec maman qui ne dit presque plus rien à cause d’alzheimer, il y a des manifestations dans l’avenue et les seules petites bêtes des champs que je vois sont celles qui se balladent dans les assiettes en porcelaine qu’on utilise tous les soir pour le déjeuner et le dîner… En fait, ça me fait plaisir de les voir : elles me rappellent les soirées d’août où on s’étendait sur le dos dans l’herbe fraîche, un épi entre les dents ; cherchant les étoiles filantes pour faire un voeu… Tous les jours, en quelques secondes, cette minuscule petite bête se promenant sur une assiette m’ouvre sur l’infini : je pense à Rimbaud, je pense aux champs d’orge de Boaz dans la Bible, dans le livre de Ruth… et aussi à ce haïku de Osaki Hôsai :

Sur la pointe d’une herbe
devant l’infini du ciel
une fourmi

Bonheurs…
Je ne voyage pas seulement dans les assiettes mais aussi dans mon plat à oeuf et aussi dans le temps


Quelques bouts de nostalgie

Nostalgie des coquelicots et du sourire de la petite boulangère
Mesurer le temps et sa vie en matins
Nostalgie des temps heureux
Nostalgie des petits villages
Quand les caractères s’incrustaient dans le papier

Tous les mois sont beaux

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Bon, je m’envole jusqu’au 17 septembre… histoire d’aller voir voler les mouettes. Je vous le dis uniquement parce qu’il n’y aura pas de mise à jour du site jusqu’au 18 septembre. Je préférerais aller survoler le Hokkaido sur le dos d’une oie cendrée mais mon oie me dépose seulement en Bretagne. Ce n’est sans doute pas la meilleure saison pour partir mais d’abord je pars pour reposer mes yeux (mes nouvelles lunettes me donnent la migraine) et ensuite comme il n’y a plus de saisons, autant partir à la fin de l’été. Et d’ailleurs tous les mois sont beaux non ? Tiens puisque vous êtes là et que je ne pourrai pas actualiser le site, lisez, ci-dessous, ce qu’écrivait Sei Shônagon sur les saisons. Je pense comme elle.

Sei Shônagon était dame d’honneur, attachée à la princesse Sadako qui mourut en l’an 1000. Ses “Notes de chevet” ont été composées dans les premières années du XIe siècle japonais, au moment de la plus haute splendeur de la civilisation de Heian. Elle écrit :

“Parmi les époques, j’aime le premier mois, le troisième mois, les quatrième et cinquième mois, le septième mois, les huitième et neuvième mois, le douzième mois ; tous ont leur charme dans le cours des saisons. Toute l’année est jolie”.

Voilà, Sei Shônagon a dit ce que je pense et je n’ai pas un mot à ajouter. Rien. Ou peut-être juste ceci : le deuxième mois, le sixième et le dizième mois !

“toute l’année est jolie…”

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On se demandait tout à l’heure, avec Sabrina, quel était le mois que nous préférions… Et on les aimait tous, comme Sei Shônagon. Donc je remets ici ce vieux post de 2003 pour qu’il nous rafraîchisse la mémoire sur l’incroyable beauté des saisons …

Sei Shônagon était dame d’honneur, attachée à la princesse Sadako qui mourut en l’an 1000. Ses “Notes de chevet” ont été composées dans les premières années du XIe siècle japonais, au moment de la plus haute splendeur de la civilisation de Heian. Elle écrit :

“Parmi les époques, j’aime le premier mois, le troisième mois, les quatrième et cinquième mois, le septième mois, les huitième et neuvième mois, le douzième mois ; tous ont leur charme dans le cours des saisons. Toute l’année est jolie”.

Je n’ai pas un seul mot à ajouter à ce qu’a dit Sei Shônagon. Rien. Ou peut-être juste ceci : le deuxième, le sixième et le dizième mois !

Hashtage #neige
En fait j’adore l’hiver !
Ecrire l’automne en braille

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